Fran­çois Fillon se montre in­flexible

Le can­di­dat de la droite, of­fi­ciel­le­ment in­ves­ti, pro­met de res­ter fi­dèle à son pro­gramme

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - France & Monde Actualités - Avec Sar­ko­zy. Fran­çois Fillon a ren­con­tré ven­dre­di mi­di l’ex-pré­sident Ni­co­las Sar­ko­zy pour la pre­mière fois de­puis le der­nier dé­bat d’avant le pre­mier tour de la pri­maire, mi-no­vembre, a-t-on in­di­qué dans son en­tou­rage.

« Je ne vais pas chan­ger ce que je crois et ce que je veux en fonc­tion des va­peurs des uns et des in­jonc­tions du mi­cro­cosme », a pré­ve­nu le can­di­dat Fillon, qui prône « la ré­vo­lu­tion de bon sens ».

Fran­çois Fillon, tou­jours fa­vo­ri des son­dages à trois mois de la pré­si­den­tielle, a été of­fi­ciel­le­ment in­ves­ti hier, à Pa­ris, can­di­dat de la droite, pro­met­tant de « ne cé­der à au­cune in­ti­mi­da­tion » ve­nue de la gauche ou de son propre camp.

De­vant le Con­seil na­tio­nal de son par­ti réuni à la Mu­tua­li­té en pré­sence de plus de 2.500 per­sonnes, se­lon les or­ga­ni­sa­teurs, l’ex­pre­mier mi­nistre s’est mon­tré dé­ter­mi­né à ne « pas chan­ger » son pro­jet, qua­li­fié de « bru­tal » par ses ad­ver­saires de gauche. Et de son camp, d’où fusent éga­le­ment des cri­tiques, il at­tend de la « dis­ci­pline ».

« Ce pro­jet, je vais l’ex­pli­quer, je vais le pré­ci­ser, l’en­ri­chir de vos meilleures idées, mais pas de zig­zags, pas de ca­mo­mille. Je m’ap­pelle Fran­çois Fillon, pas Fran­çois Hol­lande », a pré­ve­nu le can­di­dat de la droite, qui a tou­te­fois dé­jà dû mo­di­fier son pro­jet de ré­forme de l’as­su­rance­ma­la­die, face aux cri­tiques.

Le dé­pu­té de Pa­ris a dé­clen­ché les ap­plau­dis­se­ments de l’as­sis­tance en ré­af­fir­mant avec force qu’il n’abro­ge­rait pas la loi sur l’in­ter­dic­tion du cu­mul des man­dats, mal­gré la bron­ca d’élus de sa propre fa­mille po­li­tique, tels Laurent Wau­quiez, Ch­ris­tian Ja­cob ou Jean­fran­çois Co­pé (ab­sent).

« Com­ment nos conci­toyens pour­raient­ils com­prendre que nous nous oc­cu­pions de nous­mêmes au lieu de nous oc­cu­per d’eux ? », a­t­il de­man­dé. « Ce se­rait un bien mau­vais dé­but de man­dat, pour moi comme pour tous les par­le­men­taires de notre ma­jo­ri­té ».

Il avait re­çu, plus tôt, l’ap­pui de Ber­nard Ac­coyer : « Ce n’est pas en per­sis­tant à faire de la fin du cu­mul des man­dats un su­jet aus­si im­por­tant que la si­tua­tion de la France que nous réus­si­rons à at­teindre notre ob­jec­tif de vic­toire », a mis en garde le se­cré­taire gé­né­ral des Ré­pu­bli­cains.

S’il est élu en mai pro­chain, l’an­cien Pre­mier mi­nistre ne ré­ta­bli­ra pas non plus la dé­fis­ca­li­sa­tion des heures sup­plé­men­taires, ré­cla­mée par des membres de son camp, l’une des me­sures phares du quin­ quen­nat de Ni­co­las Sar­ko­zy.

« Si on ré­in­tro­duit la dé­fis­ca­li­sa­tion des heures sup­plé­men­taires, alors l’in­té­rêt de né­go­cier un al­lon­ge­ment de la du­rée du tra­vail dis­pa­raît : pour les sa­la­riés et même les en­tre­prises, il vau­dra bien mieux res­ter aux 35 heures et bé­né­fi­cier des avan­tages fis­caux et so­ciaux dès la 36e heure », a­t­il ex­pli­qué.

« Il m’ar­rive d’en­tendre cer­tains à droite uti­li­ser les mêmes mots que la gauche… Que ma vic­toire ait pu dé­ce­voir cer­tains je puis le conce­voir, mais j’at­tends de mon par­ti de la res­pon­sa­bi­li­té et de la dis­ci­pline », a­t­il lan­cé.

« J’at­tends de mon par­ti de la res­pon­sa­bi­li­té et de la dis­ci­pline »

« Pas plus de ré­fu­giés »

Fran­çois Fillon a éga­le­ment pro­mis d’oeu­vrer pour la pa­ri­té parce qu’il ne veut « pas d’un par­ti mi­so­gyne », alors que seules 36 % de femmes ont été in­ves­ties pour les pro­chaines lé­gis­la­tives, en pro­gres­sion tou­te­fois de onze points par rap­port à 2012.

En cas de vic­toire, a fait sa­voir de son cô­té Bru­no Le Maire, l’un de ses proches conseillers, Fran­çois Fillon « n’ac­cep­te­ra pas plus de ré­fu­giés » qu’à l’heure ac­tuelle mal­gré les ap­pels à la so­li­da­ri­té en­voyés par l’al­le­magne.

DÉCLARATION. « Pas de zig­zags, pas de ca­mo­mille. Je m’ap­pelle Fran­çois Fillon, pas Fran­çois Hol­lande ». PHO­TO AFP

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