100 ans d’hu­mour po­li­tique au 100, bou­le­vard de Cli­chy

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - Magdimanche -

Après avoir connu des for­tunes di­verses sous plu­sieurs ap­pel­la­tions (La Truie qui file, l’arai­gnée, le Porc-épic, Les Truands...), l’éta­blis­se­ment pa­ri­sien du 100, bou­le­vard de Cli­chy est de­ve­nu le Théâtre des Deux Ânes en 1922.

Pro­prié­taires du Dix Heures sur le même bou­le­vard, Ro­ger Fer­réol et An­dré Dahl ré­novent l’éta­blis­se­ment sous une nou­velle en­seigne dont le nom pro­vien­drait de leur dif­fi­cul­té à se mettre d’ac­cord sur l’ap­pel­la­tion : « Pour ne rien trou­ver, fau­til que nous soyons ânes ! »

Les meilleurs chan­son­niers du mo­ment sont très vite à l’af­fiche, par­mi les­quels Tré­mo­lo, Dah­lio, Noël­noël, Re­né Do­rin, un jeune in­con­nu... Pierre Dac, ain­si qu’une co­mé­dienne dé­bu­tant au ta­lent pro­met­teur, Ar­let­ty.

En 1928, Al­bert, cé­lèbre chan­teur des opé­rettes mar­seillaises, ra­chète le théâtre dont il confie la di­rec­tion à Jean Her­bert. Ce­ lui­ci fait ap­pel à Max Re­vol pour la mise en scène, à Hen­ri Jean­son et Alexandre Bre­fort pour les textes, et en­gage comme co­mé­dien Jean Poi­ret aux cô­tés de Co­lette Bros­set et Ro­bert Dhé­ry. La tru­cu­lente Pau­line Car­ton et l’im­pas­sible Paul Meu­risse se­ront éga­le­ment de l’aven­ture.

Impertinence du chan­son­nier

Un temps fer­mé sous l’oc­cu­pa­tion al­le­mande, le théâtre connaît sa vé­ri­table re­nais­sance à la Li­bé­ra­tion avec Ro­bert Roc­ca, Jacques Grel­lo, Re­né Paul et Re­né Do­rin.

Au dé­but des an­nées 50, Pierre­jean Vaillard de­vient la ve­dette du théâtre où il connaî­tra trente ans de suc­cés qua­si in­in­ter­rom­pu en com­pa­gnie de la pre­mière femme hu­mo­riste et chan­son­nière Anne­ma­rie Car­rière, puis Jacques Bau­doin, Pierre Gil­bert...

En 1995, Jean Her­bert passe les rênes des Deux Ânes à Jacques Mail­hot. Le chan­son­nier au­ver­gnat (né à Riom en 1949) a ins­tal­lé son bu­reau dans le bal­con vi­tré qui do­mine la fa­çade Arts­dé­co du bou­le­vard de Cli­chy. Le soir, il passe en scène pour une re­vue de l’ac­tua­li­té.

« La patte Mail­hot, c’est sa fa­çon d’uti­li­ser l’iro­nie avec une ap­proche vol­tai­rienne. Il est le Can­dide amu­sé. Il y a tou­jours de la ma­lice et du sou­rire dans sa ma­nière de cro­quer ceux qui se pensent puis­sant », com­mente son ne­veu Ré­gis qui par­tage la scène à l’oc­ca­sion avec lui.

« Un spec­tacle aux Deux Ânes, est une messe, une com­mu­nion », dit Flo­rence Bru­nold, membre de la troupe. « L’en­droit est ma­gique, confirme Jacques Ples­sis, qui fut le se­cré­taire par­ti­cu­lier de Pierre Dac.

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