La vie de re­tour au Ba­ta­clan

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - Attentats du 13 novembre -

La mu­sique avant les com­mé­mo­ra­tions : un an après l’at­taque de dji­ha­distes qui a fait 90 morts au Ba­ta­clan, la salle pa­ri­sienne est re­ve­nue à la vie hier soir avec un concert de Sting, à la veille des cé­ré­mo­nies d’hom­mage aux vic­times des at­ten­tats du 13 no­vembre.

«C’est im­por­tant que la salle re­dé­marre, que ça reste un lieu de concerts après ce qui s’est pas­sé », a es­ti­mé Sting, hier. La salle, dont la ca­pa­ci­té maxi­male est de 1.497 per­sonnes, af­fi­chait com­plet, avec un grand nombre d’in­vi­tés. Es­sen­tiel­le­ment les fa­milles des vic­times et une poi­gnée d’of­fi­ciels, dont la mi­nistre de la Culture Au­drey Azou­lay.

« Cé­lé­brer la vie »

« La ré­ou­ver­ture du Ba­ta­clan, c’est presque une re­con­quête d’un es­pace par la mu­sique, par la fête, contre les forces de mort », confiait cette se­maine Georges Sa­lines, le pré­sident de l’as­so­cia­tion de vic­times « 13 no­vembre : Fra­ter­ni­té et Vé­ri­té ». Sa fille Lo­la y a trou­vé la mort.

Un ample dis­po­si­tif de sé­cu­ri­té a été mis en place par la pré­fec­ture de po­lice avec pas­sage des dé­mi­neurs, pré­fil­trage et fil­trage. « J’avais fon­da­men­ta­le­ment be­soin que quelque chose se passe avant di­manche », a ex­pli­qué Jules Fru­tos, co­di­rec­teur de la cé­lèbre salle pa­ri­sienne, inau­gu­rée en 1865. Dé­mar­rer avec des cé­ré­mo­nies devant le Ba­ta­clan et après de la mu­sique, ça ne m’al­lait pas du tout, du tout. « La pré­sence d’une star du ca­libre de Sting tra­duit la vo­lon­té de faire un maxi­mum de bruit », se­lon Jé­rôme Lan­glet, le pa­tron de la branche La­gar­dère Live En­ter­tain­ment, pro­prié­taire de la salle. « Un an après les at­ten­tats, la France et le monde en­tier vont voir que le Ba­ta­clan re­vit. »

Sting, dont le nou­vel al­bum 57th & 9th est sor­ti ven­dre­di, « a fait part d’un vé­ri­table dé­sir », ra­conte Jules Fru­tos, sa­luant l’en­ga­ge­ment de la star. Le chan­teur de 65 ans avait don­né au Ba­ta­clan un concert avec Po­lice le 23 avril 1979, res­té dans les an­nales.

La re­cette de ce pre­mier concert se­ra re­ver­sée à deux as­so­cia­tions de vic­times : « Life for Pa­ris » et « 13 no­vembre : Fra­ter­ni­té et Vé­ri­té ».

Hier soir, Sting a dé­bu­té son concert par une mi­nute de si­lence en hom­mage aux vic­times du 13 no­vembre. « Ce soir nous avons deux tâches à conci­lier : d’abord se sou­ve­nir de ceux qui ont per­du la vie dans l’at­taque, en­suite cé­lé­brer la vie, la mu­sique dans ce lieu his­to­rique », a dé­cla­ré en fran­çais le chan­teur bri­tan­nique avant la mi­nute de si­lence, sui­vie du mor­ceau Fra­gile.

« Je les ai vi­rés »

Une ombre au ta­bleau ce­pen­dant, la di­rec­tion du Ba­ta­clan a in­ter­dit à deux membres des Eagles of Death Me­tal, le groupe amé­ri­cain qui y jouait lors de l’at­ten­tat d’en­trer dans la salle en rai­son des dé­cla­ra­tions po­lé­miques de son chan­teur. « Ils sont ve­nus, je les ai vi­rés, il y a des choses qu’on ne par­donne pas », a dé­cla­ré Jules Fru­tos après le concert.

STING. Le chan­teur a com­men­cé son concert de ré­ou­ver­ture du Ba­ta­clan par une mi­nute de si­lence. PHO­TO AFP

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