Te­naille

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - 7 Jours En Politique - Claude Lesme

En fran­chis­sant sans sur­prise le Ru­bi­con pour se lan­cer dans la course à la pré­si­den­tielle de 2017, Em­ma­nuel Ma­cron veut cas­ser le jeu po­li­tique clas­sique des par­tis, in­car­ner le re­nou­veau, une France ou­verte, tout en se mon­trant très à gauche sur les ques­tions de so­cié­té et le droit d’asile, mais aus­si très li­bé­ral et par­ti­san d’une flexi­bi­li­té ac­crue dans le do­maine éco­no­mique.

En ten­tant de conqué­rir le centre gauche et en mor­dant un peu sur le centre droit, l’an­cien mi­nistre de l’éco­no­mie en­lève un peu plus, si c’est pos­sible, d’oxy­gène à Fran­çois Hol­lande confi­né dans l’es­pace ré­duit de la gauche gou­ver­ne­men­tale. En ce­la, Em­ma­nuel Ma­cron est la deuxième pince d’une te­naille qui com­plète celle dé­jà in­car­née par Jean­luc Mé­len­chon sur la gauche et l’ex­trême gauche.

Cette en­trée en cam­pagne plus ra­pide que pré­vu du hé­raut « des pro­gres­sistes » com­plique en­core plus la si­tua­tion du pré­sident de la Ré­pu­blique qui se voit pri­ver d’un de ses der­niers atouts : la maî­trise du temps pour ten­ter de re­ve­nir dans le jeu.

Vo­lon­taire, un peu for­cé, pour par­ti­ci­per à la primaire de la gauche en jan­vier, pro­ba­ble­ment une ano­ma­lie pour un pré­sident sor­tant de la Cin­quième Ré­pu­blique, Fran­çois Hol­lande de­vra se dé­cla­rer ré­gle­men­tai­re­ment avant le 15 dé­cembre alors que Ma­cron et Mé­len­chon se sont au­to­dis­pen­sés de pas­ser par cette case. L’im­po­pu­la­ri­té en moins, la qua­dra­ture du cercle est la même pour Ma­nuel Valls, qui se ver­rait bien en­dos­ser le rôle du re­cours.

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