« Grais­ser la patte » de quel­qu’un

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - Mag Dimanche - Ga­vin’s Cle­mente Ruiz Ga­vin’s Cle­mente Ruiz. Cle­mente Ruiz est l’au­teur de une pe­tite an­tho­lo­gie des ex­pres­sions de notre histoire (Al­bin Mi­chel), (La li­brai­rie Vui­bert) et (Édi­tions Ci­ty). est son pre­mier ro­man (Ma­za­rine). Ga­vin’s

Grais­ser la patte de quel­qu’un, ha­bi­tuel­le­ment, c’est le cor­rompre en lui fai­sant pas­ser quelques « des­sous de table », au noir, sans vou­loir que ce­la se sache. Bi­zarre, car nous n’avons pas de… patte…

L’usage de la mé­ta­phore, qui fait ré­fé­rence à un ani­mal ajoute à la cri­tique conte­nue dans cette ex­pres­sion. Qu’on songe aux mondes des ani­maux des fables de Jean de La Fon­taine ou d’esope, qui re­pro­duisent en gros­sis­sant les fai­blesses et autres tra­vers des hommes et femmes sur Terre ! La patte vaut donc pour la main.

Mais pour­quoi la graisse alors ? D’au­tant que de la graisse, sur les mains a for­tio­ri, ce­la n’est guère plai­sant voire car­ré­ment in­com­mo­dant ! Per­son­nel­le­ment, je dé­teste ça, pas vous ? Ca glisse, ça colle, c’est dé­goû­tant. Sauf qu’il s’agit ici d’une tout autre graisse.

L’ex­pres­sion rap­pelle com­ ment l’on cher­chait au­tre­fois à s’at­ti­rer les fa­veurs ou à ob­te­nir des avan­tages d’un tiers en lui don­nant des mor­ceaux de graisse de co­chon de la main à la main, sans au­cun in­ter­mé­diaire. Le gras ici n’a rien de pé­jo­ra­tif, au contraire !

Don­ner un peu plus de goût au quo­ti­dien

C’était un bon com­plé­ment pour agré­men­ter la soupe et don­ner un peu plus de goût au quo­ti­dien ! Pour se rem­plu­mer, et se faire du bien… De quoi se lé­cher les ba­bines, tran­quille. Sans ou­blier les doigts ! Fau­drait pas gâ­cher…

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