Ce ren­dez-vous est bien plus qu’un match à l’ex­té­rieur

À bien des égards, la ren­contre entre le CAB et l’avi­ron est un match à part

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - Sports Rugby -

Entre der­by vé­cu par pro­cu­ra­tion pour les an­ciens Biar­rots du CAB et un test gran­deur na­ture en pré­vi­sion du quart de fi­nale eu­ro­péen, Bayonne-brive est un double tour­nant dans la sai­son.

L’écart abys­sal qui sé­pare, au clas­se­ment, l’avi­ron Bayon­nais, pro­mis à la Pro D2, et le CA Brive, 8e et tout frais qua­li­fié pour les quarts de fi­nale de Chal­lenge Cup, au­rait de quoi faire pas­ser le match d’au­jourd’hui pour une for­ma­li­té. Sur le pa­pier seule­ment.

Car au­de­là du fait que les Basques ont pour eux d’avoir fait tom­ber sur leur pe­louse des ca­dors tels L’ASM, la­quelle s’était im­po­sée au Sta­dium, ce match­là est à double tran­chant pour Brive. À triple tran­chant, même, se­rait­on ten­té d’écrire.

Ré­pé­ti­tion gé­né­rale avant le quart à Bath

Oc­ca­sion en or pour con­ti­nuer à rê­ver à une place dans les 6 pre­miers du clas­se­ment, le dé­pla­ce­ment cor­ré­zien à JeanDau­ger se­ra tout sauf une si­né­cure pour un CAB qui n’a plus ra­me­né de suc­cès loin de ses bases en Top 14 de­puis son voyage es­ti­val à Tou­lon.

Fort d’une sé­rie de trois vic­toires consé­cu­tives, Chal­lenge Cup com­prise, le club cor­ré­zien se­rait bien ins­pi­ré de pro­lon­ger cette dy­na­mique à l’ex­té­rieur, alors qu’il ne re­trou­ve­ra le Sta­dium qu’en mars, pour le dé­but d’un ma­ra­thon. Tou­lon, Tou­louse ou en­core Mont­pel­lier fi­gu­re­ront au me­nu bri­viste, en­tre­cou­pé de dé­pla­ce­ments à La Ro­chelle et Cler­mont.

Alors que joueurs et staff ad­mettent avoir dans un coin de la tête le voyage cau­che­mar­desque d’ar­man­die il y a un an, c’est peut­être aus­si en se tour­nant vers l’ave­nir que Brive peut trou­ver un le­vier de mo­ti­va­tion sup­plé­men­taire, s’il en était be­soin, pour vi­ser un suc­cès à Jean­dau­ger.

Et pour cause, si le quart de fi­nale eu­ro­péen de Bath n’est pro­gram­mé qu’en avril, L’EPCR, dans sa grande lo­gique aux voies aus­si im­pé­né­trables que celle du Sei­gneur, a dé­ci­dé que ce choc, re­make de 2014, se dis­pu­te­rait à 13 h 45 heure fran­çaise… soit 12 h 45 sur place.

Le pa­ral­lèle avec le match d’au­jourd’hui est tout trou­vé. Et Brive, qui n’a ra­me­né que des dé­con­ve­nues ma­jus­cules de ses dé­pla­ce­ments à Gre­noble, Mont­pel­lier et Tou­louse à l’heure du gi­got, se­rait bien ins­pi­ré de sor­tir LA pres­ta­tion par­faite à cet ho­raire. His­toire de ne pas en­suite se pré­sen­ter en An­gle­terre avec le bou­let de quatre dé­routes à la mi­jour­née et le dé­fi­cit de confiance qui ne man­que­rait pas de suivre, au coup d’en­voi d’un de ses matchs les plus im­por­tants de la sai­son.

Bayonne­brive est donc, bien plus que la re­vanche d’un AGEN­CAB qui n’au­rait guère de sens, une sorte de ré­pé­ti­tion gé­né­rale pour les Cor­ré­ziens. D’au­tant qu’une vic­toire « pla­ce­rait le club à + 8 au clas­se­ment bri­tan­nique », comme le note Phi­lippe Car­bon­neau. Un pe­tit pé­cule comme ce­lui­ci as­su­re­rait au CAB d’avoir son des­tin en mains pour vi­ser les places de bar­ra­gistes à l’is­sue de la sai­son ré­gu­lière. Non né­gli­geable.

Et si cette ca­rotte­là ne suf­fit pas, le staff bri­viste a concoc­té un XV de dé­part dont la mo­ti­va­tion à s’im­po­ser sur le ter­rain de l’avi­ron est comme une se­conde na­ture. Il suf­fit d’en­tendre pour ce­la les pro­pos de deux de ses fers de lance en at­taque : Bu­ro­tu et Ng­we­nya, Biar­rots d’hier et tou­jours un peu Biar­rots au­jourd’hui. « C’est en­core un peu un der­by pour moi, souffle le trois­quart centre. J’ai joué cinq fois à Bayonne avec Biar­ritz et je n’ai ja­mais ga­gné là­bas, pour moi c’est très im­por­tant. »

Son par­te­naire sur l’aile est en­core plus re­mon­té à l’idée d’af­fron­ter l’avi­ron. « Je suis Bri­viste mais ça reste vrai­ment un der­by pour moi », as­sure Ng­we­nya, qui se nour­ri­rait bien d’un ac­cueil hos­tile de la part des Bayon­nais. « J’es­père qu’ils vont me cher­cher un peu parce que ça va me mo­ti­ver un peu plus », sou­rit « Zi » qui se com­plai­rait bien dans le sta­tut de fos­soyeur de l’avi­ron. Mais au­de­là du folk­lore, la pers­pec­tive de trans­po­ser en Top 14 les belles pro­messes de la Chal­lenge Cup est en­core plus cru­ciale.

« Notre der­nière sé­rie nous a mis en confiance, mais c’est ce match­là qui doit nous mon­trer si on a fait des pro­grès ou non. Parce qu’en Coupe d’eu­rope, on joue tout le temps bien, en­fin, sou­vent… Après on re­vient en cham­pion­nat. Et puis chaque fois qu’on a joué à mi­di et de­mi, on a ra­mas­sé, donc là il faut confir­mer qu’on a pro­gres­sé. »

Pour es­pé­rer aus­si pou­voir pour­suivre l’aven­ture, plus tard, en Chal­lenge Cup.

CONFIR­MA­TION. Brive re­nou­velle sa confiance à bon nombre des ac­teurs du match ga­gné avec la ma­nière contre New­port, dont Lobz­ha­nidze (à droite), qui en­chaîne une 3e ti­tu­la­ri­sa­tion consé­cu­tive. PHO­TO PAS­CAL PERROUIN

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