L’agri­cul­ture en­sei­gnée aux or­phe­lins

Ba­lade his­to­rique à la re­dé­cou­verte du ly­cée pro­fes­sion­nel Amé­dée­gas­quet (2)

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - Clermont vivre sa ville - Pierre-ga­briel Gon­za­lez pgg@orange.fr

De 1858 à 1904, l’an­cienne ab­baye Saintan­dré, fu­tur ly­cée Amé­dée-gas­quet, est trans­for­mée en or­phe­li­nat.

Entre 1858 et 1904, une cen­taine d’or­phe­lins sont ac­cueillis à l’an­cienne ab­baye Saint­an­dré fu­tur ly­cée Amé­dée­gas­quet. D’après des do­cu­ments da­tés de 1860, ces or­phe­lins ci­vils ont le plus sou­vent leur per­du père en pre­mier (par ac­ci­dent du tra­vail ou ma­la­die ag­gra­vée par l’al­coo­lisme) et leur mère l’a sui­vi quelques an­nées plus tard, à force de pri­va­tions et de ma­la­die (dont la ter­rible phti­sie, la tu­ber­cu­lose…). Con­trai­re­ment aux en­fants aban­don­nés (voir en­ca­dré), ce sont sou­vent des oncles ou des cou­sins qui trop pauvres pour prendre en charge leur édu­ca­tion placent ces en­fants dans des or­phe­li­nats.

C’est le cas à Cler­mont où une cen­taine de gar­çons sont ac­cueillis par des frères pré­mon­trés. Leur or­phe­li­nat connu sous le nom de « Pro­vi­dence de Saint­vincent­de­paul » ac­cueille ces en­fants avec l’aide de la cha­ri­té pu­blique. Ils y re­çoivent tous les élé­ments de l’ins­truc­tion pri­maire et les pre­mières no­tions de base d’agri­cul­ture, suf­fi­santes « pour les mettre à même de se li­vrer plus tard, avec in­tel­li­gence à cette pro­fes­sion… ».

Les or­phe­lins ne peuvent être ad­mis dans l’éta­blis­se­ment qu’au­tant que leur in­di­gence est bien consta­tée. Par ailleurs, des tu­teurs peuvent aus­si y faire ad­mettre leurs pro­té­gés, moyen­nant une pen­sion an­nuelle de 200 francs et la four­ni­ture du trous­seau. Des élèves bour­siers ­ non or­phe­lins ­ suivent éga­le­ment les cours dans cet éta­blis­se­ment moyen­nant le ver­se­ment d’une somme de 250 à 300 francs par an.

La mu­ni­ci­pa­li­té de Cler­mont contri­bue au fonc­tion­ne­ment de l’or­phe­li­nat par des cré­dits im­por­tants (5.400 francs en 1881). La mai­son est di­ri­gée par six frères : un di­rec­teur, deux jar­di­niers, un ins­ti­tu­teur, un tailleur et un cui­si­nier. Cette équipe de base est ren­for­cée ponc­tuel­le­ment par un au­mô­nier et un mé­de­cin. Les le­çons pra­tiques d’agri­cul­ture sont pro­di­guées aux en­fants dans le vaste jar­din de l’éta­blis­se­ment si­tué rue Bla­tin, dans l’en­clos des Ré­col­lets près de Mont­fer­rand, et dans quelques petites pièces de terre don­nées à l’éta­blis­se­ment ou prises à loyer….

Ins­truit et bon ca­tho­lique

Une pé­pi­nière et une serre per­mettent aus­si au frère jar­di­nier d’oc­cu­per ses élèves pen­dant toute l’an­née et de leur en­sei­gner la culture des fleurs et les soins à ap­por­ter aux arbres frui­tiers. Au tout dé­but du XXE siècle, jus­qu’en 1904, l’en­sei­gne­ment agri­cole s’étale sur trois ans. Une bro­chure de l’époque pré­cise qu’au terme de ce cycle : « Les fa­milles dé­si­reuses de trou­ver un jar­di­nier à la fois ins­truit et bon ca­tho­lique peuvent s’adres­ser au di­rec­teur de l’éta­blis­se­ment vers les der­niers jours de juin, peu avant la sor­tie gé­né­rale… ». Un an plus tard, la loi de sé­pa­ra­tion de l’église et de l’état de 1905 va re­battre les cartes… À suivre, di­manche pro­chain.

Pra­tique. Vous avez fré­quen­té le Ly­cée Amé­dée-gas­quet (en­sei­gnant, em­ployé ad­mi­nis­tra­tif ou élève), vous sou­hai­tez té­moi­gner, ra­con­ter une anec­dote, mer­ci de nous contac­ter sur pgg@orange.fr ou par cour­rier pos­tal à : Cler­mont Vivre sa ville La Mon­tagne Centre-france, 45 rue du Clos-four, 63020 Cler­mont-fd Ce­dex 02.

RUSTIQUE. Vers 1860, de nom­breux jar­dins, pro­pices à l’en­sei­gne­ment agri­cole en­tourent la ci­té. AR­CHIVES PGG

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