Les Lyon­nais s’ins­tallent à Ger­land pour gran­dir

Pour don­ner de l’en­ver­gure à leur pro­jet éco­no­mique et spor­tif

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - Sports Rugby -

Long­temps dé­vo­lu au bal­lon rond et à l’olym­pique Lyon­nais, le stade de Ger­land, ré­amé­na­gé, ac­cueille dé­sor­mais le LOU Rugby. « Un chan­ge­ment né­ces­saire, fon­da­men­tal pour l’évo­lu­tion du club », es­time Pierre Mi­gno­ni.

Le but du dé­mé­na­ge­ment ? « Con­ti­nuer à gran­dir et al­ler le plus loin pos­sible », avait confié l’en­traî­neur, fin dé­cembre, à l’heure du der­nier match au Mat­mut Sta­dium de Vé­nis­sieux. En évo­quant le « très bel exemple » de l’union Bor­deaux­bègles, qui a re­pris l’an­cien écrin des Gi­ron­dins, le stade Cha­ban­del­mas.

De­puis cinq ans, le Lyon Olym­pique Uni­ver­si­taire évo­luait dans le pre­mier stade de France dé­dié au rugby et fi­nan­cé via le « na­ming ». Un équi­pe­ment mo­du­laire et pro­vi­soire construit en 2011 par son ac­tion­naire prin­ci­pal, le groupe GL Events di­ri­gé par Oli­vier Gi­non.

C’était lors de la pre­mière ac­ces­sion du vieux club lyon­nais (120 ans) en élite dont il est dé­jà re­des­cen­du deux fois de­puis. Cette sai­son, Lyon, ac­tuel 12e du Top 14, doit en­core as­su­rer son main­tien.

Mais pour le pré­sident du LOU, Yann Rou­bert, re­des­cendre n’est pas une op­tion : « Ger­land n’est pas un stade de Pro D2 mais un équi­pe­ment qui doit nous per­mettre de trou­ver les moyens de notre dé­ve­lop­pe­ment ». En clair : avoir des res­sources fi­nan­cières équi­va­lentes à celles des meilleurs clubs fran­çais. Le bud­get ac­tuel lyon­nais est de 23 à 25 mil­lions d’eu­ros.

Gi­non, en­tre­pre­neur lyon­nais dont la so­cié­té est nu­mé­ro un mon­dial de l’évé­ne­men­tiel, est ar­ri­vé pro­gres­si­ve­ment au che­vet du club, en 2007, pour fa­vo­ri­ser son dé­ve­lop­pe­ment par l’en­tre­mise du sé­na­teur­maire de Lyon, Gé­rard Col­lomb.

L’ob­jec­tif de l’élu était que l’équipe, alors en Pro D2, ré­side à Ger­land une fois l’olym­pique Lyon­nais par­ti. C’est le cas de­puis un an avec le Parc OL à Dé­cines­char­pieu. L’en­ceinte a re­pris le nom de Mat­mut Sta­dium mais il se­ra dif­fi­cile aux Lyon­nais de l’ap­pe­ler au­tre­ment que Ger­land, du nom du quar­tier où il est im­plan­té dans le 7e ar­ron­dis­se­ment.

Et ce mal­gré un contrat de na­ming re­nou­ve­lé à hau­teur de 20 mil­lions d’eu­ros sur dix ans, si­gné par la so­cié­té d’as­su­rance avec ac­com­pa­gne­ment maillot, contre un mil­lion an­nuel à Vé­nis­sieux. La Mat­mut va en outre re­grou­per ses ac­ti­vi­tés lyon­naises sur le site qui de­vien­dra un lieu de vie quo­ti­dienne.

Le LOU, dont toutes les com­po­santes se­ront aus­si ras­sem­blées dans un rayon de 500 mètres, a des droits à construire, sur une sur­face de 20.000 à 30.000 m2, pour des ac­ti­vi­tés connexes (bras­se­rie, bou­tiques, es­paces de ré­cep­tion, pour des sé­mi­naires d’en­tre­prise par exemple).

Le stade se­ra éga­le­ment tour­né vers l’évé­ne­men­tiel, avec cinq spec­tacles an­nuels maxi­mum. C’est une des conces­sions ac­cor­dées par la Mé­tro­pole au pré­sident de L’OL, JeanMi­chel Au­las, qui voyait d’un mau­vais oeil la concur­rence faite au Parc OL dont le mo­dèle éco­no­mique est si­mi­laire.

Fi­nan­ciè­re­ment, le LOU a si­gné un bail em­phy­téo­tique de 60 ans du­rant les­quels il pren­dra en charge pour 66 mil­lions d’eu­ros de tra­vaux d’amé­na­ge­ments.

La re­de­vance an­nuelle fixe pour Ger­land est de 300.000 eu­ros, plus une part va­riable en fonc­tion du chiffre d’af­faires ti­ré des ac­ti­vi­tés ex­tra­spor­tives et du na­ming. L’OL ré­glait 800.000 eu­ros mais n’avait pas en charge l’en­tre­tien, la main­te­nance et la sé­cu­ri­té.

RE­PÈRES. Un chan­ge­ment de stade c’est aus­si pour les bu­teurs d’autres marques à prendre.

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