Fritz Lee : « Je ne suis pas mé­chant ! »

Choc au stade Mi­che­lin, avec le Néo­zé­lan­dais au cou­loir de la 3e ligne

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - Sports Rugby - Interview Va­lé­ry Le­fort Van der Merwe. Le 2e ligne sud-afri­cain a pro­lon­gé de deux ans avec Cler­mont.

Il ne vou­drait pas que ses trois pas­sages de­vant la com­mis­sion de dis­ci­pline en 2016 donnent de lui « une fausse image ». Fritz Lee, joueur de com­bat ? « Oui, mais je ne suis pas un mé­chant gar­çon » !

Quand il a été ci­té une troi­sième fois dans l’an­née dé­but dé­cembre pour un pla­quage dan­ge­reux sur un Lyon­nais, les di­ri­geants cler­mon­tois ont eu comme un fris­son. Celui de voir une de leurs meilleures armes res­ter un long mo­ment au fri­go alors que des échéances ma­jeures se pro­fi­laient à l’ho­ri­zon.

Avec trois ­ nou­velles ­ se­maines de sus­pen­sion, Fritz Lee (28 ans ; 1,90 m ; 108 kg) s’en est fi­na­le­ment plu­tôt bien ti­ré au re­gard de son frais pas­sif. « Je suis dé­so­lé, lâche­t­il dans un sou­rire sy­no­nyme de contri­tion. J’es­père que tout ce­la est der­rière moi. Dé­jà, j’ai ra­té la Coupe d’eu­rope. J’ai mal vé­cu cette pé­riode ».

Avec une prio­ri­té à ses yeux : ne pas lais­ser croire qu’il joue in­ten­tion­nel­le­ment avec le feu. « Je ne suis pas un gar­çon mé­chant. Je suis dé­so­lé de ces car­tons. On en a par­lé avec les coachs pour es­sayer de gom­mer ce­la. Moi, ce que j’aime, c’est jouer au rug­by ». Ce soir, après son re­tour à Tou­louse, le Néo-Zé­lan­dais et sa nou­velle tête se­ront ser­vis face à Toulon. Un choc « ma­jeur » qu’il en­tend abor­der avec « en­vie », au gré d’un phy­sique au­jourd’hui re­con­nu et craint sur tous les ter­rains du Top 14.

C’est quoi cette nou­velle coupe de che­veux ? On di­rait Mis­ter T… Vous n’ai­mez pas ? (il s’es­claffe). D’ha­bi­tude, mon coif­feur n’en en­lève pas au­tant sur les cô­tés mais là, si ! Je n’ai pas choi­si (rire). Voi­là : à nou­velle an­née nou­velle coif­fure ! Pour un nou­veau dé­part.

Avec un gros match pour dé­bu­ter l’an­née… Oui, c’est bien. Toulon, c’est l’as­su­rance d’un très gros com­bat. Eux aus­si, ils cherchent tou­jours à ga­gner. Mais sans man­quer de res­pect à per­sonne, concen­trons­nous sur ce que nous sommes ca­pables de pro­duire. On se met nous­mêmes la pres­sion chaque se­maine pour réus­sir au mieux.

Toulon, ce­la re­pré­sente quoi pour vous ? Un grand club, com­ me ici. Ce sont deux grandes équipes. Sur le ter­rain, ils n’ont que des joueurs de re­nom. Ce que je re­tiens de nos af­fron­te­ments, c’est leur puis­sance. Ils sont dif­fi­ciles à bou­ger.

No­tam­ment en troi­sième ligne ! Oui. Quand on voit les noms qu’ils alignent, on sait que pour Da­mien (Chou­ly, Ndlr), Vi­to (Ko­le­li­sh­vi­li, Ndlr) et moi, puis aus­si pour Pe­ce­li (Ya­to, Ndlr) qui en­tre­ra en jeu, ce se­ra un gros chal­lenge qui nous at­tend. Mais on est prêt.

D’au­tant que Toulon, c’est un mau­vais sou­ve­nir ici… Le match de l’an pas­sé, je l’avais sui­vi en tri­bunes. Ce­la avait été un cau­che­mar pour nous. On n’a pas ou­blié, pas plus que je n’ai ou­blié la fi­nale de Coupe d’eu­rope per­due (en 2015).

On vous ima­gine aus­si im­pa­tient après ces sus­pen­sions ? Oui, mais ce­la a été dif­fi­cile à vivre pour moi. Quand tu ne joues pas beau­coup, c’est plus com­pli­qué. Moi, j’ai be­soin d’être sur le ter­rain pour me sen­tir bien. Là, j’étais sur­tout frus­tré. Les se­maines m’ont pa­ru in­ter­mi­nables et je me suis dé­fou­lé et concen­tré sur l’en­traî­ne­ment. Mais ce n’est pas pa­reil.

« Ce n’est ja­mais in­ten­tion­nel. Quand vous dé­ci­dez de pla­quer, ce­la va très vite vous sa­vez… »

Ces rap­pels à l’ordre suc­ces­sifs vous obligent-ils à chan­ger votre fa­çon de jouer ? Non, ce sont plus les cir­cons­tances qui ont été contre moi. Je ne suis pas mé­chant. J’ai tou­jours joué de la sorte et je n’ai pas sou­vent été sanc­tion­né. Deux fois comme ça en si peu de temps, ce­la ne m’était même ja­mais ar­ri­vé de toute ma car­rière ! Là, c’est plus de la mal­chance qu’autre chose.

Vous vous sen­tez da­van­tage sur­veillé ? Non, mais on a évo­qué le su­jet avec Franck pour voir comment on pou­vait évi­ter ce genre de chose à l’ave­nir. Il ne m’a pas vrai­ment de­man­dé de chan­ger ma fa­çon de jouer, juste d’être plus at­ten­tif sur le ter­rain. Ça va très vite vous sa­vez dans un match, et ce n’est ja­mais in­ten­tion­nel de ma part quand je dé­cide un pla­quage.

Vous vous sen­tez cadre dans ce groupe ? Non, je ne vois pas les choses ain­si. Je me sens au ser­vice du groupe. C’est l’équipe qui prime sur tout le reste.

RACÉ. Comme ici face au Ra­cing et l’an­cien Tou­lon­nais Ali Williams, Fritz Lee en­tend ap­por­ter ce soir sa puis­sance au coeur du com­bat. PHOTO FRED MARQUET

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