Et en avant le spec­tacle !

Liber­ty Me­dia sou­haite do­per le po­ten­tiel mar­ke­ting

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - Sports Auvergne -

Les res­pon­sables de Liber­ty Me­dia, nou­veau pro­prié­taire de la F1, ont ac­cé­lé­ré le dé­part de son pa­tron lé­gen­daire, Ber­nie Ec­cles­tone, afin – de leur propre aveu – de dé­ve­lop­per un spec­tacle per­fec­tible et sur­tout de do­per le po­ten­tiel mar­ke­ting du plus pres­ti­gieux des sports au­to­mo­biles.

«C’est un grand sport, mais […] il peut être amé­lio­ré. Nous avons be­soin d’un nou­veau dé­part », a es­ti­mé mar­di sur la BBC Chase Ca­rey, an­cien boss de Cen­tu­ry Fox, de­ve­nu en sep­tembre le pa­tron dé­si­gné de la F1 pour le groupe de com­mu­ni­ca­tion amé­ri­cain Liber­ty Me­dias, son nou­veau pro­prié­taire. « Nous n’avons pas d’autre am­bi­tion que d’en faire un sport fan­tas­tique pour les fans. »

« Il y a long­temps qu’un chan­ge­ment était né­ces­saire. M. Ca­rey, je vous sou­haite beau­coup de suc­cès pour rendre sa gran­deur à notre sport », a twee­té le cham­pion du monde Ni­co Ros­berg à l’an­nonce de l’évic­tion d’ec­cles­tone, qui a été re­mer­cié lun­di, avec un poste de pré­sident d’hon­neur.

« Je pense que Liber­ty Me­dia peut ap­por­ter un peu de pi­ment. Ils peuvent peut­être amé­ri­ca­ni­ser tout ça. Ce sont des ex­perts du show­bu­si­ness. Et c’est ce dont nous avons be­soin main­te­nant », a pré­ci­sé le jeune re­trai­té au­près de l’agence al­le­mande SID.

Des courses plus nom­breuses et li­sibles

La bas­cule vers « l’en­ter­tain­ment » de la For­mule 1, aux au­diences éro­dées ces der­nières an­nées, est an­ti­ci­pée par les ac­teurs du mi­lieu. « Une autre époque com­mence. Tout va chan­ger. C’est une chance pour nous tous. Les Amé­ri­cains savent ce qu’il faut faire pour créer de “l’en­ter­tain­ment” sans perdre de vue l’as­pect spor­tif », es­time ain­si To­to Wolff, pa­tron de l’écu­rie Mer­cedes, tou­jours au­près du SID.

« Alors que Ber­nie a […] dé­ve­lop­pé le sport dans des mar­chés émer­gents, Liber­ty va pro­ba­ble­ment s’at­ta­cher à dé­ve­lop­per l’au­dience aux Etats­unis, grâce aux mé­dias tra­di­tion­nels et en ligne, ce qui de­vrait en­core plus aug­men­ter l’at­trait de ce sport pour les marques […] et les nou­velles gé­né­ra­tions », a ren­ché­ri au­près de L’AFP Alex Kel­ham, char­gé du sport bu­si­ness dans le ca­bi­net d’avo­cats bri­tan­nique Le­wis Sil­kin.

Sur les pistes, qui de­vraient être plus nom­breuses à ac­cueillir des Grand Prix, les choses vont donc chan­ger pour évi­ter le phé­no­mène dé­crit par Ross Brawn à la BBC : re­gar­der une course « sans être cer­tain de sa­voir ce qu’il se passe […]. Nous vou­lons que la course soit un grand spec­tacle (di­ver­tis­sant) du dé­but à la fin », ap­puie le nou­veau boss des cir­cuits.

Une gou­ver­nance toi­let­tée

Une évo­lu­tion qui de­vrait sa­tis­faire les dif­fu­seurs, confron­tés à des au­diences en baisse ces der­nières an­nées, à l’image de ce res­pon­sable de RTL Al­le­magne : « Nous avons constam­ment in­sis­té […] sur le fait que le rè­gle­ment est trop com­pli­qué et illi­sible. Il pose plus de ques­tions qu’il n’ap­porte de ré­ponses simples. Et ce n’est pas bon, parce que ça laisse les té­lé­spec­ta­teurs sur la touche ».

L’ex­cham­pion du monde Da­mon Hill est l’une des rares voix at­ten­tistes au coeur du con­cert de sa­ tis­fe­cits. « L’une des in­quié­tudes, c’est que l’on in­tro­duise trop de nou­veaux ar­ti­fices afin d’amé­lio­rer l’at­trait du sport. Ce qui fait l’at­trait de la F1 c’est que c’est le meilleur de la com­pé­ti­tion au­to­mo­bile et les meilleurs pi­lotes dans les courses les plus fé­roces par­tout dans le monde. Fon­da­men­ta­le­ment, le prin­cipe du sport est bon », croit le Bri­tan­nique.

Pa­ral­lè­le­ment aux courses, la struc­ture de gou­ver­nance de la F1 de­vrait elle aus­si évo­luer vers une trans­pa­rence et une plu­ra­li­té accrue après qua­rante ans de « dic­ta­ture » ec­cles­to­nienne, se­lon les propres mots de Ca­rey.

Les écu­ries, que Liber­ty Me­dias a pro­po­sé d’as­so­cier au ca­pi­tal de la F1, « vont avoir l’op­por­tu­ni­té de re­né­go­cier cer­tains points sur les­quels Ber­nie Ec­cles­tone n’a ja­mais vou­lu bou­ger », es­time ain­si Alex Kel­ham.

Des écu­ries sou­vent amères et dés­in­hi­bées par le dé­part du pa­triarche an­glais à l’image de Mo­ni­sha Kal­ten­born, di­rec­trice gé­né­rale de Sau­ber, dont elle dé­tient un tiers des parts : « Le spec­tacle n’est pas bon, les fans sont par­tiel­le­ment in­sa­tis­faits, des spon­sors po­ten­tiels res­tent en re­trait, parce qu’ils ne savent pas si les règles de bonne gou­ver­nance sont ap­pli­quées, des or­ga­ni­sa­teurs en Eu­rope ont des dif­fi­cul­tés à fi­nan­cer les courses, et cer­tains pri­vi­lèges ac­cor­dés à cer­taines écu­ries contre­viennent au droit eu­ro­péen de la concur­rence ».

Stop ! La barque d’ec­cles­tone est pleine ! Le spec­tacle de la F1 à la sauce US peut com­men­cer.

BER­NIE EC­CLES­TONE. Le pa­tron lé­gen­daire de la F1 a été re­mer­cié, lun­di, avec un poste de pré­sident d’hon­neur.

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