LI­MITES

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - Magdimanche -

Le vide, le ha­sard, l’in­fi­ni… Le scien­ti­fique Pas­cal a abor­dé au cours de sa car­rière une mul­ti­tude de champs de re­cherche. Mais une pré­oc­cu­pa­tion constante semble les réunir : « es­sayer d’ame­ner la force de la rai­son ma­thé­ma­tique à un pa­lier où elle fait face à des réa­li­tés que l’homme ne peut se re­pré­sen­ter par la rai­son or­di­naire des choses », ana­lyse Jean-marc Cha­te­lain. Il en est ain­si du vide, du ha­sard ou en­core de l’in­fi­ni. Cette rai­son, qui oc­cupe une place cen­trale dans la ré­flexion de Pas­cal, est donc pous­sée par le scien­ti­fique dans ses propres li­mites. Ce fai­sant, l’homme per­met­tra à la re­cherche des avan­cées dé­ci­sives, tout à la fois sur l’exis­tence du vide et l’in­fluence de la pres­sion at­mo­sphé­rique, sur l’in­ven­tion des pro­ba­bi­li­tés (une « géo­mé­trie du ha­sard » est dé­ve­lop­pée à par­tir de ques­tions simples po­sées à Pas­cal par le che­va­lier de Mé­ré, par exemple : « en com­bien de coups peut-on es­pé­rer ob­te­nir un dou­ble­six avec deux dés ? ») ou en­core sur les bases du cal­cul in­té­gral (« l’arith­mé­tique de l’in­fi­ni »). Cette vo­lon­té d’al­ler aux fron­tières de la rai­son, et même de les dé­pas­ser, trou­ve­ra son apo­gée dans les tra­vaux me­nés par Pas­cal sur les ques­tions théo­lo­giques. La « grâce », au coeur des Pro­vin­ciales, ex­cède ain­si la rai­son. Et, avec les Pen­sées, il af­firme que c’est avec le coeur et non par la rai­son, qu’on peut ac­cé­der à Dieu : « Le coeur a ses rai­sons que la rai­son ne connaît point ».

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