Dé­routes

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - 7 jours en politique Actualités - Claude Lesme

L’élec­tion de Do­nald Trump, sorte d’ov­ni de la politique, qu’il est co­mique de voir ré­cu­pé­ré au­jourd’hui, même par ceux qui s’af­fir­maient « clin­to­niens », marque une dé­route com­plète de toutes les ins­ti­tu­tions qui dans une dé­mo­cra­tie tem­pé­rée exer­çaient une forte in­fluence et ser­vaient de garde­fous en gui­dant les élec­teurs vers des choix rai­son­nables tant à droite qu’à gauche.

Per­sonne n’a rien vu ve­nir, même ceux qui af­firment au­jourd’hui que tout était pré­vi­sible. L’élec­tion de Trump a vu la dé­route des son­dages in­ca­pables d’ap­pré­hen­der les « élec­teurs ca­chés » avec tou­te­fois cette mo­rale ras­su­rante ré­af­fir­mée : les son­dages ne sont pas des votes.

La presse écrite ou té­lé­vi­suelle a aus­si connu sa dé­route, in­ca­pable de prendre le pouls du pays pro­fond et contour­née par les ré­seaux so­ciaux qui ont per­mis à Trump d’af­fir­mer 70 % de choses fausses. La dé­route, c’est aus­si pour les syn­di­cats qui n’in­fluencent plus le vote ou­vrier ou les par­tis avec les di­ri­geants ré­pu­bli­cains pas sui­vis par leurs élec­teurs. En­fin, la dé­route des grandes consciences in­tel­lec­tuelles est fla­grante. Elles ne sont plus en­ten­dues.

Pour pon­dé­rer ce constat de faillite, consta­tons qu’hilla­ry Clin­ton, n’était pas une bonne can­di­date, trop im­bri­quée avec Wall Street et Hol­ly­wood même si elle perd en ga­gnant en voix. Mais, au­de­là, la le­çon es­sen­tielle de la vic­toire de Trump, c’est qu’un po­pu­liste vé­hi­cu­lant des idées d’ex­trême droite peut ac­cé­der au pou­voir par­tout.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.