« Rien n’a chan­gé… mais tout a chan­gé »

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - Attentats du 13 novembre -

Même agi­ta­tion der­rière le bar, mêmes rires en ter­rasse. Dans les ca­fés et res­tau­rants vi­sés par les at­ten­tats du 13-No­vembre, l’ac­ti­vi­té a re­pris. Mais per­sonne n’a ou­blié.

Les trois dji­ha­distes du « com­man­do des ter­rasses » avaient vi­sé six éta­blis­se­ments des Xe et XIE ar­ron­dis­se­ments de Pa­ris. Des at­taques qui avaient fait 39 morts.

Dé­but de ma­ti­née à La Belle Équipe. Der­rière le comp­toir, le bar­man s’ac­tive. S’il dis­cute fa­ci­le­ment tan­dis que ses mains conti­nuent de tra­vailler, à l’évo­ca­tion des at­ten­tats, la con­ver­sa­tion s’in­ter­rompt.

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Même ré­ti­cence au Comp­toir Vol­taire. Le pa­tron a pré­vu de fer­mer au­jourd’hui : « La meilleure fa­çon d’ou­blier les choses, c’est de ne plus en par­ler. » Dans un autre bar de ce quar­tier « bo­bo » de la ca­pi­tale, Pas­cal vient trois à quatre fois par se­maine, en voi­sin, à la Bonne Bière. « Je n’ai pas chan­gé mes ha­bi­tudes », avance­t­il. « Ra­va­gé » par les at­ten­tats, il a guet­té la ré­ou­ver­ture, im­pa­tiem­ment et est ras­su­ré de consta­ter que la bras­se­rie a « conser­vé la même am­biance fes­tive, jeune, bran­chée ». « En fait ici, rien n’a chan­gé, mais tout a chan­gé… il y a une trace qui res­te­ra à vie. »

Dans une rue pa­ral­lèle, ac­cou­dé au bar du Ca­rillon, un an­cien ser­veur, pré­sent le 13 no­vembre, pro­fite de la soi­rée. Il évoque les at­taques seule­ment avec les fa­milles des vic­times, « quand elles ont be­soin de par­ler ». De­puis quelque temps, il tra­vaille dans un nou­vel éta­blis­se­ment. Mais conti­nue mal­gré tout de re­ve­nir au Ca­rillon, avec le même plai­sir. « C’est un lieu qui nous ap­par­tient à tous dé­sor­mais », conclut­il dans un sou­rire.

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