Qui veut noyer son chien…

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - Magdimanche - Ga­vin’s Cle­mente Ruiz Ga­vin’s Cle­mente Ruiz. Au­teur de J’y suis, j’y reste, une pe­tite an­tho­lo­gie des ex­pres­sions de notre his­toire (Al­bin Mi­chel), Les coups de foudre qui ont fait l’his­toire (La li­brai­rie Vui­bert) et Le Fin Mot des ex­pres­sions po­pu­laire

«Qui veut noyer son chien l’ac­cuse de la rage », une ex­pres­sion qui sent bon la langue fran­çaise pour nom­mer un fait pas bien glo­rieux. En ef­fet, on cherche ici à ac­cu­ser quel­qu’un d’ac­tions qu’il n’a pas com­mises. On l’ac­cuse à tort, on lui trouve bi­zar­re­ment des cir­cons­tances ter­ri­ble­ment ag­gra­vantes, et tous les moyens sont bons pour écar­ter son en­ne­mi…

Cette ex­pres­sion po­pu­laire date du XIIIE siècle. Il est vrai qu’à l’époque, on ne cher­chait pas vrai­ment l’ori­gi­ ne des ma­la­dies des chiens, et toutes les ex­pli­ca­tions étaient bonnes. Mais quelle hor­reur de tuer un pauvre chien, qui plus est to­ta­le­ment sain !

L’ex­pres­sion se­ra vrai­ment po­pu­la­ri­sée lors­qu’elle se­ra pro­non­cée par le per­son­nage de Mar­tine dans une pièce de théâtre de Mo­lière, Les Femmes sa­vantes. « Me voi­là bien chan­ceuse ! Hé­las l’on dit bien vrai : Qui veut noyer son chien, l’ac­cuse de la rage, Et ser­vice d’au­trui n’est pas un hé­ri­tage. » La pauvre a été congé­diée par Phi­la­mine, l’une de ces sa­vantes femmes. La faute de Mar­tine ? Elle fe­rait des fautes de fran­çais !

À la bonne heure ! Une ex­cuse ri­sible qui dé­clenche cette ré­ac­tion lo­gique et louable de la ser­vante. Et qui nous per­met de ré­flé­chir à ces actes gra­tuits qui peuvent être si pré­ju­di­ciables.

Nom­mer un fait peu glo­rieux

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