Ex­po­si­tions, sa­lons et courses, l’autre vie des belles car­ros­se­ries

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La Montagne (Clermont-Ferrand) - - Magdimanche - Guy Le­maître guy.le­maitre@cen­tre­france.com

Courses en cir­cuit, ral­lyes, mon­tées his­to­riques, pa­rades, sa­lons (plus 100.000 vi­si­teurs à Ré­tro­mo­bile (Pa­ris), mu­sées : les tor­pé­dos, bo­lides et concept­cars font les beaux jours des col­lec­tion­neurs, ama­teurs de voi­tures de ca­rac­tère ou adeptes de la course. La multiplication des ma­ga­zines au­to/mo­to his­to­riques re­flète cet en­goue­ment. Les ventes aux en­chères des col­lec­tions Baillon ou Gom­bert ont vu les prix s’en­vo­ler.

« Quand on a com­men­cé, il y a 30 ans, nous avions af­faire à des pas­sion­nés de courses au­to. C’était plus un truc d’an­glais que d’eu­ro­péens. Au­jourd’hui, le phé­no­mène est mon­dial car il en­globe la mu­sique, la mode et le de­si­gn au cô­té de la com­pé­ti­tion. » À l’évo­ca­tion de son par­cours d’or­ga­ni­sa­teur d’évé­ne­ments his­to­riques liés à l’au­to de course ou de pres­tige, le Pa­ri­sien Pa­trick Pe­ter (*) sait de quoi il parle.

Quelques­unes de ses plus belles ma­ni­fes­ta­tions font ré­fé­rence : le Tour Au­to Op­tic 2000, Le Mans Clas­sic tous les deux ans, ain­si que des ren­dez­vous sur des cir­cuits de lé­gende comme Di­jon, Le Cas­tel­let (Paul Ri­card), Ja­ra­ma (Es­pagne), Spa­fran­cor­champs (Bel­gique), Mon­za (Italie) et Hun­ga­ro­ring (Hon­grie). Des cham­pions re­joignent les pla­teaux d’en­ga­gés moins connus et sou­vent pro­prié­taires et pré­pa­ra­teurs, les gent­le­men drivers.

En 2014, Pa­trick Pe­ter ini­tie Chan­tilly Arts & Élé­gance dans le parc du cé­lèbre châ­teau de l’oise, en Pi­car­die. À tra­vers dé­fi­lés et concours, il tra­duit cette nou­velle ap­proche de l’au­to de col­lec­tion et d’art de vivre à la fran­çaise : « La nos­tal­gie est aux an­ti­podes des courses mo­dernes asep­ti­sées et aux nom­breuses contraintes sé­cu­ri­taires. À Chan­tilly, on ne laisse pas ren­trer les gens qui ne res­pectent pas un dress code de cir­cons­tance (code ves­ti­men­taire, ndlr) ; ce qui est plus dif­fi­cile au Mans Clas­sic et si na­tu­rel en An­gle­terre. »

Outre­manche, un par­ti­cu­lier, Lord March, a créé deux ren­dez­vous his­to­riques au­tour de l’au­to et de la mo­to de course sur le cir­cuit de Good­wood : le Fes­ti­val of speed (course de côte) en 1992 et le Good­wood Re­vi­val (courses en ligne) en 1998. Cha­cun affiche com­plet (150.000 spec­ta­teurs en cours d’été).

De son cô­té, Pa­trick Pe­ter, en amé­lio­rant la qua­li­té de ses pla­teaux de course et des ani­ma­tions an­nexes pour sé­duire les ac­com­pa­gnants (village com­mer­cial), voit les chiffres de fré­quen­ta­tion grim­per au Mans Clas­sic. De 30.000 lors de la pre­mière édi­tion en 2002, ils sont pas­sés à 125.000 en juillet der­nier. Rêve et nos­tal­gie at­tirent le pu­blic.

La mo­to a son pu­blic

Ces ma­ni­fes­ta­tions ont fi­dé­li­sé un pu­blic large et un par­te­na­riat de qua­li­té. Pa­trick Pe­ter est conscient des re­tom­bées éco­no­miques in­duites par un événement comme Le Mans Clas­sic. L’un de ses plus fi­dèles spon­sors, le Fran­çais Ri­chard Mille joint l’utile à l’agréable dans cer­taines de ces ma­ni­fes­ta­tions. Au Mans Clas­sic ou aux Dix mille tours du cir­cuit Paul Ri­card (Var), il par­tage le vo­lant d’un pro­to­type Lo­la T70, de sa col­lec­tion per­son­nelle, avec Car­los Ta­vares, cé­lèbre di­ri­geant de l’in­dus­trie au­to­mo­bile fran­çaise (Re­nault puis PSA).

Au Mans Clas­sic, comme à Chan­tilly, Ri­chard Mille, fa­ bri­cant de montres de luxe est le par­te­naire prin­ci­pal. Om­ni­pré­sent, son la­bel ap­porte une contri­bu­tion et une image non né­gli­geables. « Au Mans Clas­sic, près de 300 in­vi­tés viennent du monde en­tier pour me ren­con­trer. Ce genre de ma­ni­fes­ta­tion as­so­cie no­to­rié­té et convi­via­li­té pour tous les pu­blics. L’his­to­rique a un cô­té au­then­tique bon en­fant, sans le stress de la com­pé­ti­tion mo­derne. »

Conscient de la po­pu­la­ri­té de la mo­to – les Coupes Mo­to Lé­gende, à Di­jon, at­tirent 30.000 spec­ta­teurs et le Grand Prix de France mo­to au Bu­gat­ti, or­ga­ni­sé par le Cler­mon­tois Claude Mi­chy, en­re­gistre près de 200.000 en­trées –, Pa­trick Pe­ter se lance, cette an­née, dans l’aven­ture du deux­roues. Sur le cir­cuit Bu­gat­ti du Mans, il or­ga­nise, les 7, 8 et 9 juillet, Le Mans Bike Fes­ti­val en alternance avec Le Mans Clas­sic, et en col­la­bo­ra­tion avec l’au­to­mo­bile Club de l’ouest qui gère les ac­ti­vi­tés de ce cir­cuit.

(*) HVM Ra­cing et Vdev or­ga­nisent aus­si des épreuves his­to­riques comme Pe­ter Au­to, la so­cié­té di­ri­gée par Pa­trick Pe­ter.

IMAGE. Dans le cadre pres­ti­gieux du châ­teau de Chan­tilly, une voi­ture du fu­tur avec l’ex­tra­or­di­naire ligne de la Vi­sion Mer­cedes-may­bach 6 lors­du dé­fi­lé où haute cou­ture et au­tos de rêve sont as­so­ciées dans l’élé­gance.

HÉROS. Hen­ri Pes­ca­ro­lo et Jacques Laf­fite au Grand Prix ré­tro de Vi­chy en 2015. PHO­TO DO­MI­NIQUE PARAT

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