Les Ci­gales, com­ment ça marche ?

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - Magdimanche -

Les Ci­gales (Clubs d’in­ves­tis­seurs pour une Ges­tion Al­ter­na­tive et Lo­cale de l’epargne So­li­daire) sont des clubs d’in­ves­tis­seurs qui, de­puis 1983, par­ti­cipent au ca­pi­tal de pe­tites et moyennes en­tre­prises, por­teuses de pro­jets res­pec­tueux de l’homme et de l’en­vi­ron­ne­ment. Im­pli­quées dans le dé­ve­lop­pe­ment lo­cal, cer­taines choi­sissent d’agir sur un ter­ri­toire par­ti­cu­lier (une ville, une zone ru­rale…), d’autres dans une fi­lière dé­ter­mi­née (éner­gies re­nou­ve­lables, ma­raî­chage bio…). Du­rant cinq ans, les membres du club, entre cinq et vingt per­sonnes, in­ves­tissent une par­tie de leur épargne pour consti­tuer une tré­so­re­rie col­lec­tive. Les contri­bu­tions se si­tuent gé­né­ra­le­ment entre 15 et 50 eu­ros par mois. Les in­ves­tis­se­ments at­teignent en moyenne 3.000 eu­ros par pro­jet. Un mon­tant mo­deste mais qui per­met un ef­fet de le­vier. Les banques sont sou­vent plus en­clines à in­ves­tir dans un pro­jet pour le­quel un groupe de per­sonnes est dé­jà prêt à prendre des risques. Le ci­ga­lier s’en­gage à ac­com­pa­gner pen­dant cinq ans l’en­tre­prise « ci­ga­lée ». Au­tre­ment dit : une Ci­gales peut in­ves­tir du­rant les cinq an­nées sui­vant sa nais­sance. Au bout de cette pé­riode, elle passe en ges­tion et gère son por­te­feuille d’en­tre­prises sans ré­in­ves­tir. Les Ci­gales peuvent fi­nan­cer des en­tre­prises (en ca­pi­tal et en compte cou­rant d’as­so­cié) ou des as­so­cia­tions, mais un club ne peut dé­te­nir plus de 25 % du ca­pi­tal. Il est im­por­tant pour lui de lais­ser li­ber­té to­tale au por­teur de pro­jet. Les ci­ga­liers sont éga­le­ment là pour bri­ser la so­li­tude du chef d’en­tre­prise et l’ai­der à prendre du re­cul de­vant les dif­fi­cul­tés. Ils mettent aus­si bien sou­vent leur ré­seau et leurs com­pé­tences au ser­vice de l’en­tre­prise ci­ga­lée. Nou­veau­té im­por­tante : de­puis 2014, les ci­ga­liers peuvent concé­der des prêts, ce qui leur per­met d’agir au­près de toutes les en­tre­prises, quel que soit leur sta­tut. Elles peuvent dé­sor­mais sou­te­nir les en­tre­prises in­di­vi­duelles, comme les au­to-en­tre­prises, ce qui leur était in­ter­dit au­pa­ra­vant. Les Ci­gales ont un fonc­tion­ne­ment dé­mo­cra­tique : chaque per­sonne y dis­pose d’une voix, quel que soit le mon­tant de son ap­port fi­nan­cier. L’épargne dans un club Ci­gales n’est pas un don. Même si la ren­ta­bi­li­té n’est pas sou­vent la prio­ri­té des ci­ga­liers, leur ob­jec­tif est au moins de ré­cu­pé­rer leur mise de dé­part. En ré­su­mé, les Ci­gales pré­sentent plu­sieurs avan­tages pour les en­tre­prises ci­ga­lées : pas de sor­tie du ca­pi­tal pen­dant cinq ans, un ac­cès fa­ci­li­té à des sources de fi­nan­ce­ment com­plé­men­taires, mais aus­si la cré­di­bi­li­té don­née au pro­jet par le sou­tien de par­ti­cu­liers en­ga­gés dans la réus­site de l’en­tre­prise et des per­sonnes qui y tra­vaillent.

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