Fi­nal très po­li­tique

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - France & Monde | Actualités -

Sobre, grave, li­bé­ré. Ain­si est ap­pa­ru Fran­çois Hol­lande pen­dant le dis­cours de ses der­niers voeux aux Fran­çais. On l’a même per­çu plein d’en­train pour dé­fendre son bi­lan, un pas­sage digne d’un can­di­dat po­ten­tiel à l’élec­tion pré­si­den­tielle. Mais fi­na­le­ment lui seul peut faire ce­la. Il ne peut dé­sor­mais comp­ter sur ses amis par­tis dans toutes les di­rec­tions de la pri­maire à gauche ou de la cam­pagne hors pri­maire, ils choi­si­ront leur pro­jet à por­ter plu­tôt que le quin­quen­nat à jus­ti­fier. Fran­çois Hol­lande a d’ailleurs te­nu cette ligne sans ja­mais faire de mea culpa sur tel ou tel échec.

On a vu un pré­sident par ailleurs of­fen­sif, qui ne veut pas lais­ser la France sans voix pour le temps qu’il lui reste à l’ély­sée. Ain­si il a ta­clé Fran­çois Fillon sur la dé­fense des ac­quis so­ciaux, Ma­rine Le Pen sur les dan­gers qu’elle fait cou­rir aux va­leurs de la Ré­pu­blique, Do­nald Trump sur la me­nace qu’il fait pe­ser sur la lutte contre le ré­chauf­fe­ment cli­ma­tique, Vla­di­mir Pou­tine sur le non­res­pect des fron­tières et le peu de cas fait aux vic­times des tra­gé­dies de la guerre en Sy­rie.

Bien sûr le pré­sident sor­tant a ou­vert son pro­pos sur un thème où il était at­ten­du : le ter­ro­risme, la mo­bi­li­sa­tion pour la sé­cu­ri­té, l’uni­té contre Daech. Cette sé­quence des tra­gé­dies du quin­quen­nat au­ra été celle qui a fait mu­ter le pré­sident nor­mal en chef d’état. Un cha­pitre qui lui a per­mis d’être gaul­lien dans l’at­ta­che­ment aux va­leurs com­munes et dans l’af­fir­ma­tion du mes­sage de la France en­vers le monde, tant par sa pa­role que par ses ac­tions.

À quelques mois de la fin de son quin­quen­nat, Fran­çois Hol­lande a été très po­li­tique. Non seule­ment il a mis en garde contre l’ex­tré­misme, il a ex­pri­mé sa vé­ri­té en es­quis­sant les dan­gers que font cou­rir les ten­ta­tions po­pu­listes dans notre pays, mais il a dé­si­gné la droite comme por­teuse d’un pro­gramme dan­ge­reux pour notre mo­dèle so­cial. Son choix se­ra la gauche, rien de sur­pre­nant. Et s’il fait le choix du camp, il n’a pas fait le choix du coeur. Seule conces­sion : il a ap­pe­lé cette gauche à se ras­sem­bler. Voeu pieux ? Pour la suite, il se­ra ré­ga­lien, lais­sant à d’autres la ba­taille de l’ave­nir.

BER­NARD STÉPHAN ber­nard.ste­phan@cen­tre­france.com

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