Phi­lo­so­pher… dit­il

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - Mag dimanche - Ga­vin’s Cle­mente Ruiz

Nous avons tous eu, cher lec­teur, un être cher qui s’en est al­lé. À plu­sieurs mo­ments de la jour­née, de l’an­née, de la vie, ces proches re­viennent à notre mé­moire. Ils nous parlent se­crè­te­ment, ils nous donnent à pen­ser. Et au­jourd’hui à mé­di­ter cette phrase fa­meuse : « Phi­lo­so­pher, c’est ap­prendre à mou­rir ».

Cette sen­tence est ti­rée des Es­sais de Mon­taigne, au Livre 1, cha­pitre 20. Car rien n’est plus ab­surde que la mort. La mort n’est rien fi­na­le­ment, car vi­vant nous ne la connais­sons et mort, nous ne sommes plus là pour l’ex­pé­ri­men­ter. Donc, Mon­taigne nous ap­prend à vivre, nous in­cite à jouir, à ai­mer, à re­gar­der la mort en face. Elle peut ar­ri­ver, là, tout de suite, main­te­nant, en li­sant ces lignes, comme une autre fois. Qu’im­porte après tout !

Car l’es­sen­tiel est d’avoir vé­cu, elle ne nous pren­dra pas par sur­prise, puisque nous l’avons in­té­grée à notre vie. Il ne faut pas non plus nier la mort, bien au contraire. C’est même en la fai­sant sienne, en l’éprou­vant, en la connais­sant qu’on vi­vra mieux, sans re­gret. On res­sort gran­di de cet exer­cice pro­po­sé par Mon­taigne.

Il faut vivre, vivre, vivre. Rien de mieux pour se pré­pa­rer à notre fin iné­luc­table. Tiens, je crois que je vais al­ler m’ache­ter un pain au cho­co­lat.

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