Les meilleurs nez se sont pen­chés sur le ber­ceau

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - Magdimanche -

L’ap­pel­la­tion de « nez » ne re­flète pas tout le pro­ces­sus de créa­tion d’un par­fum : « Le nez bien sûr est pré­sent, mais ce n’est qu’un ou­til de vé­ri­fi­ca­tion », ex­plique Jean-ch­ris­tophe Hé­rault, par­fu­meur chez le géant amé­ri­cain des arômes et par­fums IFF, par­te­naire du Grand Mu­sée du par­fum.

« Doit-il te­nir ? »

Dans son bu­reau, il com­mence par ima­gi­ner un par­fum, écrit une for­mule, com­por­tant les in­gré­dients et leurs quan­ti­tés, puis fait pe­ser par des as­sis­tants dans le la­bo­ra­toire cette re­cette, qu’il teste et af­fine peu à peu. Six heures : c’est la du­rée idéale d’un par­fum, pour Jean-claude Ellena, an­cien nez d’her­mès, mai­son dont il est dé­sor­mais conseiller. « Les mo­lé­cules lourdes, celles qui vont res­ter long­temps, il y en a trente, c’est tout », ex­plique le cé­lèbre par­fu­meur, ci­tant « la cou­ma­rine, les muscs, la va­nille ». « Si on n’uti­lise que ces mo­lé­cules, la construc­tion ol­fac­tive est très peu in­té­res­sante, elle se ré­pète. Avec des mo­lé­cules plus lé­gères, il y a plus de di­ver­si­té d’ex­pres­sion. On en­tend sou­vent, il faut que ça tienne sur ma peau. Moi je dis oui, mais pas des jours ! Le beau ne tient pas for­cé­ment. » Le Grand Mu­sée du par­fum se veut à la fois « scien­ti­fique, créa­tif et grand pu­blic », se­lon son pré­sident Guillaume de Maus­sion (en­tre­pre­neur tous azi­muts, pas­sé par la billet­te­rie d’opé­ra au bu­si­ness des start-up). Sou­te­nu par le Syn­di­cat fran­çais de la par­fu­me­rie, le lieu s’est do­té d’un co­mi­té d’ex­perts pres­ti­gieux pour as­seoir sa no­to­rié­té, de Ni­co­las Beau­lieu par­fu­meur créa­teur chez IFF, à Jean-claude Ellena, donc, ou en­core Éli­sa­beth Si­rot, la di­rec­trice du Pa­tri­moine chez Guer­lain.

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