Ma­cron « bra­con­nier »

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - 7 Jours En Politique - Jean-charles Sain­tonge

Dans sa ti­traille, le tu­ri­nois La Stam­pa prend des rac­cour­cis pour dé­crire l’an­nonce de can­di­da­ture à la pré­si­den­tielle de « l’ex­tra-ter­restre de la gauche », Em­ma­nuel Ma­cron. « Ma­cron rompt avec les so­cia­listes : “Je cours seul pour l’ély­sée”. L’ex-mi­nistre de l’éco­no­mie dé­fie le pou­voir : “Je suis prêt”. Les ri­vaux : “Traître” ». « Dé­marche très fran­çaise, presque gaul­lienne, qui voit un homme s’avan­cer en ter­rain dé­cou­vert, prendre le pa­ri de l’ave­nir et tout ris­quer sur un coup de dés », sou­ligne le suisse Le Temps. Le bri­tan­nique The Guar­dian me­sure l’évo­lu­tion : « Le fait qu’un homme n’ap­par­te­nant pas à la classe po­li­tique, s’en­gage seul et puisse être un can­di­dat sé­rieux pour la pré­si­dence au­rait été im­pen­sable voi­ci cinq ans ». Mais, ex­plique-til, l’ob­jec­tif de Ma­cron est jus­te­ment « de ca­pi­ta­li­ser sur le dis­cré­dit des ap­pa­reils po­li­tiques ». Le ti­ming de l’an­nonce sus­cite cette re­marque du ma­dri­lène El País : la can­di­da­ture « de ce­lui que la droite pré­fère pour la gauche », « in­ter­vient au mo­ment où sa cote de po­pu­la­ri­té et sa pré­sence dans les mé­dias sont à la baisse »… Et sur­tout avant la primaire de la droite, note le por­tu­gais Pú­bli­co. Car « ce n’est pas dans l’élec­to­rat de gauche qu’il est le plus po­pu­laire. Ce sont les élec­teurs de centre droit qui se re­con­naissent dans le jeune po­li­ti­cien ». « Un bra­con­nier tous azi­muts », s’amuse l’al­le­mand Frank­fur­ter All­ge­meine Zei­tung. « Il met Hol­lande dans la dif­fi­cul­té (“in die Bre­douille”), rend tous les par­tis nerveux et même Ma­rine Le Pen » !

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