« Mon pro­jet est le bon »

Alain Jup­pé pour­suit sa marche en avant

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - 7 jours en politique - Oli­vier Chap­pe­ron oli­vier.chap­pe­ron@cen­tre­france.com

En dé­pla­ce­ment en Cor­rèze ce week-end, Alain Jup­pé garde sa sé­ré­ni­té et dé­di­cace à la Foire du livre de Brive. Un bon moyen de ren­con­trer les Fran­çais et de faire pas­ser quelques mes­sages.

Alain Jup­pé pour­suit sa marche tran­quille en tête dans les son­dages de la pri­maire de la droite et du centre. Il juge le deuxième dé­bat, qui a eu lieu jeu­di, « utile », car « il a per­mis aux té­lé­spec­ta­teurs de mieux connaître les projets des uns et des autres. Il y a eu quelques pe­tites passes d’arme, mais rien qui ne fran­chisse les li­mites ».

On a beau­coup par­lé de Fran­çois Bay­rou lors du dé­bat. Vous avez re­fu­sé d’en­trer fron­ta­le­ment dans la po­lé­mique tout en ré­pon­dant sans am­bi­guï­té à Ni­co­las Sar­ko­zy… On a un peu trop par­lé de Fran­çois Bay­rou. J’ai été un peu li­mi­té dans mon temps de pa­role sur l’édu­ca­tion, la mère des ré­formes. On n’a pas non plus suf­fi­sam­ment par­lé de l’eu­rope. Je ne cherche pas la po­lé­mique. Il fau­dra bien qu’on se re­trouve après le 20 et le 27 no­vembre. Sim­ple­ment, j’ai dit la vé­ri­té et je conti­nue à pen­ser que dia­bo­li­ser ain­si telle ou telle per­son­na­li­té du centre n’est pas une bonne stra­té­gie et que ce­la risque même, si ce­la de­vait conti­nuer, de nous mettre en grande dif­fi­cul­té lors de l’élec­tion pré­si­den­tielle.

Cer­tains vous re­prochent même de vou­loir al­ler gla­ner des voix chez les dé­çus du hol­lan­disme… Je suis tout à fait clair : je veux gla­ner des dé­çus du hol­lan­disme. Car sans eux, on fe­ra 48,5 % comme la der­nière fois. La seule fa­çon de ga­gner est de ré­cu­pé­rer les voix per­dues en 2012. Il y a eu beau­coup de dé­ çus du sar­ko­zysme qui sont al­lés vo­ter Fran­çois Hol­lande, et pas uni­que­ment Fran­çois Bay­rou. Il faut les convaincre que mon pro­jet est le bon. Le Front na­tio­nal est un ad­ver­saire, pas le centre. S’il n’y a pas une large al­liance de la droite et des centres lors de l’élec­tion pré­ si­den­tielle, nous ris­quons de don­ner sur un pla­teau d’ar­gent la première place à Mme Le Pen au pre­mier tour. Je com­prends que pour les pri­maires on aille à droite toute, mais moi je ne chan­ge­rai pas de stra­té­gie entre les pri­maires et l’élec­tion pré­si­den­tielle.

Vous avez fait des dé­pla­ce­ments à Ar­gen­teuil ou à Mar­seille pour écou­ter les Fran­çais. De quoi vous parlent-ils ? Ils me parlent de leurs dif­fi­cul­tés : la sé­cu­ri­té et le chô­mage, ce­lui des jeunes en par­ti­cu­lier. Ils me parlent aus­si des réus­sites qui existent dans leurs quartiers. Ils sont très at­ten­tifs à ce que je leur dis et veulent s’as­su­rer que mes en­ga­ge­ments se­ront te­nus. Il faut les convaincre de ma dé­ter­mi­na­tion. J’an­non­ce­rai clai­re­ment la cou­leur avant l’élec­tion pré­si­den­tielle afin que les élec­teurs ne soient pas sur­pris et qu’ils me donnent un man­dat clair pour ré­for­mer la France. Il fau­dra que, dans les trois ou quatre mois qui sui­vront l’élec­tion, il y ait des chan­ge­ments fon­da­men­taux.

Vous êtes sur les terres de Fran­çois Hol­lande ce wee­kend, en Cor­rèze. Vous dé­di­ca­ce­rez à la Foire du livre. Que vous a ins­pi­ré le livre « Un pré­sident ne de­vrait pas dire ça » … Ce livre porte très bien son titre. Le pro­ces­sus qui a conduit à ce livre a abais­sé la fonc­tion pré­si­den­tielle. Le pré­sident va même jus­qu’à ré­vé­ler des se­crets d’état. C’est ab­so­lu­ment in­vrai­sem­blable. Il faut re­va­lo­ri­ser la fonc­tion. Mais je viens sur­tout sur les terres de Jacques Chi­rac.

AVER­TIS­SE­MENT. « Les per­son­na­li­tés du centre ne doivent pas être stig­ma­ti­sées, sous peine de sanc­tion dans les urnes. » AFP

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