Nos frères ou­bliés, les chré­tiens d’orient

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - Agglomération val d'allier/comté -

Une nou­velle fois, le dé­bat or­ga­ni­sé dans le cadre des Lun­dis de Saint­paul par la pa­roisse du Val d’allier por­tait sur un su­jet d’ac­tua­li­té à même d’at­ti­rer un pu­blic nom­breux.

En ef­fet, le père Paul Des­table, cu­ré de la pa­roisse Notre­dame de Cler­mont avait pour in­ten­tion de dé­nouer la très com­plexe ques­tion des chré­tiens d’orient, en se gar­dant de tout eth­no­cen­trisme. « Je suis un chré­tien d’oc­ci­dent qui cherche à sa­voir qui sont ces chré­tiens d’orient, frères aî­nés de la foi, qui ont sur­vé­cu à des siècles de do­mi­na­tion et par­fois de per­sé­cu­tions ».

Ces chré­tiens qu’il a ren­con­trés, et avec les­quels il s’est lié d’ami­tié lors de ces voyages en terre d’orient, le ber­ceau de la chré­tien­té. Une his­toire d’une grande ri­chesse et d’une grande com­plexi­té.

Un lent dé­clin

Pré­sents de­puis l’ori­gine même du chris­tia­nisme, les chré­tiens d’orient ont été dis­cri­mi­nés sous tous les ré­gimes, par­fois qua­si ex­ter­mi­nés, mais ils ont sur­vé­cu jus­qu’à nos jours.

Au dé­but du XXE siècle, au Moyen Orient, un ha­bi­ tant sur quatre était chré­tien ; un siècle plus tard, ils ne sont plus que 11 mil­lions par­mi 320 mil­lions de mu­sul­mans, par­tout mi­no­ri­taires et contraints de cher­cher la pro­tec­tion des pou­voirs en place pour sur­vivre

Le terme d’églises orien­tales dé­signe à la fois les hié­rar­chies, les rites, les li­tur­gies, les langues et les po­pu­la­tions chré­tiennes des pays du Moyen­orient (Égypte, Éthio­pie, Sy­rie, Pa­les­tine, Mé­so­po­ta­mie, Ar­mé­nie). In­dé­pen­dantes de­puis le Ve siècle de l’or­tho­doxie grecque de Cons­tan­ti­nople, elles se di­visent en quatre grands en­sembles : Églises ca­tho­liques orien­tales, fi­dèles à Rome ; Églises or­tho­doxes, en com­mu­nion avec le Pa­triar­cat oe­cu­mé­nique de Cons­tan­ti­nople ; Églises des trois conciles (ar­mé­nien, copte, sy­riaque oc­ci­den­tal, guèze) ; et Églises des deux conciles (rite sy­riaque orien­tal.).

Elles re­pré­sentent des mi­no­ri­tés plus ou moins im­por­tantes dans toute la région (Iran, Turquie, Inde, Pakistan, In­do­né­sie, Éthio­pie, Éry­thrée, Égypte, Ar­mé­nie, Sy­rie et Li­ban) mais aus­si à tra­vers leurs dia­spo­ras (Eu­rope, Amé­riques, Australie).

Un pré­sent fu­neste

Du­rant le XXE siècle, en Turquie les chré­tiens sont pas­sés de 5.000.000 à… 20.000. En 1915, le gé­no­cide ar­mé­nien, pays qui fut le pre­mier État chré­tien, fait 1.500.000 vic­times. En 1950, près de 2.000 vil­lages chal­déens sont ra­sés (900.000 morts). La si­tua­ tion s’est ag­gra­vée dès 1948 avec la créa­tion de l’état d’is­raël, puis avec les dif­fé­rentes guerres en Pa­les­tine et dans le Golfe.

Au­jourd’hui, on compte glo­ba­le­ment sept si­tua­tions dif­fé­rentes en Orient : les chré­tiens sont in­ter­dits en Ara­bie saou­dite ; ils ont dis­pa­ru de la Li­bye ; ils sont ex­po­sés aux guerres en Irak, Sy­rie, et Yé­men ; ils sont to­lé­rés en Iran, Turquie, Azer­baïd­jan et Pakistan ; ils sont en­core re­con­nus en Égypte, car sou­vent consi­dé­rés comme des­cen­dants des pha­raons, et ont une exis­tence so­ciale et cultu­relle, me­na­cée en Haute­égypte.

La voie de la paix

Le père Des­table n’a pas man­qué de rap­pe­ler que la re­li­gion ne sert sou­vent que de pré­texte aux guerres, alors qu’elle de­vrait être gage de paix.

Les grandes puis­sances oc­ci­den­tales ne sont pas in­no­centes en la ma­tière, mais co­res­pon­sables de ces conflits pour des rai­sons géo­po­li­tiques, stra­té­giques et éco­no­miques

Et de sou­li­gner que e che­min de la paix passe ex­clu­si­ve­ment par la laï­ci­té : « une dé­mo­cra­tie doit être laïque »

LES CHRÉ­TIENS D’ORIENT. Une ana­lyse ap­pro­fon­die du pére Paul Des­table.

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