Les mar­chés bio font re­cette en Au­vergne

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - La une - PHO­TO THIER­RY NI­CO­LAS

■ PRO­GRES­SION. La ten­dance est nette. De plus de plus de consom­ma­teurs se tournent vers les pro­duits bio, sou­vent plus chers mais de meilleure qua­li­té.

■ AIR DU TEMPS. L’en­goue­ment des consom­ma­teurs amène les pro­duc­teurs à dé­ve­lop­per les mar­chés dans la ré­gion ou à pra­ti­quer la vente di­recte.

De­puis quelques an­nées, l’homme semble s’être dé­ci­dé à consom­mer bio. S’il faut certes re­la­ti­vi­ser cette pro­gres­sion du (à peine 3 % du mar­ché ali­men­taire to­tal) la ten­dance est nette. Et elle se vé­ri­fie éga­le­ment à tra­vers la mul­ti­pli­ca­tion des mar­chés bio.

Le monde se­rait­il de­ve­nu bio ? Loin de là. Comme tou­jours, en 2016, les hommes au­ront plus pol­lué et plus dé­truit l’en­vi­ron­ne­ment que l’an­née pré­cé­dente, mais les chiffres de pro­gres­sion du bio en France et en Au­vergne (voir par ailleurs) sont im­pres­sion­nants et du­rables.

Un chan­ge­ment fon­da­men­tal par­ti d’une prise de conscience du grand pu­blic : de plus en plus, c’est le consom­ma­teur qui de­mande des pro­duits de meilleure qua­li­té, quitte à mettre la main à la poche.

Cet en­goue­ment se tra­duit ain­si au ni­veau des mar­chés bio qui se sont mul­ti­pliés en Au­vergne, d’une part sous l’ef­fet d’une pro­duc­tion en hausse, mais éga­le­ment d’un mo­dèle dif­fé­rent qui pousse les pro­duc­teurs à ne plus se conten­ter de pro­duire, ven­dant aus­si eux­mêmes leurs pro­duits. 50 % des pro­duc­teurs pra­tiquent en ef­fet la vente di­recte, 68 % à la ferme, 48 % sur les mar­chés, et 41 % dans les Amap (*).

Inexis­tants il y a une di­zaine d’an­nées, les mar­chés bio ont ain­si conquis le ter­ri­toire. Même si peu sont réel­le­ment 100 % bio (moins d’une di­zaine en Au­vergne) la qua­si­to­ta­li­té des mar­chés tra­di­tion­nels ac­cueillent des pro­duc­teurs bio.

Le mar­ché de la halle Saint Jo­seph, à Cler­montFerr­rand, ras­semble sous sa char­pente mé­tal­lique de 1882 une tren­taine de pro­duc­teurs, tous membres de l’as­so­cia­tion La Jon­quille. Comme bien d’autres, ce mar­ché ré­pu­té, sy­no­nyme de qua­li­té dans la France en­tière, n’est pas 100 % bio.

« 40 % de nos pro­duc­teurs sont bio… Mais les autres dé­fendent aus­si ces prin­cipes. Ici, nous nous conten­tons de ras­sem­bler des pro­duc­teurs qui fa­briquent et vendent leurs pro­duits », ex­plique JeanVa­lère Ran­danne, pré­sident de La Jon­quille qui a re­lan­cé le mar­ché Saint Jo­seph en 1991. Une aven­ture réus­sie à en consta­ter l’af­fluence tous les ven­dre­dis ma­tin : « Ce sont les clients qui ont fait ce suc­cès, à tel point que nous de­vrions ou­vrir, cet hi­ver, une deuxième ma­ti­née le sa­me­di ».

Il était temps, car les pro­duc­teurs at­tendent à la porte pour in­té­grer le mar­ché… « Mais pour l’ins­tant, on est com­plet ! »

(*) As­so­cia­tions pour le main­tien d’une agri­cul­ture pay­sanne. Il s’agit de par­te­na­riats de proxi­mi­té entre une ferme et un groupe de consom­ma­teurs.

« Ce sont les clients qui ont fait ce suc­cès »

SAIN ! De­puis huit ans, Na­tha­nael Jac­quart, agri­cul­teur à Lu­zillat, vend ses lé­gumes 100 % bio au mar­ché Saint-jo­seph de Cler­mont-fer­rand et constate… de plus en plus de clients. PHO­TO JEAN-LOUIS GORCE

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