Ja­cky Maillot : « C’est usant de rou­ler dans le froid »

Le mé­de­cin de l’équipe FDJ juge les risques de s’en­traî­ner en pé­riode hi­ver­nale

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - Sports | Cyclisme -

At­ten­tion ac­ti­vi­té à risque. Une sor­tie à vé­lo par tem­pé­ra­ture hi­ver­nale peut être dé­con­seillée, ou du moins su­jette à des me­sures de pru­dence, de l’avis du doc­teur Ja­cky Maillot, res­pon­sable mé­di­cal de l’équipe FDJ.

Existe-t-il des li­mites aux sor­ties à vé­lo l’hi­ver ? Il est dif­fi­cile de dé­ter­mi­ner un seuil. Si le froid est sec, on peut al­ler en des­sous de zé­ro. Si l’hu­mi­di­té et le vent sont de la par­tie, c’est entre 0 et 5 de­grés, à condi­tion de prendre des pré­cau­tions. Il faut pro­té­ger et aus­si ré­duire les sor­ties, pas plus de deux heures. C’est usant de rou­ler dans le froid. On consomme plus d’éner­gie pour main­te­nir la tem­pé­ra­ture cor­po­relle, on doit pré­voir des ra­vi­taille­ments sup­plé­men­taires, etc. On dé­con­seille d’ailleurs aux cou­reurs d’être trop af­fû­tés. Les ré­serves li­pi­diques sont utiles.

Quels sont les risques prin­ci­paux ? L’ex­po­si­tion pro­lon­gée au froid peut in­duire des lé­sions cu­ta­nées, des pe­tites ger­cures aux en­ge­lures. Pro­té­ger les ex­tré­mi­tés est in­dis­pen­sable. Chez les pros, le froid fa­vo­rise les contrac­tions mus­cu­laires. On a be­soin d’un gros mas­sage en­suite. Il faut éga­le­ment faire at­ten­tion à d’éven­tuels pro­blèmes res­pi­ra­toires, prendre garde aux pos­si­bi­li­tés d’in­flam­ma­tion au ni­ veau des bronches. Si on a des an­té­cé­dents car­diaques, c’est même for­mel­le­ment contre­in­di­qué. L’asthme est aus­si un fac­teur im­por­tant de risque pour Mon­sieur tout le monde.

On com­prend donc pour­quoi les cou­reurs cherchent

Oui, même s’il y a une adap­ta­tion très per­son­nelle. Cha­cun ré­agit de ma­nière dif­fé­rente. J’ai le sou­ve­nir d’un cou­reur es­to­nien qui, l’hi­ver, par­ve­nait à faire 5 à 6 heures de home­trai­ner à l’in­té­rieur alors que, pour la plu­part des cou­reurs, 1 heure à 1 h 30, c’est le bout du monde. On com­mence à mieux connaître tout ce qui a trait à l’adap­ta­tion au chaud, on peut pro­gres­ser dans la connais­sance qui a trait au froid. C’est lo­gique : dans le cy­clisme, on est da­van­tage ex­po­sé aux fortes cha­leurs qu’au grand froid.

PRU­DENCE. « On consomme plus d’éner­gie pour main­te­nir la tem­pé­ra­ture cor­po­relle ». Le doc­teur de la FDJ est for­mel, il est pré­fé­rable de ne pas rou­ler trop longtemps sous des condi­tions hi­ver­nales.

des tem­pé­ra­tures plus clé­mentes...

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