Cé­cile Bour­geon li­bé­rable dans deux à quatre mois

La mère de Fio­na a été condam­née à cinq ans de pri­son pour les seuls dé­lits

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - Affaire fiona après le verdict - Jean-bap­tiste Le­dys

Ac­quit­tée des pour­suites cri­mi­nelles dont elle ré­pon­dait, Cé­cile Bour­geon, la mère de Fio­na, a été condam­née à cinq an­nées de pri­son pour des faits dé­lic­tuels : non-as­sis­tance à per­sonne en dan­ger et dé­non­cia­tion men­son­gère.

Le droit plu­tôt que les fan­tasmes. « La cour et les ju­rés ont consi­dé­ré qu’il n’avait pas été dé­mon­tré que Cé­cile avait por­té les coups mor­tels sur Fio­na. Dé­pas­sant tous les amal­games sur notre cliente, le fan­tasme d’une mère dia­bo­lique, ils ont réus­si à se dé­par­tir du cli­mat dé­lé­tère de l’émo­tion », ana­lysent les avo­cats Gilles­jean et Re­naud Por­te­joie.

Cé­cile Bour­geon pen­dant l’au­dience. Les dé­bats de­vant la cour d’assises ont été mar­qués par la ver­sa­ti­li­té de la pa­role de l’ac­cu­sée. D’un même élan, elle a pu ac­ca­bler son an­cien com­pa­gnon, puis don­ner du cré­dit à la thèse d’un dé­cès ac­ci­den­tel. De quoi y perdre son la­tin. « Notre cliente était fa­ti­guée, par­fois confuse, dans la dif­fi­cul­té d’évo­quer les faits, de por­ter une pa­role claire. Ce­la n’a peut­être pas ser­vi sa dé­fense. Mais par ailleurs, elle a tou­jours été constante sur le fait qu’elle n’a pas por­té de coups à Fio­na », re­lèvent les deux avo­cats.

Au­jourd’hui, est-elle bien­tôt li­bé­rable ? Cé­cile Bour­geon est en dé­ten­tion pro­vi­soire de­puis le 26 sep­tembre 2013. Il va de soi que cette par­tie de la peine dé­jà pur­gée se dé­duit des 60 mois aux­quels elle a été condam­née.

Deux scé­na­rios

Au­jourd’hui, deux scé­na­rios se pré­sentent. Si le par­quet fait ap­pel de l’ar­rêt de la cour d’assises, ce qui est pro­bable (lire ci­ des­sus), Cé­cile Bour­geon pour­ra faire une de­mande de mise en li­ber­té au­près de la chambre de l’ins­truc­tion. Forte de son ac­quit­te­ment, la mère de Fio­na semble avoir toutes les chances d’ob­te­nir gain de cause avec, peut­être, un contrôle ju­di­ciaire.

Si le par­quet s’abs­tient de faire un ap­pel in­ci­dent, le jeu des re­mises au­to­ma­tiques de peine per­met aux avo­cats Por­te­joie d’es­pé­rer une fin de peine « d’ici deux à quatre mois ».

Pro­ba­ble­ment libre pour le se­cond pro­cès

Dans les deux cas, ac­cu­sée ou té­moin, Cé­cile de­vrait com­pa­raître libre au se­cond pro­cès.

Quels pro­jets d’ave­nir ? À plu­sieurs re­prises, pen­dant le pro­cès, Cé­cile Bour­geon s’est au­to­ri­sée à ima­gi­ner un ave­nir. Elle a évo­qué des re­cherches qu’elle vou­lait me­ner à Ay­dat, pour re­trou­ver le corps de sa fille. Elle a aus­si par­lé d’un ave­nir fa­mi­lial : « Mon rêve, c’est d’avoir une fa­mille nom­breuse, d’avoir plein d’en­fants au­tour de moi. »

Une chose semble cer­taine, pour ses avo­cats, ce n’est pas en Au­vergne qu’elle conti­nue­ra sa vie.

PLAI­DOI­RIES. Re­naud et Gilles-jean Por­te­joie avaient ex­hor­té les ju­rés à ne pas se lais­ser em­por­ter par l’émo­tion po­pu­laire qui a en­tou­ré le pro­cès. Après le ver­dict, ils ont le sen­ti­ment d’avoir été en­ten­dus. PHO­TO RÉ­MI DUGNE

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