Une ferme de pro­duc­tion bio­lo­gique, lieu d’ac­cueil ou­vert aux autres

Na­tha­lie Cer­clé et Sté­phane Sa­bot ont en­tre­pris de faire de leur ferme à Tré­zelles (Al­lier) plus qu’un lieu de pro­duc­tion bio­lo­gique, un lieu d’ac­cueil, ou­vert aux autres. Un in­cu­ba­teur « agro­lo­gique ».

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - Magdimanche - Leï­la Aber­kane lei­la.aber­kane@cen­tre­france.com

Ils ont tour­né le dos à leur bou­lot. Na­tha­lie Cer­clé, 33 ans, a rom­pu son fil à la patte, un job de soi­gneur ani­ma­lier en parc zoo­lo­gique. Son com­pa­gnon, Sté­phane Sa­bot, 40 ans, tech­ni­cien conseil en san­té ani­male, ne se rend plus au che­vet de trou­peaux va­cillants. L’agri­cul­teur, dé­sor­mais, c’est lui.

En 2014, le couple a re­pris les rênes de l’ex­ploi­ta­tion du père de Sté­phane, à Tré­zelles, entre Mou­lins et Vi­chy (Al­lier), pour prendre le vi­rage de l’agri­cul­ture bio­lo­gique, de la pro­duc­tion lo­cale : « On vou­lait trou­ver une voie dif­fé­rente, avoir une ap­proche plus phi­lo­so­phique. On vou­lait une agri­cul­ture plus res­pec­tueuse de la na­ture », ex­plique Na­tha­lie. « Nous n’avions pas en­vie d’être un simple maillon de la chaîne mais d’être des ac­teurs ».

Ils ont donc en­tre­pris de trans­for­mer la ferme. La mé­ta­mor­phose a com­men­cé par la plan­ta­tion de haies qui, au­de­là de li­mi­ter de pe­tites par­celles, contri­buent, in­dique Sté­phane « à dé­ve­lop­per la bio­di­ver­si­té, à pro­té­ger les cultures des grandes ra­fales de vents, à amen­der les sols ». Tra­vailler avec la na­ture plu­tôt que de s’achar­ner à la cor­se­ter, c’est l’es­prit de ce pro­jet lan­cé il y a deux ans. Cette an­née, le ma­raî­chage a don­né ses pre­miers lé­gumes bio. En­cou­ra­geant : « On a tout vendu ». Cô­té cé­réales, la terre où pousse la lu­zerne est en conver­sion bio. Le pe­tit trou­peau de vaches (vingt cha­ro­laises) a éga­le­ment en­ta­mé sa mue com­plète.

Le couple est lui aus­si en re­con­ver­sion. Avec l’as­so­cia­tion Fermes d’ave­nir, Na­tha­lie et Sté­phane se forment chaque se­maine à l’école des « Pay­cul­teur » à Tours. Ils bou­quinent aus­si beau­coup, en par­ti­cu­lier les livres de Pierre Rabhi, in­car­na­tion de l’agro­éco­lo­gie : « Il faut re­ve­nir à une agri­cul­ture de bon sens, à une ferme que j’ap­pelle “agro­lo­gique” ba­sée sur un mode éco­lo­gique du­rable », ré­sume Na­tha­lie.

La ferme, une « cou­veuse »

Leur sa­voir­faire, Na­tha­lie et Sté­phane n’ont pas l’in­ten­tion de le gar­der égoïs­te­ment pour eux. Hors de ques­tion aus­si de vivre en so­li­taire sur leur îlot bio bour­bon­nais de vingt­deux hec­tares. Jouer les Ro­bin­son Cru­soé de l’agro­éco­lo­gie, ce n’est pas l’his­toire qu’ils veulent écrire. Au contraire. Ils ont l’in­ten­tion d’ou­vrir leur ferme, en faire un in­cu­ba­teur pour des jeunes en quête de terre ou des sa­la­riés qui, comme eux, en­vi­sagent de se re­con­ver­tir : « L’idée est de créer une cou­veuse. On loue­rait des par­celles pen­dant un à trois ans avec du ma­té­riel à dis­po­si­tion », ex­plique le couple. « Ce­la per­met­trait à ceux que l’on ac­cueille de se tes­ter avant de se lan­cer ». Na­tha­lie Cer­clé et Sté­phane Sa­bot au­ront es­suyé les plâtres.

« On n’avait pas en­vie d’être un simple maillon de la chaîne »

DANS L’AL­LIER. Na­tha­lie Cer­clé et Sté­phane Sa­bot ont com­men­cé à conver­tir leur ferme à la pro­duc­tion bio­lo­gique. L’ob­jec­tif est aus­si de faire de la ferme « une cou­veuse » pour ceux qui veulent se lan­cer ou se re­con­ver­tir dans l’agri­cul­ture bio. PHO­TOS : PHI­LIPPE BIGARD

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