Pa­pa­da­kis et Ci­ze­ron règnent sur l’eu­rope

Pa­pa­da­kis et Ci­ze­ron brillent

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - La une -

Les Au­ver­gnats Ga­briel­la Pa­pa­da­kis et Guillaume Ci­ze­ron, ar­ri­vés fra­gi­li­sés par leurs deux pre­miers re­vers de­puis deux ans, ont ré­af­fir­mé leur su­pré­ma­tie eu­ro­péenne en coif­fant une troi­sième cou­ronne consé­cu­tive en danse sur glace, hier, à Os­tra­va.

Adeux mois des Mon­diaux d’hel­sin­ki (29 mars­2 avril) et à un an des JO de Pyeong­chang (Co­rée du Sud), un suc­cès im­por­tant pour les jeunes pa­trons de la danse sur glace aux­quels tout sou­riait de­puis leur ex­plo­sion au plus haut ni­veau dès leur deuxième sai­son en se­nior lors de l’hi­ver 2014­2015, mais de­ve­nus su­bi­te­ment moins sou­ve­rains cet au­tomne.

Les deux Fran­çais, doubles cham­pions du monde en titre, res­taient sur deux dé­faites coup sur coup fin 2016, lors de l’étape du Grand Prix au Ja­pon, puis en fi­nale du Grand Prix, à Mar­seille. À chaque fois face à leurs par­te­naires d’en­traî­ne­ment à Mon­tréal, les Ca­na­diens Tes­sa Vir­tue et Scott Moir.

« Beau­coup de ten­sion »

« C’est un sou­la­ge­ment parce que c’est ce qu’on vou­lait […] C’est sur­tout le sou­la­ge­ment, pas d’avoir ga­gné le titre, mais d’avoir bien pa­ti­né, d’avoir fait ce qu’on sait faire », a es­ti­mé Pa­pa­da­kis. Car « il y avait beau­coup de ten­sion après la “short” (le pro­gramme court) », a­t­elle re­con­nu.

Une er­reur de Pa­pa­da­kis dans une sé­quence de pas les avait re­pous­sés en troi­sième po­si­tion jeu­di. Der­rière les Russes Eka­te­ri­na Bo­bro­va et Dmi­tri So­lo­viev, et les Ita­liens An­na Cap­pel­li­ni et Lu­ca La­notte.

Robe aé­rienne et cos­tume bleus, les Fran­çais sont les der­niers à être en­trés sur la glace d’os­tra­va hier. Ils ont pa­ti­né un pro­gramme libre abou­ti, sur une musique contem­po­raine, qui les a por­tés, avec un to­tal de 189,67 points, de­vant les Ita­liens (186,64) et les Russes (186,56). « La per­for­mance était ex­cel­lente, lim­pide, c’était tech­nique­ ment par­fait », a ju­gé Ha­gue­nauer, leur en­traî­neur.

Avec un pro­gramme ré­so­lu­ment mo­derne et au­da­cieux, loin des pro­po­si­tions ar­tis­tiques sou­vent clas­siques de la dis­ci­pline, Pa­pa­da­kis et Ci­ze­ron conti­nuent de re­ven­di­quer leur marque de fa­brique. Et de bous­cu­ler la danse sur glace en l’ame­nant vers de nou­veaux ho­ri­zons.

C’est ce qui fait une par­tie de leur suc­cès, mais ça n’est pas tou­jours bien re­çu. Il­lus­tra­tion en confé­rence de presse quand les Fran­çais ont été in­ter­pel­lés par un jour­na­liste al­le­mand sur leur choix mu­si­cal n’ayant, se­lon lui, « rien à voir avec ce que doit être une musique pour la danse sur glace ».

« Qu’est­ce que vous ap­pe­lez une bonne musique pour la danse sur glace ? », s’est in­ter­ro­gée Pa­pa­da­kis.

« Ce qu’on es­saie de faire, c’est de mon­trer aux gens ce que la danse sur glace de­vrait ou pour­rait être. Je pense qu’il n’y a pas de li­mite à ce que l’on peut faire en danse sur glace », a ré­pli­qué Ci­ze­ron.

Après Bo­na­ly, Pa­pa­da­kis et Ci­ze­ron en­chaînent

Pour l’ins­tant, ça leur réus­sit. Pa­pa­da­kis et Ci­ze­ron de­viennent les pre­miers dan­seurs fran­çais triples cham­pions d’eu­rope. Na­tha­lie Pé­cha­lat et Fa­bian Bour­zat (2011, 2012) et Ma­ri­na Anis­si­na et Gwen­dal Pei­ze­rat (2000, 2002) avaient été cou­ron­nés deux fois.

Les élèves de Ro­main Ha­gue­nauer sont éga­le­ment les pre­miers pa­ti­neurs tri­co­lores ti­trés trois ans d’af­fi­lée aux Cham­pion­nats d’eu­rope de­puis Su­rya Bo­na­ly (cinq fois entre 1991 et 1995).

En soi­rée, l’es­pa­gnol Ja­vier Fer­nan­dez vise, lui, un cin­quième sacre con­ti­nen­tal consé­cu­tif. Une per­for­mance plus réa­li­sée par un pa­ti­neur de­puis le Tchèque On­drej Ne­pe­la entre 1969 et 1973. C’était il y a 44 ans.

SUC­CÈS. Ga­briel­la Pa­pa­da­kis et Guillaume Ci­ze­ron n’ont pas dé­çu, hier, en Ré­pu­blique tchèque.

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