La re­cherche ar­chéo­lo­gique au­ver­gnate à l’ère de la Grande ré­gion

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - Grand Angle -

Fré­dé­rik Let­ter­lé est de­ve­nu conser­va­teur ré­gio­nal de l’ar­chéo­lo­gie Au­ver­gne­rhône-alpes, suite à la dé­ci­sion de fu­sion­ner ces deux ré­gions.

A ce pro­pos, qu’est-ce qu’a chan­gé cette fu­sion en ma­tière d’ar­chéo­lo­gie en Au­vergne ? Le siège du Ser­vice ré­gio­nal de l’ar­chéo­lo­gie est dé­sor­mais ba­sé à Lyon. Je m’oc­cupe tou­jours de l’au­vergne et dé­sor­mais de Rhône­alpes. J’ai un bu­reau à Cler­mont et un autre à Lyon. Les sites ini­tiaux des Drac (*) an­té­rieures sont conser­vés avec le per­son­nel, c’était un en­ga­ge­ment du gou­ver­ne­ment. Dé­sor­mais, on parle de site de Cler­mont. C’est sur­tout l’or­ga­ni­sa­tion gé­né­rale qui est en train de chan­ger puisque la fu­sion ne se­ra of­fi­cielle qu’au 1er jan­vier 2019. Nous sommes dans une phase de tran­si­tion. Il n’y a plus qu’un di­rec­teur ré­gio­nal des af­faires cultu­relles pour l’au­vergne et Rhône­alpes et non plus deux et un conser­va­teur qui gère l’équipe du ser­vice ré­gio­nal de l’ar­chéo­lo­gie dont une par­tie se trouve à Cler­mont-Fer­rand et une autre à Lyon. J’ai ain­si une ad­jointe à Cler­mont et une autre à Lyon parce la charge de tra­vail a beau­coup aug­men­té. En­suite, les ar­chéo­logues dé­diés à des ter­ri­toires sont res­tés en place : un agent à Cler­mont gère l’al­lier, un autre le Can­tal, un la Haute­loire, un le Puy­de­dôme et en­fin une per­sonne qui gère plus par­ti­cu­liè­re­ment l’ag­glo­mé­ra­tion cler­mon­toise. Pour ces col­lègues­là, les in­ci­dences ont été moindres. En re­vanche, les ter­ri­toires des an­ciennes ré­gions se­ront dé­sor­mais moins cloi­son­nés. Il reste deux ans pour har­mo­ni­ser les or­ga­ni­sa­tions de tra­vail, les ou­tils… Je pense no­tam­ment à l’in­for­ma­tique.

Les col­lec­tions de l’état conser­vées sur plu­sieurs sites à Cler­mont de­vaient dé­mé­na­ger dans un nou­veau bâ­ti­ment. Où en est ce pro­jet ? Si­tué sur la com­mune des Martres­de­veyre, le bâ­ti­ment du Centre de conser­va­tion et d’étude (CCE) est ache­vé. Une par­tie du mo­bi­lier est en place. Quelques col­lec­tions qui étaient ré­par­ties sur plu­sieurs dé­pôts ont d’ores et dé­jà re­joint le CCE. Ce der­nier est par­tiel­le­ment opé­ra­tion­nel au­jourd’hui. Le Conseil dé­par­te­men­tal du Puy­deDôme est pro­prié­taire du bâ­ti­ment et le met à dis­po­si­tion de l’état qui a réa­li­sé les tra­vaux d’amé­na­ge­ment et en as­su­re­ra le fonc­tion­ne­ment. Le centre ac­cueille­ra ain­si des col­lec­tions ap­par­te­nant au Dé­par­te­ment (NDLR : Ce der­nier est, par exemple, pro­prié­taire d’ob­jets is­sus de fouilles sur le site de Corent, étant en­ten­du qu’il est aus­si pro­prié­taire de ter­rains.

Quelles fouilles pro­gram­mées de­vraient être lan­cées l’an pro­chain en Au­vergne ? En ma­tière de fouilles pro­gram­mées, il y au­ra de nou­velles re­cherches à Ger­go­vie, ain­si que sur le site de Rond­du­bar­ry à Po­li­gnac en Haute­loire. Dans l’al­lier, le site de la cou­ronne à Molles se­ra éga­le­ment fouillé. Il s’agit, là, de ves­tiges da­tant de la fin de pé­riode an­tique au dé­but du Moyen Âge. Le site de Com­pains dans le San­cy se­ra de nou­veau l’ob­jet d’in­ves­ti­ga­tions. Par ailleurs, le pro­jet col­lec­tif de re­cherche sur Au­rillac au Moyen Age se pour­suit.

La Mai­son de Ger­go­vie et son centre d’in­ter­pré­ta­tion pour­raient être inau­gu­rés l’an pro­chain. D’autres pro­jets de cette am­pleur sont pré­vus ? Cette nou­velle Mai­son de Ger­go­gie, outre son centre d’in­ter­pré­ta­tion, fe­ra le lien avec les autres sites vi­sibles du pla­teau no­tam­ment Ger­go­vie où ont été trou­vés, cette an­née, de très spec­ta­cu­laires ves­tiges d’une im­mense place dal­lée, mais aus­si Corent et Gon­dole, deux autres op­pi­da gau­lois.

Le mu­sée Cro­za­tier au Puy­en­ve­lay de­vrait rou­vrir éga­le­ment avec une nou­velle mu­séo­gra­phie des col­lec­tions ar­chéo­lo­giques.

Par ailleurs, à Corent, le Conseil dé­par­te­men­tal du Puy­de­dôme qui a dé­jà beau­coup oeu­vré pour la mise en va­leur du site de­vrait pour­suivre son ac­tion à l’ave­nir. À terme, il y au­ra aus­si une mise en va­leur du site de Molles quand les fouilles se­ront ache­vées.

Sa­vez-vous si nous al­lons bien­tôt pou­voir re­voir les ex-vo­to de la source des Roches de Cha­ma­lières au mu­sée Bar­goin ? Pour l’heure, le mu­sée mu­ni­ci­pal, en par­te­na­riat avec la Drac, re­cherche des so­lu­tions pour pou­voir pré­sen­ter de nou­veau ces ves­tiges en bois gor­gés d’eau, du dé­but de notre ère, tout en les pré­ser­vant de toute dé­té­rio­ra­tion. Ils né­ces­sitent en ef­fet une hy­dro­mé­trie, une at­mo­sphère et une tem­pé­ra­ture constantes.

(*) Di­rec­tion ré­gio­nale des af­faires cultu­relles.

VES­TIGES. Des col­lec­tions de l’état et du Dé­par­te­ment sont pro­gres­si­ve­ment ras­sem­blées au Centre de conser­va­tion et d’étude aux Martres-de-veyre qui est ache­vé et a ac­cueilli ses pre­mières col­lec­tions. PH. D’AR­CHIVES PAS­CAL CHAREYRON

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.