« Can­di­dat du tra­vail » et des 35 heures Al­ler plus loin

L’an­cien mi­nistre de Fran­çois Hol­lande pré­cise les contours de son pro­gramme

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - France & monde actualités -

Em­ma­nuel Ma­cron, can­di­dat à l’élec­tion pré­si­den­tielle, s’est po­sé, hier, en « can­di­dat du tra­vail », pro­po­sant la baisse de son coût pour toutes les en­tre­prises et un main­tien de la du­rée lé­gale du tra­vail à 35 heures, lors de son pre­mier grand mee­ting, porte de Ver­sailles, à Pa­ris.

Em­ma­nuel Ma­cron qui a long­temps en­tre­te­nu un faux sus­pense au­tour de son am­bi­tion ély­séenne est cette fois en­tré de plain­pied dans la cam­pagne, plon­gé dans la fer­veur d’une foule nom­breuse et ac­quise, pour ce pre­mier grand mee­ting pa­ri­sien te­nu Porte de Ver­sailles.

« C’est un rêve fou qui est en train de se réa­li­ser », a ain­si cla­mé un Em­ma­nuel Ma­cron gal­va­ni­sé der­rière son pu­pitre, et qui a re­çu le sou­tien de quelque 120.000 adhé­rents (gra­tuits) à son mou­ve­ment « En Marche ! » Sous les yeux de plu­sieurs di­zaines d’élus, dont le sé­na­teur­maire de Lyon Gé­rard Col­lomb, qui co­or­donne la re­cherche de par­rai­nages, de l’an­cien pré­sident de la Ré­gion Ile­de­france Jean­paul Hu­chon, mais aus­si des avo­cats proches de Fran­çois Hol­lande, Jean­pierre Mi­gnard et Do­mi­nique Ville­mot, l’an­cien mi­nistre de l’éco­no­mie, dé­mis­sion­naire en août der­nier, a ain­si té­moi­gné de la vi­gueur de son mou­ve­ment qui re­ven­dique « 15­20.000 per­sonnes ac­tives » sur le ter­rain, se­lon son en­tou­rage. De même source,

« 3,7 mil­lions d’eu­ros » ont aus­si été ré­col­tés au­près de « 12.000 do­na­teurs », avec l’ob­jec­tif d’at­teindre « 8­9 mil­lions d’eu­ros » et d’en em­prun­ter au­tant pour l’en­semble d’une cam­pagne qui se struc­ture de jour en jour.

En at­ten­dant, trois se­maines après son an­nonce de can­di­da­ture, Em­ma­nuel Ma­cron a don­né un peu plus corps à son pro­gramme – « un pro­jet co­hé­rent », as­sure­t­il – alors que ses ad­ver­saires l’ont ré­gu­liè­re­ment égra­ti­gné sur la va­cui­té ou le flou sup­po­sés de ses pro­po­si­tions.

Entre deux salves d’ap­plau­dis­se­ments et du­rant plus d’une heure qua­rante, Em­ma­nuel Ma­cron a dé­rou­lé ses me­sures, or­ga­ni­sées au­tour d’une idée­force : « li­bé­rer » et « pro­té­ger », pour « ré­con­ci­lier notre pays avec le goût du risque ».

Dans cette pers­pec­tive, il s’est po­sé en « can­di­dat du tra­vail », pro­met­tant une baisse de son coût pour toutes les en­tre­prises et un main­tien de la du­rée lé­gale à 35 heures. « Je main­tien­drai les al­lé­ge­ments de co­ti­sa­tion dé­jà dé­ci­dés ces der­nières an­nées mais je trans­for­me­rai le cré­dit d’im­pôt com­pé­ti­ti­vi­té em­ploi (CICE) en al­lé­ge­ments de charges pé­rennes », a­t­il ain­si pro­mis, re­nou­ve­lant sa pro­po­si­tion de sup­pri­mer les co­ti­sa­tions ma­la­die et chô­mage payés par les sa­la­riés, trans­fé­rées sur une hausse de la CSG.

L’an­cien conseiller de Fran­çois Hol­lande a aus­si as­su­ré que les sa­laires nets aug­men­te­raient grâce à ces me­sures.

Après avoir pro­mis d’al­ler « plus loin » dans la dé­cen­tra­li­sa­tion et s’être de nou­veau pro­non­cé en fa­veur d’une au­to­no­mie des uni­ver­si­té, des éta­blis­se­ments sco­laires, des hô­pi­taux, afin de « li­bé­rer les ter­ri­toires », Em­ma­nuel Ma­cron a dé­crit ses « trois bou­cliers, de sé­cu­ri­té, so­cial et eu­ro­péen ».

Dans son al­lo­cu­tion, ver­sion pré­ci­sée de son dis­cours du Mans mi­oc­tobre, il a aus­si pro­mis l’em­bauche de 10.000 fonc­tion­naires de po­lice et de gen­dar­me­rie et re­dit sa vo­lon­té de ré­in­ven­ter une « po­lice de proxi­mi­té » et de « re­bâ­tir le ren­sei­gne­ment ter­ri­to­rial ».

Eu­rope

Sur le vo­let so­cial, il s’est en­ga­gé, con­trai­re­ment à Fran­çois Fillon, à ne « dé­rem­bour­ser au­cun soin » et a lan­cé des pistes pour « re­fon­der le sys­tème de for­ma­tion » en plai­dant pour la créa­tion « d’un service pu­blic de la for­ma­tion et de l’ac­ti­vi­té ».

Il a aus­si évo­qué une as­su­rance chô­mage « uni­ver­selle », y com­pris pour les dé­mis­sions, et un « de­voir de tra­vailler » quand une offre « dé­cente » était pro­po­sée à un chô­meur.

« Plus per­sonne ne parle d’eu­rope », a­t­il en­fin dé­plo­ré, en in­vo­quant no­tam­ment la né­ces­si­té d’une « po­li­tique com­mer­ciale » com­mune pour faire face à la « concur­rence dé­loyale des Chi­nois et des In­diens ».

« L’eu­rope est notre meilleure pro­tec­tion […], notre iden­ti­té, notre rêve com­mun », a­t­il sou­li­gné. Dans les se­maines à ve­nir et jus­qu’à fin jan­vier, Em­ma­nuel Ma­cron doit pour­suivre le « dé­ploie­ment de son pro­gramme », se­lon son en­tou­rage, avec des an­nonces da­van­tage axées sur le ré­ga­lien (jus­tice, dé­fense…) puis le so­cié­tal, et un « mee­ting im­por­tant mi­jan­vier en pro­vince ».

EN­GA­GE­MENT. « Il n’y au­ra pas de lais­sés-pour-compte », a-t-il pro­mis. AFP

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