Le pa­ri presque ga­gné de Di­dier Di­nart

Le Gua­de­lou­péen vi­vra sa pre­mière fi­nale en tant qu’en­traî­neur prin­ci­pal

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - Mondial De Handball - À Pa­ris, Ro­main Lé­ger ro­main.le­ger@cen­tre­france.com

Dans l’ombre de Claude Ones­ta ces deux der­nières an­nées, Di­dier Di­nart a pris les com­mandes de l’équipe de France après les Jeux Olym­piques, et forme dé­sor­mais un at­te­lage avec Guillaume Gille. Une for­mule jus­qu’ici ga­gnante.

Si vous avez la mau­vaise idée de vous ins­tal­ler au fond de la salle de confé­rence, alors mieux vaut avoir l’ouïe fine. Car seul un fi­let de voix sort de la bouche de Di­dier Di­nart. Et les ré­ponses sont sou­vent concises. In­tro­ver­ti, l’en­traî­neur des Bleus ? Non, pas vrai­ment. «En off, dès que les mi­cros s’éteignent, il est vo­lu­bile et très drôle », souffle un confrère. Et sur le banc, le Gua­de­lou­péen au phy­sique de bû­che­ron (1,98 m, 104 kg) ne tient pas en place. Il fait les cent pas, ges­ti­cule, donne les consignes, en­cou­rage, cor­rige... Il vit les matchs.

Il est peut­être en­core un peu joueur dans l’âme, Di­dier Di­nart. Il faut dire qu’il est re­trai­té de­puis peu. Il a mis le point fi­nal à son im­mense car­rière il y a seule­ment trois ans, à l’âge de 36 ans. Dé­fen­seur ru­gueux, tei­gneux, il a ga­gné tous les tro­phées pos­sibles et ima­gi­nables. Et en plu­sieurs exem­plaires. Qua­rante­cinq au to­tal ! Si vous avez du temps, la liste com­plète est dis­po­nible sur wi­ki­pe­dia…

En­tré en équipe de France en 1996, ce­lui qu’on sur­nom­mait « le roc » ne l’a plus quit­tée de­puis. Car si­tôt le maillot ran­gé, il a en­dos­sé le cos­tume d’en­traî­neur. Af­fec­té à la tac­tique dé­fen­sive dans un pre­mier temps, il est en­suite de­ve­nu l’ad­joint du sé­lec­tion­neur, Claude Ones­ta, en 2014. Ad­joint sur le pa­pier, mais avec un rôle bien plus éten­du dans la réa­li­té. Fi­na­le­ment, il est ap­pa­ru dans la lu­mière au sor­tir des Jeux de Rio, quand Ones­ta s’est ef­fa­cé. Si Guillaume Gille, son an­cien co­équi­pier, l’a re­joint à l’au­tomne pour for­mer une dou­blette, c’est bien lui qui semble me­ner la danse et dic­ter le tem­po.

« Di­dier, ça fai­sait dé­jà un mo­ment qu’il avait pris les rênes des en­traî­ne­ments et du coa­ching, ra­conte l’ar­rière po­ly­va­lent, Va­len­tin Porte. La tran­si­tion se fait en dou­ceur. Avec Guillaume, ils se ré­ par­tissent l’en­traî­ne­ment. Di­dier est plus sur la mise en place, il est le « head­coach », alors que Guillaume ap­porte sa pe­tite touche, s’oc­cupe du dé­but des séances, des pe­tits jeux, de l’échauf­fe­ment. »

L’at­te­lage semble bien fonc­tion­ner, et Di­dier Di­nart parle de com­plé­men­ta­ri­té dans les per­son­na­li­tés. « On a tous les deux des ca­rac­tères bien dif­fé­rents, ex­pli­quait­il, fin sep­tembre, lors de l’in­tro­ni­sa­tion de Guillaume Gille. J’ai par­fois ten­dance à être as­sez ex­pres­sif, voire san­guin. Lui a ten­dance à être plus mo­dé­ré, et il sait com­ment m’apai­ser. À l’in­verse, je sais com­ment le boos­ter. »

Cet après­mi­di, face à la Nor­vège, dans l’antre de Ber­cy, Di­dier Di­nart vi­vra sa pre­mière grande fi­nale en tant qu’en­traî­neur prin­ci­pal des Bleus. Ses pré­dé­ces­seurs, Da­niel Cos­tan­ti­ni (1985 à 2001) et Claude Ones­ta (2001 à 2016), ont cha­cun écrit un long chapitre avec la sé­lec­tion. S’ima­gine­t­il un tel des­tin ? « J’avance, on avance, et on ver­ra de quoi l’ave­nir se­ra fait, ré­pond­il. De­main, peu­têtre, je se­rai en­traî­neur d’un club parce que je n’au­rai pas été re­nou­ve­lé. Je vis au quo­ti­dien, je suis un pas­sion­né, un achar­né, ob­ses­sion­nel dans ma fonc­tion. Je vis mon aven­ture à 100 % et je ne vois pas le temps pas­ser. » Dé­jà vingt ans que Di­dier Di­nart vit en bleu…

« J’avance, on ver­ra de quoi l’ave­nir se­ra fait »

EN­TRAέNEUR. Sou­vent de­bout de­vant le banc de touche, Di­dier Di­nart vit les matches in­ten­sé­ment.

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