Le pro­cess de tri d’al­triom à la COP 22

Le Ca­na­da, l’inde, le Ma­roc et plus lar­ge­ment l’eu­rope, à l’écoute de la so­lu­tion au­ver­gnate

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - Région actualité - Cé­dric De­dieu ce­dric.de­dieu@cen­tre­france.com

Une page est peut-être en train de se tour­ner en ma­tière de tri et de va­lo­ri­sa­tion des dé­chets. Un en­tre­pre­neur de la Haute-loire est in­vi­té à la COP 22 pour évo­quer sa so­lu­tion.

L’his­toire de la ges­tion des dé­chets mé­na­gers est toute ré­cente. De­puis 1975 seule­ment, la loi fran­çaise oblige les com­munes à les col­lec­ter. Des en­tre­prises spé­cia­li­sées se sont po­si­tion­nées pour ap­por­ter une so­lu­tion d’éli­mi­na­tion : l’in­ci­né­ra­tion ou l’en­fouis­se­ment.

« Il ne faut pas re­mettre en cause ce qui, à l’époque, consti­tuait un pro­grès. Mais le sto­ckage n’est pas une éli­mi­na­tion, c’est un confi­ne­ment. Au­jourd’hui, on peut faire beau­coup mieux et pour moins cher ».

90 % de va­lo­ri­sa­tion

À l’heure où 85 % des dé­chets fi­nissent en­fouis ou in­ci­né­rés, Fa­bien Char­reyre pro­pose une so­lu­tion ré­vo­lu­tion­naire : 100 % des dé­chets mé­na­gers triés et seule­ment 10 % de dé­chets ul­times, donc 90 % de va­lo­ri­sa­tion. Comment ? Grâce à un pro­cess unique, dé­ve­lop­pé au sein de l’usine de tri in­dus­triel Al­triom im­plan­tée à deux pas du Puy­enVe­lay.

Les in­dus­triels lo­caux à l’ini­tia­tive du pro­cé­dé bap­ti­sé « 3Wayste » sont par­tis d’un constat évi­ dent : on ne peut pas mul­ti­plier à l’in­fi­ni les bacs jaunes, verts ou gris, d’au­tant que la col­lecte sé­lec­tive a ses li­mites. Elle ne pro­gresse qua­si­ment plus et n’ap­porte pas un ré­sul­tat op­ti­mal : « Même avec la meilleure vo­lon­té du monde, on n’est ja­mais sûr de son geste. Il y a par exemple 15 % d’er­reur dans les bacs jaunes ».

Pa­ral­lè­le­ment, la ré­flexion s’est por­tée sur la na­ture des dé­chets et leur po­ten­tiel de va­lo­ri­sa­tion. Une étude no­va­trice a été me­née pour com­prendre le cycle glo­bal de la ma­tière or­ga­nique dans les sols ; le but étant de réa­li­ser un com­post adap­té pour com­battre l’ap­pau­ vris­se­ment des terres agri­coles.

Les plas­tiques plus ou moins com­plexes, uti­li­sés pour la conser­va­tion des ali­ments, ont éga­le­ment fait l’ob­jet d’une étude. Il en ré­sulte un po­ten­tiel éner­gé­tique im­por­tant.

Une phase ac­tive a en­suite été ini­tiée : « J’ai eu le sen­ti­ment qu’on pou­vait at­teindre des chiffres in­soup­çon­nés, de l’ordre de 90 % de va­lo­ri­sa­tion », af­firme Fa­bien Char­reyre.

L’inde sé­duite

Des Ca­na­diens, des Afri­cains, des Chi­nois, des Thaï­lan­dais, des In­diens et plus ré­cem­ment, des re­pré­sen­tants de L’ONU sont ve­nus dé­cou­vrir 3Wayste.

Ra­mesh Ku­mar Ja­lan, un haut res­pon­sable du pro­gramme des Na­tions Unies pour le dé­ve­lop­pe­ment et la pro­tec­tion de l’en­vi­ron­ne­ment, a tout sim­ple­ment conclu « qu’il n’exis­tait pas, dans le monde, de sys­tème ayant at­teint ce ni­veau de ré­sul­tat ».

Il a en outre in­di­qué que le pro­cess pou­vait être adap­té à tous les pays, mais en par­ti­cu­lier à ceux en voie de dé­ve­loppe­ ment, comme l’inde, qui mène ac­tuel­le­ment deux pro­grammes vi­sant à net­toyer le Gange et à amé­na­ger cent villes propres pour de­main. Or, ces deux ini­tia­tives passent par un trai­te­ment ef­fi­cace des dé­chets…

En at­ten­dant une la­bel­li­sa­tion du pro­gramme des Na­tions Unies pour l’en­vi­ron­ne­ment, 3Wayste par­ti­cipe à la COP 22, qui a dé­bu­té à Mar­ra­kech. Fa­bien Char­reyre y ren­con­tre­ra de nom­breux chefs d’état et mi­nistres de l’en­vi­ron­ne­ment.

ÉCO­NO­MIE. Sur une uni­té d’une ca­pa­ci­té de 120.000 tonnes par an, le coût de trai­te­ment s’élève entre 60 et 100 eu­ros la tonne, donc com­pé­ti­tif avec l’en­fouis­se­ment ou l’in­ci­né­ra­tion. PHO­TO C. D.

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