Un ar­souille cra­pule V

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - Magdimanche - Ga­vin’s Cle­mente Ruiz Ga­vin’s Cle­mente Ruiz. Au­teur de J’y suis, j’y reste, une pe­tite an­tho­lo­gie des ex­pres­sions de notre his­toire (Al­bin Mi­chel), Les coups de foudre qui ont fait l’his­toire (La li­brai­rie Vui­bert), Le Fin Mot des ex­pres­sions po­pu­laires

oi­là les fêtes de fin d’an­née qui pointent le bout de leur nez, avec leur lot de re­pas bien riches et bou­teilles vite vi­dées ! S’ar­souiller, c’est ra­re­ment po­si­tif ! On dé­signe ain­si l’ac­tion de se saoû­ler, de s’en­ca­nailler et de faire bam­boche pour fi­nir dans un état sou­vent peu re­com­man­dable et de­ve­nir… « un » ou « une » ar­souille.

Au­jourd’hui, ce mot d’ori­gine po­pu­laire est mas­cu­lin, mais il n’en pas tou­jours été ain­si. Un ar­souille est une cra­pule, mais ce­la n’en­traîne pas de conclu­sion hâ­tive à son en­droit, sans doute grâce au suf­fixe « ouille », plu­tôt tendre et sa­vou­reux. L’ori­gine du mot est mul­tiple, comme tou­jours !

L’une des ori­gines les plus po­pu­laires vient de l’an­glais « ar­se­hole », qui si­gni­fie… « trou du cul ». Ar­se­hole/ar­souille, pour­quoi pas, la res­sem­blance pho­né­tique est pos­sible. Une des autres ex­pli­ca­tions pro­bables vient du féminin l’ar­ souille, comme au XVIIIE siècle, lors­qu’on nom­mait ain­si les fé­rus par­ti­sans de la Ré­vo­lu­tion, puis des per­tur­ba­teurs, des fê­tards. Le mot au­rait connu son heure de gloire grâce à Charles de la Bat­tut (1806­1835), qui bat­tait le pa­vé pa­ri­sien, dans les an­nées 1930, tou­jours gri­mé, et qui me­nait grand train avec ses équi­pages. On le confon­dait avec un autre per­son­ nage, An­glais cette fois, d’où le sur­nom pour Charles de « Mi­lord »… l’ar­souille. Qui lui res­te­ra pour l’éter­ni­té !

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