…En ca­pote de fiacre

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - Magdimanche - Ga­vin’s Cle­mente Ruiz Ga­vin’s Cle­mente Ruiz. Cle­mente Ruiz est l’au­teur de une pe­tite an­tho­lo­gie des ex­pres­sions de notre his­toire (Al­bin Mi­chel), (La li­brai­rie Vui­bert) et (Édi­tions Ci­ty). Son pre­mier ro­man est pa­ru chez Ma­za­rine. Ga­vin’s

Une ca­pote, à l’ori­gine, c’est un grand man­teau de toile, as­sez simple, qui tombe jus­qu’aux pieds. C’est aus­si le vê­te­ment des sol­dats qui partent au front. Au XIXE siècle, c’est aus­si la cou­ver­ture de toile qui re­couvre les voi­tures ti­rées par les che­vaux : on trouve aus­si bien la ca­pote de ca­brio­let, de til­bu­ry, de wis­ki, mais aus­si de mi­san­thrope ou de déso­bli­geante (si ! si !).

Pau­pières fa­ti­guées

Mais le nom fé­mi­nin ca­pote est aus­si un cha­peau de femme avec des ru­bans et dé­signe en­fin, la fa­meuse pro­tec­tion de la­tex, ou pré­ser­va­tif, qui pro­tège le pé­nis. Quant à l’ex­pres­sion qui nous in­té­resse au­jourd’hui, ré­fé­ren­cée par notre cher Da­niel La­cotte, dans son nou­veau Di­co des mots pour briller en so­cié­té (coll. Ha­tier, éd. Ha­tier), elle men­tionne non seule­ment cette fa­meuse ca­pote de fiacre, taxi hip­po­mo­bile d’au­tre­fois, et ses plis.

Da­niel La­cotte nous rap­pelle que les plis, d’une robe, d’un ri­deau, peuvent re­le­ver du plis­sé « so­leil » (comme le mou­ve­ment des rayons écla­tants) ou bien en « lam­pions », comme ceux d’une lan­terne vé­ni­tienne. Mais on dis­tin­guait aus­si alors le mou­ve­ment des plis des ca­potes des fiacres, as­sez in­for­mels.

Avoir des pau­pières en ca­pote de fiacre, c’est être très fa­ti­gué, avoir la pau­pière pas bien vaillante, dan­sant devant l’oeil, prête à se fer­mer après une nuit de bam­boche éche­ve­lée !

Une belle image, suf­fi­sam­ment claire, qui em­prunte aux moyens de lo­co­mo­tion d’an­tan.

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