« Le me­tal reste un style mar­gi­nal »

Ma­rio Du­plan­tier et Go­ji­ra se­ront à la Co­opé­ra­tive de Mai, à Cler­mont­fer­rand, le mar­di 24 jan­vier

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - Si on sortait - Gré­goire Nartz Ga­le­rie d’art. Ma­rio Du­plan­tier est is­su d’une grande fa­mille d’ar­tistes, puisque ses pa­rents, sa soeur et son frère ont tous dé­ve­lop­pé des dons pour les arts, no­tam­ment pic­tu­raux. Jo­seph a ain­si si­gné les po­chettes de quatre des six al­bum

Groupe phare du me­tal fran­çais, Go­ji­ra re­vient à Cler­mont le 24 jan­vier. Le bat­teur Ma­rio Du­plan­tier nous a par­lé de leur der­nier al­bum, Mag­ma.

Quand il n’est pas dans les Landes, Ma­rio Du­plan­tier est à New York. C’est là que Go­ji­ra a mis au point son der­nier al­bum, Mag­ma, sor­ti l’an der­nier.

De­puis, la for­ma­tion phare du me­tal fran­çais a ven­du 400.000 exem­plaires de son sixième opus. Après des pas­sages à Cler­mont en 2006, 2009 ou 2013, la for­ma­tion se­ra de re­tour le mar­di 24 jan­vier, à la Co­opé­ra­tive de Mai, une salle qu’ils « adorent ».

Quand on ne connaît pas le me­tal, on peut pen­ser que c’est avant tout une mu­sique bru­tale. Quand on vous écoute, le cô­té tech­nique est très im­por­tant… Le mé­tal est une mu­sique de pas­sion­né, de mu­si­cien. La base, c’est le rock. Nous, on vient de Led Zep­pe­lin. Et puis on re­pousse les li­mites de cette mu­sique. Quand j’étais ado, j’étais fas­ci­né par le cô­té tech­nique et ra­pide du me­tal, et je suis de­ve­nu ac­cro. C’est un style am­bi­gu, qui peut être dé­ran­geant sur l’image, tout en étant fin et po­si­tif.

Mag­ma, votre der­nier al­bum, est moins ryth­mique que les pré­cé­dents. Votre mu­sique y est plus rock, plus at­mo­sphé­rique, tout en res­tant dans votre style. Cet adou­cis­se­ment est-il une évo­lu­tion nor­male dans la vie d’un groupe de me­tal ? Il n’y a pas d’évo­lu­tion nor­male. Dans le cas de Go­ji­ra, nous al­lons tous vers la qua­ran­taine. Nous avons moins de co­lère, moins de choses à prou­ ver, comme aller vite ryth­mi­que­ment. À 25 ans, nous avions be­soin de crier, main­te­nant, moins. Nous re­cher­chons l’har­mo­nie. Cet al­bum est plus ma­ture, moins vis­cé­ral. Nous avons ten­té d’épu­rer la mu­sique aus­si : ça a été un vrai challenge de mettre au point des choses sim­pli­fiées à la bat­te­rie.

La mu­sique a aus­si évo­lué parce que nous avons chan­gé d’en­droit de com­po­si­tion. Tous les pré­cé­dents al­bums ont été com­po­sés à Ombres, dans les Landes. Mag­ma l’a été à New York, dans un en­vi­ron­ne­ment dif­fé­rent. Ce n’est pas for­cé­ment le pays qui nous a in­fluen­cés, mais plu­tôt l’acous­tique de la pièce.

Go­ji­ra mêle les thé­ma­tiques en­vi­ron­ne­men­tales avec des thèmes comme la mort, l’alié­na­tion… Est-ce que pour vivre en paix, l’homme doit être plus proche de la na­ture ? Le dé­bat est ou­vert ! Nos pa­roles sont en ef­fet as­sez phi­lo­so­phiques, spi­ri­tuelles. Elles parlent de ta­bou, la mort, la dou­leur… Elles sont des ré­flexions sur la vie. Le titre The Art of Dying [sur l’al­bum The Way of All Flesh sor­ti en 2008, NDLR], est une ré­fé­rence boud­dhiste. Les pa­roles sont aus­si in­tros­pec­tives. C’est mon frère Jo­seph, chan­teur et gui­ta­riste, qui écrit. Chaque al­bum est un état des lieux de sa vie. Je peux voir ses convic­tions et ses émo­tions du mo­ment en ré­écou­tant notre mu­sique. L’al­bum From Mars to Si­rius [sor­ti en 2005, NDLR] par exemple, est une al­lé­go­rie de son dé­sir de voir l’hu­ma­ni­té aller d’une éner­gie des­truc­trice et mas­cu­line, sym­bo­li­sée par la guer­rière Mars, à une éner­gie ba­sée plu­tôt sur l’émo­tion et la fé­mi­ni­té.

Vous avez si­gné chez Road Run­ner, une grande mai­son de disque amé­ri­caine, ven­du des cen­taines de mil­lier d’al­bums, fait des mil­lions de vues sur vos clips… Vous sen­tez que vous chan­gez de sta­tut ? Oui. L’al­bum est plus so­lide, plus clair et donc plus ac­ces­sible. Il y a un bon re­tour, les gens sont moins ef­frayés. Nous avons été no­mi­nés deux fois aux Gram­my awards, nous avons fait l’ob­jet de plu­sieurs ar­ticles dans la presse na­tio­nale, nous pas­sons sur les ra­dios aux États­unis : L’al­bum nous a ou­vert des portes. Cette re­con­nais­sance est im­por­tante mais nous ne sommes pas dupes. Le me­tal reste un style mar­gi­nal.

Un mot sur Nos­tro­mo, le groupe suisse qui fait votre pre­mière par­tie à Cler­mont, le 24 jan­vier ? Ils sont très ta­len­tueux, aty­piques. Ils étaient ac­tifs dans les an­nées 2000 puis se sont sé­pa­rés. Quand on a su qu’ils s’étaient re­for­més, on les a tout de suite ap­pe­lés pour faire la tour­née avec nous.

No­mi­nés deux fois aux Gram­my awards

GO­JI­RA. Jean-mi­chel La­ba­die (basse), Jo­seph Du­plan­tier (gui­tare et chant), Ma­rio Du­plan­tier (bat­te­rie) et Ch­ris­tian An­dreu (gui­tare) sont de re­tour à Cler­mont-fer­rand. PHO­TO GA­BRIELLE DU­PLAN­TIER

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