En­ra­ci­ner les va­leurs de la Ré­pu­blique

Le maire a plan­té un tilleul, sym­bole de la li­ber­té, de­vant la mai­son de quar­tier de Cham­pra­tel

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - Puy-de-dôme actualité - Jean-paul Gon­deau

Ja­mais mieux qu’en ces temps tra­giques, l’arbre de la li­ber­té n’a re­vê­tu une sym­bo­lique aus­si pal­pable. Le maire de Cler­montfer­rand, Oli­vier Bian­chi, en a plan­té un, hier ma­tin, à Cham­pra­tel. Non sans ob­ser­ver que la dé­mo­cra­tie et la Ré­pu­blique n’étaient pas for­cé­ment « éter­nelles ».

Se sou­ve­nir que le ri­tuel de l’arbre de la li­ber­té re­monte à la Ré­vo­lu­tion pour en cé­lé­brer sa crois­sance et sa puis­sance… Ja­mais cette sym­bo­lique n’a été aus­si ac­tuelle, comme l’a sou­li­gné, hier ma­tin, à Cham­pra­tel le maire Oli­vier Bian­chi, en plan­tant un tilleul et en dé­voi­lant une plaque « en mé­moire aux vic­times des at­ten­tats du 7 jan­vier 2015 ».

« Je suis sûr que les ac­quis de la Ré­pu­blique et de la dé­mo­cra­tie ne sont pas éter­nels », a dé­cla­ré un maire pas fran­che­ment op­ti­miste. Il fai­sait al­lu­sion à la res­pon­sa­bi­li­té des ci­toyens élec­teurs face au ter­ro­risme et à l’ex­tré­misme. Il était en­tou­ré du sur­vi­vant de Char­lie Heb­do, Gé­rard Gaillard, de la rec­trice Ma­rie­da­nièle Cam­pion, d’élus mu­ni­ci­paux et in­ter­com­mu­nau­taires, de col­lé­giens et ly­céens de Saint­alyre et Al­bert­ca­mus, du di­rec­ teur gé­né­ral de la fon­da­tion Alexandre­va­renne, Phi­lippe Page. Des élèves ont ré­ci­té des poèmes de Ro­bert Des­nos et d’apol­li­naire, le pre­mier mort en camp de concen­tra­tion et le se­cond, tré­pan­né pen­dant la Grande Guerre.

Une fois l’arbre plan­té, les in­vi­tés ont (re) dé­cou­vert les émou­vantes pho­tos de Fran­cis De­bai­sieux, du por­trait de Mi­chel Re­naud à la ma­ni­fes­ta­tion du 11 jan­vier 2015 qui avait ras­sem­blé 70.000 per­sonnes dans les rues de Cler­mont. En vis­à­vis, un pan­neau de des­sins sco­laires réunis par la fon­da­tion Alexandre­va­renne pour rap­pe­ler par la voix de son di­rec­teur, Rémi Bou­quet des Chaux que Mi­chel Re­naud et les jour­na­listes de Char­lie « sont morts parce qu’ils s’ex­pri­maient dans un pays libre ».

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