LA SE­MAINE DE JACQUES MAILHOT

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - Septième jour -

Étrange coïn­ci­dence, en ces mo­ments de joutes élec­to­rales, la presse na­tio­nale vient de perdre une de ses plus brillantes plumes, Claude Imbert.

Lorsque la culture pac­tise avec l’in­tel­li­gence, le ré­sul­tat est sans ap­pel. Les édi­to­riaux de Claude Imbert étaient des en­tre­mets que l’on sa­vou­rait avec gour­man­dise. Car avec lui la gas­tro­no­mie n’était ja­mais loin de la po­li­tique. Ce fin pa­lais pré­fé­rait soi­gner le sien que fré­quen­ter ceux par­fois peu ra­goû­tants de la Ré­pu­blique.

Ne com­pa­rait-il pas la si­tua­tion de la France à celle du ho­mard qui, pen­dant sa mue, perd sa ca­ra­pace et qui avant d’en re­trou­ver une autre adopte le prin­cipe de pré­cau­tion. « Pro­té­ger la France comme un jar­din d’en­fant, non ! Elle compte en­core quelques adultes », di­sai­til.

C’est lui qui com­pa­ra avec une élé­gance toute bal­za­cienne l’af­faire Bet­ten­court à une sorte d’adul­tère entre la po­li­tique et L’oréal…

Ce bel es­prit par­ti, il nous reste au­jourd’hui son al­ter ego avec le­quel il a si sou­vent croi­sé l’in­tel­li­gence, Jacques Jul­liard. Puisse ce­lui qui comp­ta­bi­lise nos jours nous le gar­der en­core long­temps en ce bas monde, par­fois même si bas que nous avons plus que ja­mais be­soin d’es­prit rare comme l’était ce­lui de cet Avey­ron­nais qui s’ap­pe­lait Imbert.

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