Bach en Com­brailles, re­tour aux sources

A la veille de sa 18e édi­tion, le fes­ti­val veut re­nouer avec ses prin­cipes pre­miers

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - Puy-de-dôme culture - Pa­trick Ehme

Pour sa 18e an­née, le fes­ti­val Bach en Com­brailles, né sous l’em­pire de la passion, veut dé­sor­mais se don­ner une autre di­men­sion et s’an­crer dans un ter­ri­toire et au­près de sa po­pu­la­tion.

Bach et les Com­brailles, c’est une histoire de coeur et de rai­son. De coeur tout d’abord car il y a dix­huit ans dé­jà que cette ré­gion du nord­ouest du dé­par­te­ment s’est mise au dia­pa­son du com­po­si­teur al­le­mand du XVIIIE siècle.

Au tra­vers d’un fes­ti­val de re­nom­mée in­ter­na­tio­nale et, au­jourd’hui d’un grand orgue, ré­plique gran­deur na­ture de ce­lui d’arns­tadt où of­fi­cia le maître des messes et des can­tates.

An­crer le fes­ti­val au sein d’un ter­ri­toire

De rai­son en­suite car à cet âge où l’on de­vient adulte, ce fes­ti­val pré­ci­sé­ment a vou­lu re­ve­nir aux prin­cipes qui avaient pré­si­dé à sa créa­tion. À savoir : an­crer plei­ne­ment cette ma­ni­fes­ta­tion au sein d’un ter­ri­toire et y as­so­cier l’en­semble de sa po­pu­la­tion. C’est ain­si que, sous l’im­pul­sion de sa toute jeune di­rec­tion, in­car­née par An­toine An­que­til, son pré­sident, et Vincent Mo­rel, nou­veau res­pon­sable ar­tis­tique, ce fes­ti­val veut pour­suivre sur ces clas­siques mais les jouer sur trois di­men­sions : main­te­nir une pro­ gram­ma­tion exi­geante et de haute qua­li­té ; in­suf­fler une dynamique de créa­tion tous azi­muts mais en­core et sur­tout faire en sorte que le pu­blic lo­cal se ré­ap­pro­prie Bach et s’as­so­cie plei­ne­ment l’évé­ne­ment.

C’est donc un vaste pro­jet, ap­pe­lé à être inau­gu­ré dès la pro­chaine édi­tion qui est qui a été lan­cé, in­cluant dans sa conduite et dans son ex­pres­sion l’école de mu­sique Pont­gi­baud Sioule et Vol­cans et le col­lège Pierre­gi­ron­net de Pon­tau­mur.

C’est donc Bach sous toutes ses formes d’ex­pres­sion qui de­vrait pren­ dre forme et vi­sage dès le mois d’août pro­chain. Bach de­ve­nu pro­jet édu­ca­tif et cultu­rel à l’an­née pour les col­lé­giens ; ter­rain d’ex­pres­sion et d’ex­pé­ri­men­ta­tions pour l’école de mu­sique et vec­teur de re­con­nais­sance et d’identité pour la po­pu­la­tion. Bach par l’image et le texte, Bach par les arts plas­tique et Bach évi­dem­ment par la mu­sique, non plus seule­ment don­né pour des par­terres aver­tis mais éga­le­ment dans les rues ou places pu­bliques au gré de libres in­ter­pré­ta­tions ou ex­tra­po­la­tions ; du ba­roque jus­qu’au slam et au tra­vers de ré­si­dences.

« Dé­pous­sié­rer l’image et les a prio­ri »

« Il faut dé­pous­sié­rer l’image et les a prio­ri » in­siste de di­rec­teur ar­tis­tique, « afin que Bach in­ves­tisse les Com­brailles et que les Com­brailles ap­prennent à ai­mer Bach ».

Le point d’orgue res­tant, bien en­ten­du l’im­po­sant ins­tru­ment qui trône dans l’église, cu­rio­si­té au­tant que mo­nu­ment né du dé­lire et de la passion d’un homme, au­tour du­quel le fes­ti­val vou­drait créer une vé­ri­table école.

Seule en France à pou­voir s’en­or­gueillir d’un orgue de cette am­pleur et de cette ma­jes­té… Dans une com­mune de quelque 900 ha­bi­tants ! Bach en Com­brailles, une histoire de coeur et de dé­rai­son qui au­to­rise à tout réus­sir et à tout ten­ter.

TOUS EN­SEMBLE. Un fes­ti­val, une com­mune, un col­lège, une école de mu­sique et toute une po­pu­la­tion as­so­ciés pour don­ner à Bach un nou­veau ber­ceau et à une com­mune une identité au­tour d’un orgue mo­nu­men­tal pour flam­brau.

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