Exis­ter jus­qu’au bout de son man­dat pré­si­den­tiel…

Il reste cinq mois au chef de l’état qui pour­rait mettre son grain de sel dans la cam­pagne

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - France & monde actualités -

Dans cinq mois, il ne se­ra plus pré­sident de la Ré­pu­blique mais Fran­çois Hol­lande en­tend agir jus­qu’à la fin de son man­dat.

À peine 48 heures après son re­non­ce­ment sur­prise et in­édit sous la Ve Ré­pu­blique à bri­guer un se­cond man­dat, le chef de l’état a sai­si la pre­mière oc­ca­sion, un dé­pla­ce­ment aux Émi­rats arabes unis, pour dé­li­vrer un mes­sage à ceux qui en dou­te­raient : non, sa fin de man­dat ne se­ra pas une longue ago­nie.

« Mon ac­tion comme pré­sident de la Ré­pu­blique est d’abord une ac­tion de pro­tec­tion » des « plus fra­giles » et des « po­pu­la­tions ci­viles me­na­cées par les guerres ou le ter­ro­risme », a­t­il ain­si lan­cé lors de la vi­site du fu­tur mu­sée du Louvre d’abou Dha­bi. Et d’en­chaî­ner : « Être pré­sident de la Ré­pu­blique, c’est à la fois une res­pon­sa­bi­li­té émi­nente et une fier­té, à condi­tion, et c’est la seule condi­tion qui vaille, de faire avan­cer la France dans le res­pect de ses idéaux et de ses va­leurs. » « Telle est la tâche qui est la mienne jus­qu’au mois de mai pro­chain », a in­sis­té le lo­ca­taire de l’ély­sée.

De­vant des jour­na­listes, il l’a as­su­ré avant de re­ga­gner Pa­ris : de­puis jeu­di, « rien n’a chan­gé […] pré­sident j’étais, pré­sident je suis, pré­sident je res­te­rai jus­qu’en mai ». Mes­sage ré­pé­té comme un man­tra aux mi­li­taires fran­çais sur une base aé­rienne d’où dé­collent des Ra­fale en­ga­gés contre le groupe État is­la­mique : « Comme pré­sident de la Ré­pu­blique, jus­qu’au terme de mon man­dat, j’ai comme seul de­voir de pro­té­ger les Fran­çaises et les Fran­çais, aus­si bien à l’ex­té­rieur des fron­tières qu’à l’in­té­rieur. »

La pi­lule du re­non­ce­ment amère

« Et comme chef des ar­mées, je dois aus­si ac­cor­der les moyens in­dis­pen­sables pour que vous puis­siez ac­com­plir vos mis­sions », a ajou­té Fran­çois Hol­lande après avoir lon­gue­ment dé­fen­du son bi­lan en ma­tière de Dé­fense.

Fran­çois Hol­lande compte aus­si ins­crire son man­dat dans le temps long, lais­ ser une trace. Le Louvre Abou Dha­bi, a­til rap­pe­lé, était une ini­tia­tive de l’an­cien pré­sident Jacques Chi­rac, lan­cée en 2007 et qui ou­vri­ra ses portes dix ans plus tard. Il s’agit, a­t­il pour­sui­vi comme en par­lant de lui à de­mi­mot, de « conce­voir l’ac­tion pour qu’elle soit sin­gu­lière, pour qu’elle puisse être iden­ti­fiée à une oeuvre hu­maine » et au­de­là « du man­dat qui avait été confié ».

Mais le pré­sident compte aus­si mettre son grain de sel dans la cam­pagne pré­si­den­tielle. « Quand il n’y a plus de fonc­tion­naires, il n’y a plus d’état, quand il n’y a plus d’état, il n’y a plus de France. Il faut aus­si en prendre conscience si l’on veut savoir vers quoi on veut al­ler en­semble », a­t­il aver­ti. En ligne de mire : Fran­çois Fillon et sa pro­messe de sup­pri­mer 500.000 em­plois pu­blics.

La pi­lule du re­non­ce­ment n’en reste pas moins amère pour le pré­sident qui s’est abs­te­nu tout au long de sa vi­site des traits d’es­prit dont il est cou­tu­mier.

LOUVRE ABOU DHA­BI. Avec l’ar­chi­tecte Jean Nou­vel, s’ins­crire dans la du­rée. PHOTO AFP

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