Si­mi­li spleen en Corrèze

Les der­niers voeux du pré­sident, hier, à Tulle

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - France & monde actualités - Alain Al­bi­net alain.al­bi­net@cen­tre­france.com

La der­nière cé­ré­mo­nie de voeux aux Cor­ré­ziens du pré­sident de la Ré­pu­blique a pris des airs de tes­ta­ment po­li­tique.

Li­bé­ré à contre­coeur d’une cam­pagne pré­si­den­tielle qu’il au­rait ai­mé me­ner pour un se­cond man­dat, Fran­çois Hol­lande s’est of­fert, ven­dre­di après­mi­di et sa­me­di, une tour­née sen­ti­men­tale et po­li­tique sur ses an­ciennes terres d’élec­tion.

Sen­ti­men­tale dans le sens où, flir­tant avec la nos­tal­gie de 36 ans de pré­sence en Corrèze, il a re­ven­di­qué son at­ta­che­ment à ce ter­ri­toire ru­ral « et à ses va­leurs de so­li­da­ri­té, d’en­ga­ge­ment et de cou­rage ». Po­li­tique aus­si avec le be­soin d’ex­pli­quer et d’as­su­mer l’ac­tion qu’il a me­née du­rant son man­dat.

Voeux et peu d’aveux

De­vant 1.200 per­sonnes, hier après­mi­di à Tulle, Fran­çois Hol­lande a avoué, fa­ta­liste : « Je n’avais pas été élu pour aug­men­ter le bud­get de l’ar­mée, ni pour faire vo­ter trois lois an­ti­ter­ro­ristes, une sur le ren­sei­gne­ment, et l’état d’ur­gence ». Pé­da­gogue, il a rap­pe­lé « la res­pon­sa­bi­li­té de la France… Une na­tion so­li­daire qui pense le monde glo­ba­le­ment », en s’ap­puyant sur « l’ac­cord his­to­rique » de la COP 21. Af­fec­tant la pos­ture du père de la Ré­pu­blique, il a jus­ti­fié sa ré­forme ter­ri­to­riale en la com­pa­rant avec l’abo­li­tion de la peine de mort par Fran­çois Mit­ter­rand. « Il en se­ra de même avec le ma­riage pour tous », a­t­il ajou­té. Des ré­formes pour les­quelles « il faut sa­voir te­nir le cap. En­suite c’est l’his­toire qui juge ».

Après des voeux pour le sou­tien « à une agri­cul­ture de qualité », mais pas d’aveux sur les dis­po­si­tifs so­ciaux et éco­no­miques qu’il a mis en place : « qui les re­met en cause ? » ; le pré­sident a pris le re­cul du sage pour évo­quer la pé­riode qui s’an­nonce.

Ap­pel à la vi­gi­lance

« Ce qui compte le plus au­de­là des mé­ca­nismes, c’est la confiance », a sou­li­gné le chef de l’état. « C’est là le grand su­jet. Ce qui mine au­jourd’hui la dé­mo­cra­tie. Ce qui créé ce ma­laise, c’est la dé­fiance, le doute. Le monde fait peur, et c’est vrai qu’il est in­cer­tain ». Et d’in­sis­ter : « Les désordres cli­ma­tiques, les mou­ve­ments de po­pu­la­tions, les ré­fu­giés… L’eu­rope in­quiète aus­si. Tout in­quiète. La France elle­même qui doute tou­jours de son des­tin… alors que nous ne ces­sons d’avan­cer… Cette peur peut faire cha­vi­rer cer­tains es­prits ».

Fran­çois Hol­lande a conclu en dé­non­çant « l’égoïsme des na­tions » et « la ten­ta­tion du re­pli in­di­vi­duel… Je vous ap­pelle à être vi­gi­lant, à ne ja­mais re­mettre en ques­tion la dé­mo­cra­tie. Tout peut bas­cu­ler. Mon rôle est au­jourd’hui de vous le dire bien en face » !

GRA­VI­TÉ. « Tout peut bas­cu­ler dans la sur­en­chère », a pré­ve­nu F. Hol­lande. « Comme si une bonne purge pou­vait soi­gner le ma­lade. Mais nous ne sommes pas ma­lades ». PHOTO A. GAUDIN

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