L’ASM Cler­mont est res­tée sur sa ré­serve

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - Sports rugby - À Bayonne, Va­lé­ry Le­fort

Au terme d’un match étri­qué dis­pu­té dans des condi­tions dan­tesques et ar­bi­tré cu­rieu­se­ment, L’ASM re­ma­niée a lo­gi­que­ment bais­sé pa­villon. Mais à l’image d’itur­ria ou Lo­pez, tous n’ont pas per­du leur temps.

Avec une équipe ra­fis­to­lée et ra­jeu­nie, Cler­mont a mon­tré un vi­sage terne hier soir. Il est donc re­par­ti lo­gi­que­ment bre­douille ­ une pre­mière cette sai­son ­ et trem­pé jus­qu’aux os des bords de la Nive. Trop de bal­lons tom­bés, trop de fautes, d’im­pré­ci­sions en pa­gaille et un pa­quet d’avants qui n’a pas do­mi­né comme on pou­vait l’es­pé­rer ­ et qui n’a pas non plus com­pris les dé­ci­sions de M. Cha­lon ­ au­ront suf­fi à main­te­nir l’avi­ron en vie mal­gré une expulsion sé­vère du Gal­lois Bros­ter avant la pause.

Trop de bal­lons tom­bés, trop d’im­pré­ci­sions

Dif­fi­cile de sa­voir où mettre le cur­seur dans ce fouillis gé­né­ral, quand en plus l’ar­bitre sort un rouge di­rect à un Bayon­nais pour avoir frot­ter les reins d’it­tu­ria. « Dans cer­tains matchs, alors on pour­rait dis­tri­buer cinq ou six car­tons rouges ! », pré­fé­rait ri­go­ler le coach ad­joint de L’AB, De­wald Se­ne­kal. Et le brouillard s’épais­sit en­core da­van­tage comme le ri­deau de pluie quand l’homme au sif­flet, après avoir sans doute re­vu l’image à la pause, « se place en mode com­pen­sa­tion », pour un Lo­pez qui ne dé­douane tou­te­fois pas les siens « des in­suf­fi­sances col­lec­tives ».

Mais l’enjeu ­ très li­mi­té pour L’ASM ­ de cette par­tie de pe­tite fac­ture au­ra quand même per­mis de confir­mer le po­ten­tiel de cer­tains mi­nots em­bar­qués dans ce dé­pla­ce­ment triste comme la pluie. Ain­si, quand ce com­mer­çant bayon­nais avait de­man­dé un peu plus tôt dans la jour­née à Pierre Pé­coul, le maire de Riom, l’un des 900 sup­por­ters au­ver­gnats ve­nus en­cou­ra­ger hier L’ASM au Pays basque, « pour­quoi ils étaient ve­nus si nom­breux », l’élu s’était amu­sé à lui ré­pondre du tac au tac : « On est ve­nus sur­veiller nos ga­mins ! »

Une évi­dence, pour­tant, s’est im­po­sée hier soir sur la pe­louse dé­trem­pée de Jean­dau­ger : cer­tains de ces « ga­mins » en ques­tion sont dé­jà grands. À com­men­cer par Ar­thur It­tu­ria, dont on sa­vait qu’il se­rait fort de­main. On a en­vie de dire qu’il se­ra sans doute un peu plus que ce­la à l’aune de sa pre­mière pé­riode.

Car on l’at­ten­dait quand même un peu au tour­nant le pro­dige de la deuxième ligne mon­té très vite au fir­ma­ment du rugby fran­çais. Sur­tout après qu’il a mé­cham­ment pris en pleine face le mur tou­lou­sain. Comment, aus­si, al­lait­il gé­rer le plein d’émo­tions pour son re­tour à Bayonne ? Sa ré­ponse a été étin­ce­lante, stra­to­sphé­rique même.

D’abord ces quatre bal­lons vo­lés dans l’ali­gne­ment de l’avi­ron. Puis cette dé­fense gé­né­reuse et agres­sive qui plai­rait à Cud­more ou Pri­vat. Mais en­fin et sur­tout sa per­cée de 50 mètres, avec des cro­chets em­prun­tés à Ra­ka sur l’es­sai de Pe­naud (24e, 3­7). Une che­vau­chée fan­tas­tique qui a ébau­bi le stade Jean­dau­ger.

Ca­mille Lo­pez au­ra aus­si mar­qué des points alors que le mal­heu­reux Trinh­duc est out pour plu­sieurs se­maines. Un jeu au pied pré­cis, des prises d’ini­tia­tives tran­chantes : l’an­cien ga­min de Mau­léon s’est rap­pe­lé au bon sou­ve­nir du staff tri­co­lore avant les tests face à l’aus­tra­lie et la Nou­velle­zé­lande. Il y a des soirs, il faut sa­voir se conten­ter de sa­tis­fac­tions pé­ri­phé­riques…

ÉCLAIR. Ar­thur Itur­ria a été ex­cep­tion­nel tant en touche que dans le jeu cou­rant et en dé­fense. Un match XXL pour le jeune deuxième ligne qui a été au-des­sus du lot. Mais ce­la n’a pas suf­fi.

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