Per­cée

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - 7 jours en politique - Claude Lesme

Em­ma­nuel Ma­cron est, pour le mo­ment, le seul can­di­dat dé­cla­ré à l’élec­tion pré­si­den­tielle à se trou­ver dans une dy­na­mique du­rable, alors que Fran­çois Fillon après la sur­prise de la pri­maire de la droite coince avec des pro­po­si­tions de ré­formes ra­di­cales qui ont sé­duit 4 mil­lions d’élec­teurs conser­va­teurs mais ef­fraient une ma­jo­ri­té des 44 mil­lions d’élec­teurs fran­çais.

De­puis son dé­part du gou­ver­ne­ment, l’an­cien mi­nistre de l’éco­no­mie fait une per­cée qui ne se dé­ment pas dans la jeu­nesse « connec­tée » mais aus­si chez les Fran­çais qui veulent que « ça bouge », en mal de re­nou­vel­le­ment et dé­si­reux de li­bé­rer la so­cié­té de ma­nière rai­son­nable sans faire ex­plo­ser le mo­dèle social is­su de la Ré­sis­tance.

Alors que Ma­nuel Valls se dé­na­ture en la jouant à contre­em­ploi pour en­gran­ger sur sa gauche lors de la pri­maire, Em­ma­nuel Ma­cron se re­trouve sur un bou­le­vard en at­ti­rant de plus en plus d’élec­teurs so­ciaux­dé­mo­crates sou­hai­tant vo­ter utile mais aus­si d’élus so­cia­listes dé­pi­tés par le spec­tacle of­fert par une ma­jo­ri­té en dé­com­po­si­tion.

Fran­çois Fillon ne se ré­jouit pas non plus de la per­cée de Ma­cron qui dans les der­niers son­dages, en l’absence de Valls, se rap­proche d’une qua­li­fi­ca­tion au deuxième tour de la pré­si­den­tielle tan­dis que Ma­rine Le Pen quoique moins frin­gante reste dans la course. Fillon de­vient donc un sup­por­ter de Valls qui re­pré­sente pour lui une sorte de sé­cu­ri­té so­ciale pour ga­gner en fi­nale face à la can­di­date d’ex­trême droite.

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