Ve­nise d’île en île et au fil de l’eau

L’eau est om­ni­pré­sente du Pô aux ca­naux et à la la­gune. Rien de mieux qu’un ba­teau de croi­sière pour ap­pré­cier Ve­nise, la ville et ses îles.

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - Mag dimanche -

Ve­nise perd de­puis long­temps des ha­bi­tants (il en reste 54.000) mais gagne tou­jours plus de tou­ristes jus­qu’à rendre la vie quo­ti­dienne in­sup­por­table en pleine sai­son, lorsque les pa­que­bots de la taille d’une pe­tite ville agressent l’éco­sys­tème et dé­versent cha­cun des mil­liers de vi­si­teurs dans des rues sur­chauf­fées où il est im­pos­sible d’avan­cer.

Des ban­de­roles, sur les fa­çades in­diquent ici et là le ras­le­bol des Vé­ni­tiens. L’in­quié­tude qui pèse sur une ci­té fra­gi­li­sée par le tou­risme de masse et le ré­chauf­fe­ment cli­ma­tique est illus­trée par les ti­ta­nesques tra­vaux de pro­tec­tion en­tre­pris de­puis des an­nées au large afin de la pro­té­ger des eaux.

Mais, Ve­nise, la ma­jeure par­tie de l’an­née, reste bien un pa­ra­dis dont on peut avoir un goût avec Croi­sieu­rope dont la croi­sière, qui n’en a que le nom, puisque le MS Mi­che­lan­ge­lo na­vigue peu, juste le temps de quelques es­ca­pades dans la la­gune, jus­qu’aux îles voi­sines.

Amar­ré dans deux en­droits stra­té­giques des quais, il per­met à ses pas­sa­gers de dé­cou­vrir ou de re­trou­ver une ville sans nulle pa­reille.

Une île

Tous les che­mins mènent à Ve­nise, an­nonce le croi­sié­riste, qui, avec son ba­teau fa­mi­lial (158 pas­sa­gers au maxi­mum) per­met de plei­ne­ment pro­fi­ter du site qui voit le Pô, le plus grand fleuve d’ita­lie, se muer en la­gune avant de se je­ter dans la Mer Adria­tique. Le del­ta du Pô est du reste clas­sé au Pa­tri­moine mon­dial par l’unes­co.

Ve­nise est pré­sen­tée par les pro­fes­sion­nels du tou­risme comme une île plu­tôt qu’une ville, avec ses mil­liers de pieux de bois. Ve­nise au­jourd’hui ap­pa­raît sur­tout comme un mu­sée à ciel ou­vert flan­qué de 118 îlots, 177 ca­naux et 400 ponts ! Le dé­pay­se­ment, même si on connaît la ville, est im­mé­diat.

Ve­nise reste en de­hors du quo­ti­dien, mar­quée par l’his­toire, la mu­sique de Vi­val­di ou de Mon­te­ver­di, le sou­ve­nir de Ca­sa­no­va et de mul­tiples écri­vains dont George Sand qui a sé­jour­né à l’hô­tel Da­nie­li, pa­lace 5 étoiles proche de la place Saint­marc, l’âme de Ve­nise avec le cam­pa­nile le plus haut de la ville, re­cons­truit au dé­but du XXE siècle à l’iden­tique après que le pré­cé­dent se soit ef­fon­dré. La ba­si­lique, éga­le­ment re­cons­truite à par­tir de 1043, des­sine une croix grecque flan­quée de cinq cou­poles et offre une fa­çade de plus de 50 mè­ tres de long, en­ri­chie de mo­saïques.

Même en pleine sai­son, le vi­si­teur peut échap­per à l’in­va­sion tou­ris­tique. En mar­chant quelques mètres, aus­si sou­vent qu’il le sou­haite, il se re­trouve seul, ou presque. Un ins­tant ma­gique…

Croi­sieu­rope ré­serve des es­ca­pades en di­rec­tion des îles. Mu­ra­no c’est le verre, bien sûr, avec la ra­pide vi­site d’un ate­lier où un souf­fleur de verre exé­cute une dé­mons­tra­tion, et du ma­ga­sin de vente at­te­nant. Mu­ra­no croule sous les flots de tou­ristes et vit de sa ré­pu­ta­tion.

Beau­coup plus in­té­res­sante est la dé­cou­verte de l’île voi­sine de Bu­ra­no, avec le clo­cher de l’église San Mar­ti­no qui penche au­des­sus d’un bourg dont les fa­çades des mai­sons sont co­lo­rées et té­moignent de l’âge d’or des pê­cheurs. Dans les rues, on croise des den­tel­lières qui tra­vaillent sur le pas de leur porte, ou, heu­reux ha­sard, un pho­to­graphe de mode qui mul­ti­plie les prises de vue d’une élé­gante jeune femme, dans ce dé­cor co­lo­ré où le vent agite le linge qui sèche dans les rues.

Une vieille dame, à la fe­nêtre du pre­mier étage de sa mai­son ob­serve la vie qui va. A deux pas de chez

elle, une fa­çade in­té­gra­le­ment dé­co­rée rap­pelle un ré­cent ma­riage. Bu­ra­no a conser­vé sa per­son­na­li­té qu’elle af­fiche en toute quié­tude.

Pa­doue

D’autres îles de la la­gune, sou­vent mo­destes, sont aban­don­nées et flan­quées de bâ­ti­ments en ruine.

Autre étape, la ville de Chiorg­gia, de la­quelle les croi­sié­ristes em­barquent à bord d’un bus pour se rendre à Pa­doue, qui compte 230.000 ha­bi­tants et 60.000 étu­diants.

Le tour de ville est mar­qué, bien en­ten­du, par la vi­site de l’église Saint­an­toine, une grande ba­si­lique en­ri­chie de dômes by­zan­tins et de tours de mi­na­rets.

Cé­lèbre dans le monde chré­tien, elle abrite la tombe de saint An­toine et ses re­liques… Saint­an­toine, pré­di­ca­teur ca­no­ni­sé en 1232, a été dé­cla­ré Doc­teur de l’église en 1946. Il per­met, dit­on, de re­trou­ver les ob­jets per­dus et les choses ou­bliées. Il donne lieu à une im­mense fer­veur po­pu­laire.

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