Le désordre d’une ar­mée mexi­caine

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - Magdimanche - Ga­vin’s Cle­mente Ruiz Ga­vin’s Cle­mente Ruiz. Cle­mente Ruiz est l’au­teur de une pe­tite an­tho­lo­gie des ex­pres­sions de notre his­toire (Al­bin Mi­chel), (La li­brai­rie Vui­bert) et (Édi­tions Ci­ty). Son pre­mier ro­man est pa­ru chez Ma­za­rine). Ga­vin’s

Alors que je li­sais un ar­ticle sur les or­ga­ni­grammes des états­ma­jors des can­di­dats aux élec­tions pré­si­den­tielles dé­jà sé­lec­tion­nés, je me suis lais­sé sur­prendre par le terme d’« ar­mée mexi­caine » pour dé­si­gner l’un d’entre eux. Mais quel est le rap­port ?

Cette ex­pres­sion nous vient en ef­fet di­rec­te­ment du Mexique, au dé­but du XXE siècle, quand les ar­mées de Pan­cho Villa, au nord et Emi­lia­no Za­pa­ta, au sud, se re­trouvent pour faire la ré­vo­lu­tion. Pro­blème : les deux ar­mées sont com­po­sées es­sen­tiel­le­ment d’of­fi­ciers et peu de sol­dats. Tous ou presque ont des res­ pon­sa­bi­li­tés, des titres et des ordres à don­ner, oui, mais à qui ?

Il règne dans cette ar­mée mexi­caine un sen­ti­ment de désordre et sur­tout d’in­ef­fi­ca­ci­té. À trop vou­loir créer des hié­rar­chies, il n’y a plus de hié­rar­chie, ou juste de la com­plai­sance.

Dans les an­nées 1970, cette ex­pres­sion fut re­prise pour dé­si­gner la si­tua­tion de l’ad­mi­nis­tra­tion fran­çaise. Celle­ci est res­tée et de­meure tou­jours pour nom­mer ce genre d’or­ga­ni­gramme, certes, aux per­son­na­li­tés pleines de ta­lent et de grades di­vers et va­riés, mais sans réel pou­voir. En gros, un vrai gâ­chis !

Une ar­mée n’est­elle pas plus ef­fi­cace en rangs ser­rés que dis­per­sés ?

Des res­pon­sa­bi­li­tés et des ordres à don­ner, mais à qui ?

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