Ta­hi­ti et ses îles, voyage au pa­ra­dis au coeur du Pa­ci­fique sud

Alors que Vaiana, le der­nier Dis­ney, car­tonne tou­jours sur les écrans, nous vous in­vi­tons à dé­cou­vrir Ta­hi­ti et ses îles, un pa­ra­dis au coeur du Pa­ci­fique sud dont les ha­bi­tants re­nouent au­jourd’hui avec le ma­na.

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - Magdimanche - Ma­ry­line Ro­ge­rie ma­ry­line.ro­ge­rie@cen­tre­france.com

Si Dieu existe, il y a sans nul doute créé son Eden. Un pa­ra­dis dont le ter­ri­toire ma­rin équi­vaut à l’eu­rope, à plus de 17.000 ki­lo­mètres de la France. Mais les an­ti­podes, comme le Pa­ra­dis, se mé­ritent et il faut comp­ter plus de 20 heures de vol sans comp­ter l’es­cale à Los An­geles, pour plon­ger dans un uni­vers bai­gné d’une tra­di­tion sé­cu­laire, où la flore et la faune en­dé­miques sont à cou­per le souffle.

À moins de pré­voir plu­sieurs mois, il fau­dra faire un choix entre les 118 îles et les 5 ar­chi­pels qui com­posent ce « bout » im­pro­bable de France. Pour une pre­mière dé­cou­verte, Ta­hi­ti Tou­risme vous orien­te­ra sur les îles de la So­cié­té, aux noms évo­ca­teurs d’îles du Vent et Sous­le­vent. Mais d’autres des­ti­na­tions, toutes aus­si exo­tiques, s’offrent à vous : les atolls des Tua­mo­tu au centre, les Aus­trales au sud, les Gam­bier au su­dest et les my­thiques Mar­quises au nord.

Toutes par­tagent une riche his­toire avec la­quelle leurs ha­bi­tants re­nouent au­jourd’hui. Celle d’une mi­gra­tion d’abord. Par­ti de l’asie du Sud­est, entre 500 av. JC. et 500 après, sur des pi­rogues (va’a), ce peuple de na­vi­ga­teurs a co­lo­ni­sé jus­qu’au IXE siècle ce que l’on ap­pelle le « tri­angle po­ly­né­sien », à sa­voir Ha­waï, l’île de Pâques et la Nou­velle­zé­lande. De cette grande ex­pé­di­tion, il reste au­jourd’hui des « ma­rae », lieux cultuels, une langue, des danses, l’art du ta­touage, et une en­vie de faire par­ta­ger cette ri­chesse aux vi­si­teurs.

La tâche est d’au­tant plus vi­tale que les quatre der­nières gé­né­ra­tions sont ga­gnées par l’ac­cul­tu­ra­tion. Alors même qu’elles vivent sur des terres où l’au­to­suf­fi­sance est pos­sible – il suf­fit de tendre la main pour cueillir les fruits goû­teux et les la­gons re­gorgent en­core de pois­sons – l’at­trait des pro­duits ex­por­tés dé­fie le bon sens.

Les Po­ly­né­siens, qui voient leur éco­sys­tème mis à mal par la mon­tée des eaux no­tam­ment, la pêche ou­tran­cière au­de­là de la bar­rière de co­rail éga­le­ment, ré­agissent et, pour cer­tains, en ap­pellent à leur ma­na. Cette éner­gie vi­tale, force spi­ri­tuelle qui en­toure toute chose et qui connecte les êtres vi­vants, cir­cule à nou­veau au­jourd’hui au sein de la po­pu­la­tion lo­cale.

À Ta­hi­ti, vous croi­se­rez peut­être la route de Ta­ma­ri­ki Po­da­ni, fon­da­trice en 1973 de la pre­mière troupe de danse ta­hi­tienne et qui par­court au­jourd’hui les fes­ti­vals in­ter­na­tio­naux, avec Teuai, ora­teur du groupe Ta­hi­ti Ora et guide dans les val­lées en­cais­sées de l’île où les ma­rae n’at­tendent plus que les ar­chéo­logues pour que res­sur­gisse le pas­sé. Sur l’île de Raia­tea, Ta­ra, jeune femme de 36 ans vous condui­ra sur le site prin­ci­pal de la culture po­ly­né­sienne, le ma­rae Ta­pu­ta­pua­tea. Lieu de ras­sem­ble­ment des po­pu­la­tions mao­ri et de la cé­lèbre course « Ha­wai­ki Nui Va’a » qui a lieu en no­vembre. Elle vous trans­met­tra une in­fime par­tie du sa­voir trans­mis par sa grand­mère en ma­tière de mé­de­cine tra­di­tion­nelle. Car ici, la na­ture est bien plus que nour­ri­cière. En­core faut­il l’ap­prendre et le trans­mettre.

À quelques en­ca­blures des hô­tels de Bo­ra­bo­ra, la ju­melle de Raia­tea, Ta­ha’a au­tre­ment bap­ti­sée « l’île va­nille », trône au mi­lieu des eaux au bleu turquoise. Là aus­si, la conscience du pa­tri­moine est pré­gnante : l’eau qui monte ra­bote inexo­ra­ble­ment les pe­tits « mo­tu », îlots sur les­quels les au­toch­tones vont pas­ser les week­ends. Vous pour­rez en­core y plon­ger dans les jar­dins de co­rail où les pois­sons mul­ti­co­lores se jouent des cou­rants et, si vous êtes té­mé­raires, vous na­ge­rez au mi­lieu d’un banc de re­quins à pointe noire.

La meilleure pé­riode pour vous rendre à Ta­hi­ti court de juin à sep­tembre, au­de­là, la pluie fine et dense – cette se­maine, les Ta­hi­tiens ont vé­cu un phé­no­mène rare de pluies tor­ren­tielles – sur­prend le vi­si­teur. Juste de quoi le ra­fraî­chir par 30°C… Sur Ta­ha’a, ce­la ne vous em­pê­che­ra pas de vi­si­ter les plan­ta­tions de va­nille qui ri­va­lisent avec celles de Ma­da­gas­car. Vous pour­rez aus­si, bien à l’abri, faire l’ex­pé­rience des bien­faits d’un mas­sage à l’huile de mo­noï. Juste le temps de réa­li­ser que vous vous trou­vez, per­du au mi­leu de l’océan, sur ce coin de terre qu’an­toine Bou­gain­ville bap­ti­sa en 1768, « La Nou­velle Cy­thère ».

JAR­DIN DE CO­RAIL. Dans le la­gon de Ta­ha’a, l’île va­nille, vous pour­rez ex­plo­rer les jar­dins de co­raux qui bordent la bar­rière. Les plus té­mé­raires plon­ge­ront au mi­lieu des re­quins à pointe noire.

FARE. L’hô­tel Ta­ha’a Island Re­sort & Spa, clas­sé Re­lais & Châ­teaux, ac­cueille bon nombre de jeunes ma­riés. PHO­TO M.R.

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