Amé­dée-gas­quet et le style Art dé­co

A la re­dé­cou­verte de l’his­toire des éta­blis­se­ments cler­mon­tois d’en­sei­gne­ment

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - Clermont Vivre Sa Ville - Pierre-ga­briel Gon­za­lez pgg@orange.fr

D’ab­baye en or­phe­li­nat, de col­lège hô­te­lier en école nor­male, la des­ti­née de l’éta­blis­se­ment qui nous in­té­resse ce di­manche n’en fi­nit pas de nous éton­ner !

En 1924, la mu­ni­ci­pa­li­té cler­mon­toise dé­cide de dé­mé­na­ger L’école pro­fes­sion­nelle, si­tuée rue Si­doine­apol­li­naire (voir notre chro­nique du 8 jan­vier). Elle se­ra rem­pla­cée par une école pri­maire su­pé­rieure de filles.

L’idée des édiles est de cons­truire un éta­blis­se­ment fonc­tion­nel et bien adap­té à la fi­lière tech­nique à la place d’une par­tie des an­ciens bâ­ti­ments de la rue Jean­bap­tiste­tor­ril­hon ac­quis pour la somme de 140.000 francs après la li­qui­da­tion des biens des Frères des Écoles chré­tiennes en 1913.

Re­pré­sen­ta­tif des an­nées 20 et conçu par l’ar­chi­tecte Er­nest Pin­cot (1891­1941)

En exa­mi­nant sa fa­çade prin­ci­pale, l’ac­tuel Ly­cée Amé­déeGas­quet se pré­sente comme un en­semble très re­pré­sen­ta­tif, dans sa re­la­tive so­brié­té, des an­nées 1920. Conçu par l’ar­chi­tecte Er­nest Pin­cot (1891­1941), son dé­cor ex­té­rieur al­lie les tons de gris, d’ocre et de brique. Ses corps la­té­raux res­semblent à deux im­po­santes tours de garde. Elles en­serrent un ti­mide corps cen­tral qui a un peu l’air d’être le pri­son­nier de ses cos­tauds voi­sins… Les deux fron­tons rap­pellent les éta­blis­se­ments qui la com­po­saient à son ori­gine : une école pri­maire su­pé­rieure de gar­çons et école pra­tique de com­merce et d’in­dus­trie. Ses portes mo­nu­men­tales en fer for­gé, en­ca­drées d’ogives en re­lief en pierre de Vol­vic, pro­clament haut et fort les va­leurs de l’époque : « Vé­ri­té et Pro­grès » sur le cô­té gauche et « Science et Tra­vail » pour la par­tie droite.

L’en­sei­gne­ment à « l’école prof »

L’ap­par­te­nance de l’éta­blis­se­ment à la ville de Cler­mont est lar­ge­ment rap­pe­lée. Les armes de la ci­té sont en bonne place. Elle est en­core ren­for­cée par quatre car­touches mo­no­gram­més de « CF » en­tre­la­cés.

Après de mul­tiples évo­lu­tions, dans les an­nées 1930, l’éta­blis­se­ment prend le nom de « Col­lège tech­nique Amé­dée­gas­ quet » et pré­pare au « Bre­vet com­mer­cial » dé­li­vré par la So­cié­té de comp­ta­bi­li­té de France. Etant en­ten­du que les meilleurs élèves peuvent s’orien­ter vers le concours d’en­trée à l’école Su­pé­rieure de com­merce.

D’autre part, l’en­sei­gne­ment in­dus­triel com­porte un tronc com­mun de deux ans qui dé­bouche sur une troi­sième an­née pré­pa­rant aux CAP et à des bre­vets in­dus­triels dans les spé­cia­li­tés sui­vantes : forge, ajus­tage, ser­ru­re­rie, me­nui­se­rie, sculp­ture, char­ron­nage, ébé­nis­te­rie. Une qua­trième an­née per­met aux meilleurs élèves de se pré­pa­rer au concours des Arts et Métiers. Au sor­tir de la Se­conde Guerre mon­diale, la confi­gu­ra­tion des en­sei­gne­ments a en­co­ re évo­lué. Au tronc com­mun est ve­nu s’ajou­ter un cours de tra­vaux pu­blics pré­pa­rant au di­plôme d’in­gé­nieur BTP.

D’autre part, l’école hô­te­lière et ther­male pour­suit ses en­sei­gne­ments sous la nou­velle dé­no­mi­na­tion de col­lège hô­te­lier. L’en­semble dé­pen­dant tou­jours de la ville de Cler­mont. Dans les an­nées 1950, les dif­fé­rentes ré­formes du sys­tème édu­ca­tif vont faire beau­coup évo­luer les dé­no­mi­na­tions et les ma­tières en­sei­gnées.

SYMÉTRIQUE. Bien res­tau­rée la fa­çade prin­ci­pale « d’amé­dée » rap­pelle fiè­re­ment sa vo­ca­tion. PHO­TO PGG

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