« Les aban­don­nés de La Poste »

200 ha­bi­tants et élus mo­bi­li­sés pour leur com­mune

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - Puy-De-Dôme Actualité - Pierre Pey­ret pierre.pey­ret@cen­tre­france.com

Deux cents ha­bi­tants et élus de Blan­zat, Sauxil­langes et autres com­munes se sont ras­sem­blés, hier ma­tin, à Cler­mont-fer­rand. Ils dé­noncent la fer­me­ture de bu­reaux de poste.

Ils se dé­crivent comme « le club des aban­don­nés de La Poste ». Mal­gré la neige, quelque deux cents ha­bi­tants et élus des com­munes de Blan­zat, Sauxil­langes, Cunl­hat, Les Martres­de­veyre ou en­core St­dier d’au­vergne ont ef­fec­tué, hier, le dé­pla­ce­ment à Cler­mont­fer­rand.

Ha­bi­tués à re­nou­ve­ler pé­ti­tions et ma­ni­fes­ta­tions dans leur com­mune à tra­vers les col­lec­tifs et grou­pe­ments qu’ils ont mon­tés, ils ont dé­ci­dé de se ras­sem­bler et d’agir en­semble pour la pre­mière fois. Le lieu n’a pas été choi­si par ha­sard : La poste de Saint­eloi, si­tuée au coeur du centre­ville cler­mon­tois.

Am­pli­tude ho­raire di­vi­sée par deux

Tous dé­noncent, de­puis plu­sieurs mois, les fer­me­tures de bu­reaux de poste et autres ré­duc­tions d’am­pli­tude ho­raire dé­ci­dées « sans concer­ta­tion » par la di­rec­tion de La Poste.

À Blan­zat, de­puis avril der­nier, l’am­pli­tude ho­raire est pas­sée de 28 heures à 15 heures par se­maine, se dé­sole Sté­pha­nie Lo­bo, une ad­jointe au maire. Le bu­reau est dé­sor­mais ou­vert de 9 heures à 10 h 30 et de 14 h 30 à 16 heures. « Pour ceux qui tra­vaillent, c’est im­pos­sible de s’y rendre. » Tout en poin­tant du doigt la dé­ gra­da­tion des condi­tions de tra­vail du fac­teur­gui­che­tier. Autre exemple, à Sauxil­langes. De­puis le 1er jan­vier, c’est l’ou­ver­ture du lun­di qui a été sup­pri­mée. « Il est en­core trop tôt pour consta­ter les consé­quences mais ce­la va af­fec­ter cer­tains com­mer­çants. Un sa­von­nier s’est ins­tal­lé sur la com­mune il y a peu. Il tra­vaille prin­ci­pa­le­ment par In­ter­net. Il a be­soin de pou­voir ef­fec­tuer ses li­vrai­sons dès que pos­sible », illustre Bri­gitte Cos­nier, conseillère mu­ni­ci­pale de la com­mune.

« Pu­re­ment ar­bi­traire »

Que ce soit pour Cunl­hat, Saint­dier, Vic­le Comte ou Les Martres­deVeyre, la di­rec­tion de La Poste met en avant la baisse d’ac­ti­vi­té et de fré­quen­ta­tion pour jus­ti­fier ses choix. « Nous en sommes conscients », re­con­naît la conseillère mu­ni­ci­pale de Sauxil­langes. « Leur cri­tère, c’est qu’il fal­lait au moins 80 per­sonnes par jour. On les avait ! Mais pour­tant ils ont fer­mé. Cette dé­ci­sion est pu­re­ment ar­bi­traire ».

Pour les élus pré­sents, qu’ils soient de com­munes ru­rales ou pé­ri­ur­baines, de droite comme de gauche, le ré­sul­tat est le même : une perte d’at­trac­ti­vi­té pour leur com­mune.

Tous dé­noncent par ailleurs une stra­té­gie d’étouf­fe­ment. « Plus ils ré­duisent les ho­raires, moins il y au­ra de monde et plus ils pour­ront jus­ti­fier des fer­me­tures », re­lève Pierre Riol, le maire de Pé­ri­gnat­lès­sar­liève.

MA­NI­FES­TA­TION. Après un ras­sem­ble­ment de­vant la poste, le cor­tège a pris la di­rec­tion de la pré­fec­ture. PH. PIERRE PEY­RET

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