Leur ac­ti­vi­té va­lo­rise la laine col­lec­tée chez près d’un mil­lier d’éle­veurs

Trans­for­mée en so­cié­té co­opé­ra­tive et par­ti­ci­pa­tive au mois de juin (Scop), Terre de Laine et ses cinq sa­la­riés va­lo­risent la laine col­lec­tée chez un mil­lier d’éle­veurs du Mas­sif cen­tral.

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - Magdimanche - Pau­line Ma­reix ma­ga­zine@cen­tre­france.com

«Entre vou­loir créer une en­tre­prise et fi­na­le­ment y ar­ri­ver, je peux vous dire qu’il y a un fos­sé ! » Dans le parc na­tu­rel des volcans d’au­vergne, avec le puy de Dôme en toile de fond, Na­dège Blan­chot, une jeune femme du cru, gère la so­cié­té co­opé­ra­tive et par­ti­ci­pa­tive (Scop) Terre de Laine, qui a vu le jour en juin der­nier. Le fruit d’une aven­ture qui dure de­puis quelques an­nées dé­jà.

À l’ori­gine de l’his­toire, une en­tre­prise in­di­vi­duelle tout ce qu’il y a de plus or­di­naire. Son fon­da­teur, Jean­luc Plis­son­neau dé­marre en 1983 en tant que ton­deur. « Mais quand je voyais les pay­sans brû­ler la laine, je me di­sais que ça n’avait au­cun sens », ra­conte­t­il. Il fal­lait donc trou­ver de nou­velles uti­li­sa­tions. Il dé­cide alors de ré­col­ter les toi­sons et de les re­vendre à des centres de la­vage, qui, eux­mêmes, les re­vendent aux fi­la­tures. L’en­tre­prise marche, se dé­ve­loppe et se lance dans l’iso­la­tion ther­mique dé­but 2000.

« Je vou­lais une vie nor­male et des re­la­tions hu­maines »

Le ha­sard fait bien les choses… En 2014, JeanLuc Plis­son­neau et Na­dège Blan­chot se ren­contrent. Le pre­mier veut alors consa­crer du temps à un autre pro­jet – sans pour au­tant quit­ter le na­vire. La se­conde vient de dé­mis­sion­ner de son poste de ma­na­ger chez McDo­nald’s et a be­soin de chan­ger d’en­vi­ron­ne­ment, de « re­ve­nir à l’es­sen­tiel ».

De l’en­tre­prise amé­ri­caine à la Scop de Saint­pierre­roche, com­mune de moins de 400 ha­bi­tants, le grand écart était né­ces­saire. « Après seize ans pas­sés dans un fast­food, j’étais à la li­mite du bur­nout ! Il faut du ren­de­ment à tout prix et l’hu­main n’existe pas. Je sa­tu­rais, j’ai vou­lu me re­cen­trer, avoir une vie nor­male et des re­la­tions hu­maines », ra­conte­t­elle.

Pen­dant plus d’un an, Na­dège suit Jean­luc dans ses ac­ti­vi­tés. Les deux cultivent la même exi­gence d’au­then­ti­ci­té et dé­cident de créer la Scop en sep­tembre 2015. Comme une évi­dence.

Si quelques banques ont eu du mal à com­prendre la dé­marche, Na­dège Blan­chot et les quatre autres sa­la­riés de la Scop ont fi­na­le­ment pu ob­te­nir un prêt et comp­ter sur le sou­tien de la ré­gion Au­vergne­rhône­alpes qui leur al­loue une sub­ven­tion. « Toutes les dé­ci­sions sont prises en com­mun, on a in­té­rêt à bien s’en­tendre », plai­sante Ste­phen Poeuf, l’un des co­opé­ra­teurs. Mais il suf­fit de voir l’am­biance bon en­fant qui règne dans le groupe pour se dire que ces cinq­là n’ont aucune in­quié­tude à avoir. Tous se connaissent de­puis long­temps et l’ad­di­tion des com­pé­tences de cha­cun de­vrait as­su­rer la pé­ren­ni­sa­tion de Terre de Laine.

An­née char­nière

2017 se­ra d’ailleurs une an­née cru­ciale. Le site in­ter­net (*) vient de faire peau neuve et hé­ber­ge­ra une bou­tique en ligne dans les pro­chains mois. Des ate­liers pé­da­go­giques se­ront or­ga­ni­sés dans le tout nou­veau ma­ga­sin dès le mois d’avril. Le dé­ve­lop­pe­ment de la Scop pas­se­ra aus­si par la pro­duc­tion de pan­neaux acous­tiques en laine. S’ils ont dé­jà ven­dus à des par­ti­cu­liers, Terre de Laine doit en­core s’im­po­ser au­près des col­lec­ti­vi­tés lo­cales. Une prio­ri­té pour 2017. « Il y a en­core du bou­lot », ré­sume Na­dège Blan­chot.

(*) www.ter­re­de­laine.fr

ÉVO­LU­TION. « En pas­sant en Scop, on a ré­cu­pé­ré les forces de tout le monde et on est bien mieux or­ga­ni­sé ». PHO­TOS RÉ­MI DUGNE

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