Stan veut faire dan­ser tout le monde

Sta­nis­las, seize ans, vient de sor­tir son pre­mier mi­ni­al­bum (Afro­trap) avec le Stu­dio Bla­tin

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - Si on sortait - Ju­lien Do­don Mi­ni-al­bum. L’EP de Sta­nis-las est dis­po­nible au stu­dio Bla­tin. www.stu­dio­bla­tin.fr 0.473.341.230

Ar­ri­vé en France il y a deux ans pour jouer au foot, il vient de faire la pre­mière par­tie de MHD à la Coo­pé, à Cler­mont-fer­rand. Stan a 16 ans. Des choses à dire et une his­toire

«La mu­sique a tou­jours été mon plan A. Le foot, c’était plu­tôt le plan B. J’ai quand même vou­lu es­sayer en ve­nant en Eu­rope. Comme le foot, ça n’a pas mar­ché, j’ai fon­cé dans la mu­sique ».

Après quelques se­condes de si­lence et un sou­rire presque gê­né, Stan pour­suit : « J’ai un ob­jec­tif : mettre Cler­mont en haut, en de­ve­nant le rap­peur qui re­pré­sente la scène du 6.3. Elle existe au­jourd’hui, mais per­sonne n’en est vrai­ment sor­ti ».

Pré­ten­tieux ? Non. Sûr de lui. Oui, plu­tôt. Ce n’est pas un dé­faut, ce­la dé­pend juste de la ma­nière dont on aborde les choses. Sta­nis­las vient d’avoir seize ans. Cet an­ni­ver­saire, il l’a fê­té sur scène, ce 23 no­vembre, en as­su­rant la pre­mière par­tie de MHD sur la grande scène de la Co­opé­ra­tive de Mai à Cler­mont. Alors ? Im­pres­sions ? « Je me suis dit qu’il fal­lait tout don­ner. Qu’il fal­lait que je sai­sisse cette chance car tout le monde ne l’a pas […] ».

« Je n’étais pas trop stres­sé en fait. Sur­tout content. J’avais en­vie d’y al­ler. C’était avant le stress, mais pas au moment d’y al­ler […]. Il y a en­core beau­coup de choses à ap­prendre, beau­coup de tra­vail à faire, mais c’était bien quoi. J’ai eu de bons re­tours. J’ai vu des gens chan­ter mes mor­ceaux, j’étais im­pres­sion­né. J’ai com­pris que le tra­vail paye ».

Stan a pu faire dé­cou­vrir son pre­mier EP. X titres fa­çon Afro­trap. Pour l’en­vie de faire dan­ser tout le monde comme l’an­nonce le pre­mier mor­ceau. « Je suis par­ti sur l’afro­trap parce qu’il y avait MHD, et je me di­sais que, moi aus­si, j’avais des choses à dire ». Plus que la mu­sique, ce sont les mots qui meuvent Stan.

« Je suis tout le temps en train d’écrire des textes, Tout le temps. Je pense que l’on peut faire pas­ser des mes­sages en Afro­trap, mais pour­quoi ne pas al­ler vers des choses plus chan­son… » ?

Élève au ly­cée de MontFer­rand (Am­broise­bru­gière), en se­conde, Stan a peut­être un peu plus de mé­rite que les autres. Pour­quoi ? Juste parce qu’il est seul en France, à Cler­mont. Ses pa­rents sont au Ga­bon.

Pour­quoi ? Parce qu’il s’est fait en­rhu­mer par un pseu­do­agent qui lui a fait mi­roi­ter un pos­sible ave­nir foot­bal­lis­tique en forme de Pa­ris­saint­ger­main… Un triste clas­sique dans le monde du bal­lon rond qui a dé­jà vu pas mal de très jeunes joueurs afri­cains dont les pa­rents avaient, qui plus est, don­né de l’ar­gent au pseu­doagent, se faire avoir…

« Le foot là­bas ne re­pré­sente pas la même chose qu’ici. Tous les pa­rents au Ga­bon rêvent que leur en­fant de­vienne Au­ba­meyang (*). Mon père, qui est gref­fier, a ren­con­tré un jour un mon­sieur… »

« Que je sai­sisse cette chance car tout le monde ne l’a pas » « Au Ga­bon, tous les pa­rents rêvent que leur en­fant de­vienne Au­ba­meyang »

En­rhu­mé à Pa­ris donc, un jour de juillet 2014, puis ra­pi­de­ment exi­lé à Saint­flour, dans le Can­tal « quand le mon­sieur a com­pris que j’avais moi aus­si com­pris qu’il n’y au­rait pas de PSG, il m’a éloi­gné des autres qui étaient ve­nus avec moi. Je me suis re­trou­vé à SaintF­lour. Les autres étaient éblouis par le fait d’être en France. Moi j’avais ana­ly­sé la si­tua­tion… Au tout dé­but je dis pas, c’était bien, il nous ama­douait. Mais il y avait un truc qui n’al­lait pas. Il ne vou­lait pas que je mette ça dans la tête des autres… »

Le voi­là dé­sor­mais cler­mon­tois. Content de l’être mal­gré la si­tua­tion. Re­tour­ner chez lui n’est pas fa­cile. Mieux vaut cer­tai­ne­ment fi­nir ses études ici, et voir en­suite. Stan a du ta­lent et de la suite dans les idées. Le Stu­dio Bla­tin, à Cler­mont, l’a pris sous son aile. À suivre…

(*) Pierre­eme­ric Au­ba­meyang est un foot­bal­leur, in­ter­na­tio­nal ga­bo­nais. Il pos­sède la na­tio­na­li­té fran­çaise. Il évo­lue ac­tuel­le­ment Bo­rus­sia Dort­mund (Al­le­magne) et est no­tam­ment pas­sé par L’AS Saint­étienne.

STA­NIS-LAS. Elève de se­conde à Cler­mont, il vient de sor­tir son pre­mier EP bap­ti­sé so­bre­ment Sta­nis-las, avec le Stu­dio Bla­tin.

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