Les Bleus, ces fortes têtes

Après leur vic­toire ven­dre­di (2­1)

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - Sports l'actu nationale - Bles­sure. An­toine Griez­mann a pris un coup au-des­sus du pied droit et avait très mal après la ren­contre mais les exa­mens n’ont rien ré­vé­lé de grave.

C’est aus­si ça la force des grandes équipes : la France a dé­sor­mais ac­cu­mu­lé suf­fi­sam­ment de cer­ti­tudes et d’ex­pé­rience pour pou­voir se sor­tir sans trop de sou­cis de si­tua­tions pé­rilleuses, à l’image de son suc­cès la­bo­rieux contre la Suède (2-1).

Les Bleus ont le cuir bien épais. Et il le fal­lait pour ren­ver­ser la va­peur face aux Nor­diques. L’ad­ver­saire, or­phe­lin de son icône Zla­tan Ibra­hi­mo­vic, néo­re­trai­té in­ter­na­tio­nal, n’avait rien d’un foudre de guerre mais les Fran­çais n’étaient vi­si­ble­ment pas dans un grand soir.

Qu’à ce­la ne tienne : il a suf­fi de deux coups d’éclats si­gnés Paul Pog­ba et Di­mi­tri Payet pour an­nu­ler en 11 mi­nutes l’ou­ver­ture du score sué­doise et bas­cu­ler ain­si seul en tête du groupe A des qua­li­fi­ca­tions de la zone Eu­rope, ce qui dé­gage in­dé­nia­ble­ment l’ho­ri­zon pour la Coupe du monde en Rus­sie.

Quand rien ne va, les vice­champions d’eu­rope peuvent se fier à leur force de ca­rac­tère. Cette équipe, née un cer­tain 19 no­vembre 2013 en bar­rages re­tour du Mondial 2014 con­ tre l’ukraine (3­0), a vé­cu mille vies, avec en point d’orgue un for­mi­dable par­cours à l’eu­ro 2016.

La pré­pa­ra­tion chao­tique du cham­pion­nat d’eu­rope (for­faits en cas­cade, af­faire Ben­ze­ma, ac­cu­sa­tions de ra­cisme contre Di­dier Des­champs, sus­pen­sion de Sa­kho pour in­frac­tion au code an­ti­do­page avant d’être blan­chi), puis les aléas de la phase fi­nale ont in­dé­nia­ble­ment ci­men­té le groupe et il en faut beau­coup plus pour le dé­sta­bi­li­ser. « C’est bien d’avoir ce pe­tit plus, cette force de ca­rac­tère qui nous per­met de sa­voir ré­agir », a ain­si ju­gé l’at­ta­quant Oli­vier Gi­roud, alors que le mi­lieu Blaise Ma­tui­di a in­sis­té sur « le men­tal » qui a per­mis aux Bleus « d’al­ler de l’avant » et de se sor­tir d’un sa­cré pé­trin.

Quand le col­lec­tif va­cille, une grande équipe doit éga­le­ment pou­voir être sau­vée par ses in­di­vi­dua­li­tés. De ce point de vue, Des­champs a de quoi dor­mir tran­quille. Quand An­toine Griez­mann, sa star of­fen­sive, a un coup de mou, comme contre les Sué­dois, il peut tou­jours mi­ser sur le coup de patte de Payet (7 buts et 5 passes dé­ci­sives sur ses 15 der­nières sé­lec­tions) ou sur Pog­ba, dont les der­nières pres­ta­tions en bleu sont en­fin à la hau­teur de son stan­ding.

Pog­ba sus­pen­du

« Ce n’est pas un bu­teur. Je n’at­tends pas spé­cia­le­ment ça de lui. Je suis beau­coup plus content du conte­nu, qui est à l’image de ce qu’il a fait aux PaysBas. Il a mis beau­coup de flui­di­té et de vo­lume dans le jeu et a ré­cu­pé­ré beau­coup de bal­lons », a ap­pré­cié Des­champs.

Avec un Pog­ba de ce ni­veau, il ne peut pas ar­ri­ver grand­chose aux Bleus. La pé­pite de Man­ches­ter Uni­ted man­que­ra ce­pen­dant, pour cause de sus­pen­sion, le pro­chain ren­dez­vous des qua­li­fi­ca­tions du Mondial 2018, un dé­pla­ce­ment au Luxem­bourg, le 25 mars 2017. Mais les Fran­çais de­vraient cette fois­là pou­voir se pas­ser sans sou­ci de leur as du mi­lieu.

BUTEURS. Pog­ba (à droite) et Payet (au centre) ont per­mis aux Bleus de ren­ver­ser la va­peur ven­dre­di soir face à la Suède.

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