Sou­tien ra­di­cal à Ma­cron

Jacques Mé­zard, pré­sident du groupe RDSE au Sé­nat

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - 7 joursfrea n np ce & ol itiqmuoende actualités - Ber­nard Sté­phan ber­nard.ste­phan@cen­tre­france.com

Sé­na­teur du Cantal, pré­sident du groupe RDSE au pa­lais du Luxem­bourg, Jacques Mé­zard, sou­tien in­dé­fec­tible d’em­ma­nuel Ma­cron, re­jette la can­di­da­ture Syl­via Pi­nel.

Les der­niers re­bon­dis­se­ments ne font pas va­rier de son choix le sé­na­teur ra­di­cal de gauche Jacques Mé­zard. Il re­fuse de sou­te­nir à l’élec­tion pré­si­den­tielle une can­di­da­ture so­li­taire de Syl­via Pi­nel, pré­si­dente du PRG, pour ré­af­fir­mer son en­ga­ge­ment der­rière Em­ma­nuel Ma­cron.

Il est vrai qu’il n’est guère sa­tis­fait du bi­lan du quin­quen­nat. Le sé­na­teur du Cantal ne dé­co­lère pas. Pour lui, Fran­çois Hol­lande et ses amis, avec la ré­forme des ré­gions, « ont sa­cri­fié le Mas­sif Cen­tral » en écar­te­lant le ter­ri­toire vers deux mé­tro­poles ex­cen­trées ; Lyon et Bor­deaux et en le pri­vant d’une ville capitale en son centre. « Mettre le Cantal avec Lyon, la Lo­zère avec Tou­louse et la Creuse avec Bor­deaux, il fal­lait y pen­ser!»

Ce ra­di­cal de gauche, fi­dèle aux prin­cipes du ra­di­ca­lisme – la laï­ci­té, la dé­fense de la ru­ra­li­té, le res­pect du Par­le­ment et des élus – aime les sym­boles. Son bu­reau de la pré­si­dence du groupe RDSE (Ras­sem­ble­ment dé­mo­cra­tique et so­cial eu­ro­péen) oc­cupe un angle du pa­lais du Luxem­bourg avec vue im­pre­nable sur le jar­din. Au mur, dans l’es­pace qui a tou­jours été ce­ lui des élus ra­di­caux­so­cia­listes de­puis le dé­but de la IIIE Ré­pu­blique, sous verre, les photos des fi­gures tu­té­laires : Édouard Her­riot, Ed­gar Faure, Édouard Da­la­dier, Mau­rice Faure, Gas­ton Mon­ner­ville…

Pas de par­ti­ci­pa­tion à la pri­maire

Qui va être le nou­vel homme qui donne foi à Jacques Mé­zard ? L’élu can­ta­lien, très sé­vère avec l’exécutif sor­tant, place tous ses es­poirs en Em­ma­nuel Ma­cron. « Ma­cron in­carne le re­nou­veau. Il est ca­pable de faire le pont entre nos va­leurs et la mo­der­ni­té. »

Jacques Mé­zard a plai­dé de­vant le congrès du Par­ti ra­di­cal de gauche réuni à La Ro­chelle, en sep­tembre der­nier, pour une grande in­dé­pen­dance du PRG qui ne soit pas le sup­plé­tif d’un PS. Donc pas de par­ti­ci­pa­tion à la pri­maire de la gauche de gou­ver­ne­ment do­mi­née par les so­cia­listes : « Ils veulent notre lo­go pour pal­lier leur so­li­tude qu’ils ont créée par leur in­to­lé­rance et leur mé­pris des autres sen­si­bi­li­tés de gauche », a­t­il mar­te­lé. Et ajoute­t­il, parce qu’il ne prise pas les pri­maires : « Quand les Al­le­mands font face à la crise avec un gou­ver­ne­ment de coa­li­tion, nous pré­pa­rons une pré­si­den­tielle avec des di­zaines de can­di­dats. Est­ce bien rai­son­ nable ? Est­ce ce­la une ré­pu­blique exem­plaire ? »

Au­jourd’hui, le sé­na­teur can­ta­lien croit que les va­leurs du ra­di­ca­lisme se­ront por­tées par le fon­da­teur de « En Marche ! » Et qu’il ré­ha­bi­li­te­ra le res­pect des élus. En ef­fet, dit Jacques Mé­zard, « il faut re­trou­ver un équi­libre entre le lé­gis­la­tif et l’exécutif. On est dans un sys­tème dés­équi­li­bré où plus per­sonne n’est res­pec­té. Où le lé­gis­la­tif est vi­li­pen­dé. Et plus on le vi­li­pende, plus on ren­force l’hy­per­pré­sident. » Et, ajoute le sé­na­teur, un trans­fert dom­ma­geable de la dé­ci­sion à l’ad­mi­nis­tra­tion s’est pro­duit. « Que se passe­t­il de­puis plu­sieurs dé­cen­nies ? La haute fonc­tion pu­blique est om­ni­pré­sente. Elle est com­pé­tente, mais elle doit ap­pli­quer et ne pas dé­ci­der. En réa­li­té elle a cap­tu­ré la gou­ver­nance ; il faut y mettre fin!»

Ne pas re­cu­ler sur la laï­ci­té

Ré­pu­té pour sa grande ca­pa­ci­té de tra­vail, homme du Sé­nat mais aus­si homme du ter­rain dans le Cantal – il pré­side la com­mu­nau­té d’ag­glo­mé­ra­tion d’au­rillac – Jacques Mé­zard ne dé­mord pas de ses va­leurs et en par­ti­cu­lier de la laï­ci­té. « La laï­ci­té, ce n’est pas la lutte contre les re­li­gions. Mais at­ten­tion quand la re­li­gion de­vient un ou­til du pro­sé­ly­tisme, alors je crois qu’on ne doit pas cé­der. Chaque fois que la Ré­pu­blique cède, en par­ti­cu­lier sur le com­mu­nau­ta­risme, elle re­cule sur la laï­ci­té. »

PH. CH. STAVEL

JACQUES MÉ­ZARD. Un choix ra­di­cal der­rière Ma­cron.

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